26 Mar 08:10
[actus_l] L'avenir des blogs dans les mains de la justice française
From: Bb! <bigband@...>
Subject: [actus_l] L'avenir des blogs dans les mains de la justice française
Newsgroups: gmane.politics.activism.vie-privee.actu
Date: 2008-03-26 07:14:40 GMT
Expires: This article expires on 2008-04-09
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http://tf1.lci.fr/infos/high-tech/0,,3782184,00-avenir-blogs-dans-mains-justice-francaise-.html L'avenir des blogs dans les mains de la justice française Presse-citron.net est l'un des tous premiers blogs français, selon le classement Wikio. L'avocat d'Olivier Martinez attaque un blogueur accusĂ© d'avoir mis en ligne un lien vers un blog Ă©voquant la vie privĂ©e de son client. Les internautes sont en effervescence. Matthieu DURAND - le 25/03/2008 L'avenir du web 2.0 en France pourrait se jouer mercredi au tribunal de grande instance de Nanterre, en rĂ©gion parisienne. Eric Dupin, l'un des blogueurs les plus influents du moment, est assignĂ© en rĂ©fĂ©rĂ© par un cabinet d'avocats parisiens reprĂ©sentant les intĂ©rĂȘts d'Olivier Martinez. Motif : le blogueur a mis en ligne un lien vers un blog qui Ă©voquait la vie privĂ©e de l'acteur. Pour ce "grave prĂ©judice", Ă la suite duquel le plaignant est "particuliĂšrement choquĂ©, blessĂ© (...)", le cabinet rĂ©clame prĂšs de 35.000 euros de dommages et intĂ©rĂȘts Ă Eric Dupin, explique ce dernier sur son blog, Presse-Citron.net (1). "Le lien est paru sur Fuzz.fr, un agrĂ©gateur de liens que j'ai créé et dont le contenu est proposĂ© par les internautes", prĂ©cise Eric Dupin Ă LCI.fr. Entre 100 et 150 liens sont ainsi mis en ligne chaque jour et les utilisateurs votent pour les liens qu'ils apprĂ©cient - et donc les articles vers lesquels ils mĂšnent. "En janvier dernier, un internaute a publiĂ© un lien sur la vie privĂ©e de cet acteur, renvoyant vers un article dans un blog people bidon, poursuit le blogueur. L'info a dĂ» ĂȘtre vue par quelques dizaines de personnes au maximum. Et c'est pour ce lien que je suis poursuivi." LibertĂ© et vie privĂ©e "Quel que soit le support - papier, tĂ©lĂ©vision, multimĂ©dia... -, vous avez une libertĂ© d'expression mais elle est soumise Ă des rĂšgles lĂ©gales, notamment au respect de la vie privĂ©e et du droit Ă l'image, souligne Ă LCI.fr Me Emmanuel Asmar, avocat de l'acteur. DĂšs lors que vous publiez une information, votre responsabilitĂ© est engagĂ©e." "Tout le monde a le droit au respect de la vie privĂ©e, internet n'est pas une zone de non-droit", souscrit le blogueur. Et de dĂ©noncer les "sites d'infos people faits Ă la va-vite, pour gagner de l'argent". Toutefois, Eric Dupin met en avant sa simple qualitĂ© d'hĂ©bergeur et non d'Ă©diteur, ni de modĂ©rateur, ce qui, selon l'article 6 de la Loi sur la confiance dans l'Ă©conomie numĂ©rique, le dĂ©douane de toute responsabilitĂ© sur les liens proposĂ©s par les internautes. "A partir du moment oĂč le tri [des liens mis en ligne, NDLR] est possible, il y a responsabilitĂ©, rĂ©torque Me Asmar. Et ce tri est possible sur Fuzz.fr puisque vous n'y verrez pas de liens renvoyant vers des sites pĂ©dophiles ou portant atteinte aux bonnes mĆurs. En tout cas, je l'espĂšre !" "TraĂźnĂ©e de poudre" Evoquant les "20.000 abonnĂ©s donc lecteurs plus ou moins actifs" de Fuzz.fr, l'avocat parisien fait remarquer que la mise en ligne d'une information, qu'elle soit vraie ou fausse, "peut se rĂ©pandre comme une traĂźnĂ©e de poudre en 20 minutes sur internet". L'assignation relĂšve par ailleurs que la "sociĂ©tĂ© dĂ©fenderesse [celle d'Eric Dupin, NDLR] n'hĂ©site pas Ă attiser la curiositĂ© du public (...) et ce, dans le seul objectif d'accroĂźtre son chiffre d'affaire". RĂ©ponse de l'intĂ©ressĂ© : "Fuzz.fr ne me rapporte quasiment rien !". Au-delĂ de l'argumentation juridique, le blogueur dĂ©plore que les avocats de l'acteur n'aient jamais cherchĂ© Ă entrer en contact avec lui avant d'envoyer un huissier pour lui remettre cette assignation. "J'aurais supprimĂ© le lien immĂ©diatement, souligne-t-il. D'ailleurs, je l'ai supprimĂ© et j'ai mĂȘme fermĂ© Fuzz.fr, pour montrer ma bonne volontĂ©." Mobilisation 2.0 Reste le montant des dommages et intĂ©rĂȘts demandĂ©s : "35.000 euros, cela reprĂ©sente un an de salaire pour moi, lĂąche Eric Dupin. Si je suis condamnĂ©, je m'en relĂšverai difficilement." C'est "un signe fort", reconnaĂźt Me Asmar : "Nous disons aux internautes : âAttention, soyez responsables'" Mais il tempĂšre : si le jugement ouvre des droits Ă rĂ©parations, leur "montant est soumis Ă la sagesse et Ă l'apprĂ©ciation du tribunal qui prendra en compte le prĂ©judice, le trafic de Fuzz.fr et, Ă©videmment, la situation Ă©conomique du dĂ©fendeur". Traduction : les reprĂ©sentants de l'acteur ne cherchent pas Ă s'acharner financiĂšrement sur le blogueur. "Nous n'avons pas la prĂ©tention d'ĂȘtre des redresseurs de tort, ni vocation Ă devenir une police [du web, NDLR]", assure l'avocat, rĂ©futant de vouloir faire un exemple Ă travers le cas d'Eric Dupin. Ce n'est pas le sentiment de nombreux internautes qui se sont mobilisĂ©s en faveur du blogueur. Entre soutien, conseils, colĂšre et appel au boycott de l'acteur, plus de 170 sites ont relayĂ© l'information. Une page spĂ©ciale s'est mĂȘme ouverte sur FaceBook. "Tout le monde n'attend que ça, de savoir qui m'attaque, pointe le blogueur. Bien que rien ne me l'interdisait lĂ©galement, je n'ai pas voulu rĂ©vĂ©ler tout de suite le nom de l'acteur." La rĂ©vĂ©lation est finalement intervenue la veille de l'audience. "Si le fait de dĂ©fendre le droit Ă la vie privĂ©e gĂ©nĂšre un boycott, que voulez-vous y faire ?", soupire Me Asmar, qui regrette que son action puisse ĂȘtre mal vĂ©cue par les internautes. "Avec ce procĂšs, un curseur [sur la libertĂ© d'expression sur internet, NDLR] est en train de se mettre en place", affirme pour sa part Me GĂ©rald Sadde, l'avocat d'Eric Dupin. Si la justice tranche en faveur de l'acteur, "tout le web communautaire français sera touchĂ©, estime-t-il. On va prendre du retard vis-Ă -vis des autres pays. Cela va ĂȘtre dĂ©lĂ©tĂšre pour le milieu des affaires et du net." AprĂšs "l'affaire Dahan" (2), le cas Fuzz.fr pourrait bien dessiner le paysage futur du web 2.0 Ă la française. (1) D'autres sites auraient Ă©galement Ă©tĂ© assignĂ©s devant la justice pour les mĂȘmes motifs, selon une de nos sources. (2) Le 28 fĂ©vrier dernier, le tribunal de grande instance de Nanterre a condamnĂ© le site lespipoles.com pour un lien renvoyant sur le site internet de Gala dans lequel il Ă©tait question de la vie privĂ©e d'Olivier Dahan, le rĂ©alisateur de La MĂŽme. Le cinĂ©aste Ă©tait Ă©galement dĂ©fendu par le cabinet Asmar & Assayag. http://www.20minutes.fr/article/220894/High-Tech-Laissez-Olivier-Martinez-tranquille.php «Laissez Olivier Martinez tranquille!» Le Web français sâest trouvĂ© un bouc-Ă©missaire: lâacteur français Olivier Martinez. Depuis quelques jours, il dĂ©chaĂźne les passions aprĂšs avoir portĂ© plainte contre une trentaine de sites Web coupables dâavoir publiĂ© une news dâapparence anodine sur sa vie privĂ©e. On commence Ă en savoir plus sur les sites assignĂ©s en justice, qui ont tous un rapport trĂšs Ă©loignĂ© avec le monde des peoples: croixrousse.net, surftheinfo.com, vivre-en-normandie.com, infosjeunes.com. Mais lâattention se focalise surtout sur Fuzz.fr, un modeste aggrĂ©gateur de news, car le site est dĂ©tenu par Eric Dupin, blogueur emblĂ©matique sur Presse-Citron, qui a su faire monter mĂ©diatiquement lâaffaire. La blogosphĂšre lance une fatwa Depuis quâEric Dupin a rĂ©vĂ©lĂ© quâOlivier Martinez lâa attaquĂ© en justice pour un simple lien, la solidaritĂ© entre blogueurs joue Ă plein. Cette puissante armĂ©e de lâombre sâest mise en branle, lançant immĂ©diatement une fatwa sur cet acteur qualifiĂ© de «mĂ©diocre» Ă longueur de posts. Tous les blogueurs sont invitĂ©s Ă crĂ©er des billets titrĂ©s «Jâaime pas Olivier Martinez». Le rĂ©sultat est probant: la requĂȘte «Jâaime pas Olivier Martinez» renvoie vers des centaines de blogs. Une vidĂ©o Dailymotion, soulignĂ©e par une bonne vieille musique dâinspiration techtonik, se fĂ©licite du rĂ©sultat. Qui dit acharnement bloguesque, dit vidĂ©o Ă la façon du cĂ©lĂšbre «Leave Britney alone». Olivier Martinez nâĂ©chappe pas Ă ce traitement. Petite nouveautĂ©, câest une fille qui sâapitoie sur le sort de lâacteur. Wikipedia tĂ©moigne bien involontairement de la campagne judiciaire dâOlivier Martinez. «Il a Ă©tĂ© le compagnon de X» [on ne peut Ă©crire son nom, ndlr], tĂ©moigne sa fiche sur le site collaboratif⊠avec une petite mention «rĂ©fĂ©rence nĂ©cessaire». Et pour cause: difficile de trouver une source web sur la question, son avocat essaye dâenlever toute trace de sa vie privĂ©e sur Internet. Et, enfin, tarte Ă la crĂšme du buzz Internet, de nombreux groupes Facebook ont Ă©tĂ© créés pour lâoccasion: «Boycott Olivier Martinez», «Groupe de soutien Ă Eric Dupin», «Jâai couchĂ© avec Olivier Martinez», «Olivier Martinez⊠je suis ton pĂšre»⊠Dailymotion Š «Laissez Olivier Martinez tranquille», pleure cette internaute. Vincent Glad 20Minutes.fr, Ă©ditions du 21/03/2008 - 18h49 derniĂšre mise Ă jour : 21/03/2008 - 19h21 http://www.20minutes.fr/article/220451/High-Tech-Olivier-Martinez-contre-Fuzz-le-Web-2-0-suspendu-a-une-decision-de-justice.php Olivier Martinez contre Fuzz: le Web 2.0 suspendu Ă une dĂ©cision de justice Pour protester contre l'assignation en justice de Fuzz par Olivier Martinez, la blogosphĂšre a lancĂ© l'opĂ©ration «J'aime pas Olivier Martinez». C'est simple, il suffit de crĂ©er un post sur son blog et de dire du mal de l'acteur. RĂ©sultat de l'opĂ©ration ici-mĂȘme. TempĂȘte sur le Web 2.0. Une dĂ©cision de justice pourrait remettre en cause lâadolescence insouciante de lâInternet communautaire. Attendue pour le mercredi 26 mars, la dĂ©cision du tribunal de grande instance de Paris dans lâaffaire opposant lâacteur Olivier Martinez et lâaggrĂ©gateur de news Fuzz.fr devra rĂ©pondre Ă cette brĂ»lante question: les sites communautaires sont-ils responsables du contenu gĂ©nĂ©rĂ© par leurs utilisateurs? Fuzz est un site qui permet aux gens de poster des news repĂ©rĂ©es ailleurs et de les partager. Olivier Martinez attaque la plateforme, lâaccusant dâavoir publiĂ© un lien renvoyant vers un blog qui Ă©voquait sa liaison supposĂ©e avec Kylie Minogue. «Nous avons attaquĂ© une trentaine dâautres sites qui ont relayĂ© la rumeur», dĂ©clare Ă 20minutes.fr Emmanuel Asmar, lâavocat de lâacteur. Deux lois en contradiction Eric Dupin, crĂ©ateur de Fuzz et blogueur emblĂ©matique, est dĂ©pitĂ©. Sur son blog Presse-citron, il exprime sa surprise et son dĂ©goĂ»t. Et pour cause: la rĂ©cente loi sur lâĂ©conomie numĂ©rique (LCEN) protĂšge a priori Fuzz et tous les sites communautaires, leur accordant le statut dâ«hĂ©bergeur» (contrairement aux mĂ©dias, comme 20minutes.fr, considĂ©rĂ©s comme des «éditeurs»). Ainsi, ils ne sont pas responsables des contenus publiĂ©s et nâont pas lâobligation de modĂ©rer ces contenus avant quâils soient mis en ligne par les utilisateurs. A contrario, dĂšs quâils reçoivent une mise en demeure dâun ayant droit ou dâun plaignant, ces sites sont obligĂ©s de retirer les contenus piratĂ©s ou diffamatoires. InterrogĂ© par 20minutes.fr, Eric Dupin assure quâil nâa reçu aucune mise en demeure dâOlivier Martinez. Mais directement une assignation en justice qui pourrait lui coĂ»ter 35.000 euros, alors que Fuzz dĂ©gage trĂšs peu de chiffre dâaffaires. Emmanuel Asmar, lâavocat de lâacteur, confirme cette version et explique quâil se fonde sur lâarticle 9 du code civil, qui stipule que toute atteinte Ă la vie privĂ©e doit ĂȘtre examinĂ©e «en urgence» par un juge. Ces dispositions, de toute Ă©vidence inadaptĂ©es au Web, sont contredites par la loi sur lâĂ©conomie numĂ©rique. Mais quand deux lois sont en contradiction, il appartient au juge de trancher, et Ă lui seul. Le risque est donc grand pour le Web français de voir Olivier Martinez gagner contre Fuzz et crĂ©er ainsi une jurisprudence qui met Ă mal lâesprit de la loi sur lâĂ©conomie numĂ©rique. Avant Fuzz, il y avait dĂ©jĂ lâaffaire MySpace Les dĂ©putĂ©s qui avaient fait votĂ© cette loi en 2004 sâinquiĂštent de la non-application de la LCEN. «La Gazette du net» a dĂ©voilĂ© une version de travail dâun rapport des parlementaires Jean Dionis du SĂ©jour et Corinne Erhel qui tirent la sonnette dâalarme, remarquant que de rĂ©centes dĂ©cisions de justice remettent en cause lâesprit de la loi, qui devait permettre aux services Web de se dĂ©velopper sans crainte de la justice. «Les rapporteurs considĂšrent que [âŠ] le statut dâhĂ©bergeur doit ĂȘtre prĂ©servĂ© contre les interprĂ©tations jurisprudentielles qui aboutissent, au contraire de la lettre de la loi, Ă le confondre avec celui dâĂ©diteur», Ă©crivent-ils. Les dĂ©putĂ©s font notamment rĂ©fĂ©rence Ă Jean-Yves Lafesse qui avait, Ă la surprise gĂ©nĂ©rale, obtenu 61.000 euros de MySpace car ses sketchs, mis en ligne par des internautes, Ă©taient disponibles en vidĂ©o sur le site communautaire. Une remise en cause de Google? Lâaffaire Fuzz va plus loin: elle pourrait remettre en cause le principe mĂȘme de Google. «A partir du moment oĂč vous propagez une information, peu importe le procĂ©dĂ© technique utilisĂ©, vous engagez votre responsabilité», explique Ă 20minutes.fr lâavocat dâOlivier Martinez, qui laisse clairement entendre quâil pourrait aussi attaquer Google, coupable de renvoyer vers des sites diffamant son client. «Je suppose que Google empĂȘche lâaccĂšs aux sites pĂ©dophiles. Je ne vois pas pourquoi il ne bloquerait pas lâaccĂšs aux sites propageant des rumeurs sur la vie privĂ©e de mon client», continue lâavocat, conscient du fait que la mission est impossible pour le moteur de recherche. Eric Dupin fulmine: «Le Web est bĂąti sur le principe des liens hypertextes. Si on attaque ce principe, on remet en cause le principe mĂȘme du Web.» Le web s'enflamme L'affaire dĂ©chaĂźne les passions sur le web. Voici quelques uns des meilleurs billets sur le sujet: - «Une perspective vertigineuse mais parfaitement prĂ©visible» sur Ecosphere - «Des stars, peu au fait de la technologie, et conseillĂ©s par des avocats sans doute plus habituĂ©s Ă s'attaquer Ă la presse people» sur Kelblog - «Pourquoi attaque-t-on sans prĂ©venir et sans jamais demander aux gens de retirer le message avant?» par Jean-Baptiste Soufron - «Les entrepreneurs web 2.0 devront bien sortir un jour ou lâautre de lâambiguĂŻtĂ© dans laquelle ils voudraient rester» sur Novövision Qu'en pensez-vous? L'esprit communautaire du web 2.0 est-il en danger? Ludwig Gatzke Š Collage de logos de services web 2.0. Vincent Glad 20Minutes.fr, Ă©ditions du 19/03/2008 - 20h52
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