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[actus_l] Les anti Big Brother contre-attaquent

http://www.lexpress.fr/info/quotidien/actu.asp?id=468685

vendredi 21 mars 2008, mis Ă  jour Ă  17:14
Vie privée
Les anti Big Brother contre-attaquent
Alice Pouyat
A l’instar des Big Brother Awards remis ce vendredi soir, des initiatives
privées voient le jour pour contrer la surveillance technologique. Des plus
comiques aux plus musclées. 		

Dans un cafĂ© du XIe arrondissement de Paris, les reprĂ©sentants d’une espĂšce
menacée tiennent conseil. "Va-t-on attendre une catastrophe pour réagir",
lance une étudiante, piercing et cheveux courts. Depuis septembre, des
opposants Ă  l’invasion de nouvelles technologies se rĂ©unissent rĂ©guliĂšrement
pour des soirées-débat. Exemple des résistances que suscite la surveillance
technologique. Pas un mouvement uni, plutÎt une nébuleuse de collectifs
proches des milieux écologistes, libertaires. Leur objectif? Alerter
l’opinion. Leur mĂ©thode? Faire du bruit.

Les Césars du monde sécuritaire 
Et quoi de mieux pour cela qu’une petite fiesta: la 8e Orwell Party, qui
couronne "les honorables promoteurs de la société de surveillance" est
organisée ce vendredi par les Big Brother Awards France, une émanation de
l’ONG anglaise Privacy International. Le jury se compose de magistrats, de
sociologues ou de journalistes qui ont épluché avec soin le dossier des
nominés, catégorie élus locaux, entreprises, localités ou "Ensemble de son
Ɠuvre" (voir la liste des nominĂ©s). Pour garder le moral, un prix Voltaire
doit aussi ĂȘtre dĂ©cernĂ©. Verdict ce soir Ă  20h30 en direct sur le Net.

Les artistes s’en mĂȘlent
Eux aussi contre-attaquent, avec humour. Lors du gala autrichien des Big
Brother Awards, Monochrom, un collectif d’hacktivistes viennois, a mis en
scÚne les dérives de Facebook et des réseaux sociaux dans une comédie musicale
MyFaceSpace.

A Paris, lors d’un colloque Internet mon amour Ă  Beaubourg en fĂ©vrier, la
"net-artiste" Albertine Meunier exposait son My Google Search History un
inventaire de ses recherche Google depuis 2006. L’occasion de montrer que
"Personne ne vous connaĂźt aussi finement que ça, pas mĂȘme la personne qui
partage votre vie".

Les artistes belges Michel Cleempoel et Nicolas Malevé travaillent de leur
cĂŽtĂ© Ă  un jeu en ligne - Yoogle! - dont le but est d’analyser "les mĂ©canismes
Ă©conomiques Ă  l’Ɠuvre derriĂšre les interfaces riantes du Web 2.0."  Sur
Yoogle! le joueur pourra endosser tour Ă  tour le rĂŽle du visiteur, de
l'administrateur qui collecte les traces ou du client qui achĂšte les profils.

Casseurs de machines
Pour se faire entendre, d’autres n'hĂ©sitent pas Ă  franchir les barriĂšres de la
légalité. En novembre dernier, un mystérieux Collectif de faucheurs Monéo
revendique la dégradation de bornes de paiement électronique à la fac de
Tours. Leur porte-parole, qui souhaite garder l’anonymat, voit dans cette
technologie une porte ouverte au flicage des achats. Pour eux, l’action
fondatrice remonte au 17 novembre 2005. Ce jour-lĂ , ce sont les bornes
biométriques du lycée de Gif-sur-Yvette (Essonne) qui volent en éclat,
dĂ©truites Ă  coups de marteau. Lors d’un procĂšs mĂ©diatisĂ©, les trois doctorants
mis en cause dĂ©noncent un dispositif de contrĂŽle d’accĂšs - la reconnaissance
du contour de la main - qui ouvre la voie Ă  une surveillance permanente et
"transforme le corps en code-barres".

Camouflage de caméras
Marie-Claude, la quarantaine, a soutenu les accusĂ©s Ă  l’audience. Cette
ingĂ©nieur ergonome milite contre l’essor de la vidĂ©osurveillance au sein du
collectif Souriez vous ĂȘtes filmĂ©s, avec qui elle entreprend, par exemple, des
camouflages de caméras. Elle en est sûre : "BientÎt, ce sera pire que la
Russie. Il va falloir sortir avec un masque ou des vĂȘtements Ă  rayures pour ne
pas se faire repĂ©rer". Aujourd’hui, Marie-Claude se dit prĂȘte Ă  aller jusqu’au
bout. A faire de la prison s’il le faut.

Invasion de la Cnil
Le 15 dĂ©cembre, son collectif se heurte aux forces de l’ordre en prenant
d’assaut les locaux de la Cnil (Commission nationale de l’informatique et des
libertés), avec les groupes Halte aux puces, George Orwell, Oblomoff, PiÚces
et main d’Ɠuvre. Ensemble, ils proclament la dissolution d’un "simulacre de
contrepoids indĂ©pendant (
) qui, depuis sa crĂ©ation en 1978, n’a cessĂ© de
faciliter et de lĂ©gitimer l’exploitation numĂ©rique de nos vies". RĂ©ponse du
prĂ©sident de la Cnil, Alex TĂŒrk : "Oui, nos vies privĂ©es sont menacĂ©es. Oui,
la Cnil manque de moyens. Mais ce ne sont pas ces groupes radicaux qui feront
évoluer la législation." Ces groupes, eux, aimeraient juste susciter le débat. 


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