14 Apr 08:38
[actus_l] P2P : le filtrage coûterait plus cher que le piratage
From: Bb! <bigband@...>
Subject: [actus_l] P2P : le filtrage coûterait plus cher que le piratage
Newsgroups: gmane.politics.activism.vie-privee.actu
Date: 2008-04-14 06:43:01 GMT
Expires: This article expires on 2008-04-28
Subject: [actus_l] P2P : le filtrage coûterait plus cher que le piratage
Newsgroups: gmane.politics.activism.vie-privee.actu
Date: 2008-04-14 06:43:01 GMT
Expires: This article expires on 2008-04-28
http://www.electronlibre.info/P2P-le-filtrage-couterait-plus,063 P2P : le filtrage coĂ»terait plus cher que le piratage La mise en oeuvre dâune solution de filtrage efficace des rĂ©seaux P2P, sous rĂ©serve de franchir des montagnes de difficultĂ©s techniques, pourrait coĂ»ter bien plus cher au final que le piratage lui-mĂȘme, nous confie un fournisseur dâaccĂšs. Câest peu de dire que les professionnels de la musique et du cinĂ©ma ne sont pas au bout de leurs peines pour ce qui est de mettre en oeuvre le filtrage du P2P sur Internet. Un dispositif que le SNEP (Syndicat national de lâĂ©dition phonographique), entre autre, rĂ©clame pourtant depuis des annĂ©es, persuadĂ© quâil serait le seul capable de lutter efficacement contre la piraterie sur les rĂ©seaux. Les obstacles Ă sa mise en place ne manquent pas, comme nous lâa expliquĂ© dans le dĂ©tail un haut responsable chez un fournisseur dâaccĂšs alternatif. En premier lieu, lâĂ©tat actuel du droit nâautorise pas les fournisseurs dâaccĂšs Ă filtrer un contenu, sauf Ă respecter un certain nombre de rĂšgles cumulatives. Elles impliquent, sur constat de lâillĂ©galitĂ© dâun contenu et de la dĂ©faillance de lâhĂ©bergeur, la dĂ©cision dâun juge ordonnant une mesure proportionnĂ©e permettant la cessation effective du dommage. « Une telle mesure nĂ©cessite en outre une autorisation du Premier ministre, car elle met en oeuvre des dispositifs dâanalyse des communications relevant des articles R.226-1 et suivants du Code PĂ©nal, nous confie un haut responsable chez un fournisseur dâaccĂšs alternatif. Dans ces conditions, y compris pour des expĂ©rimentations, un opĂ©rateur ne peut pas filtrer un contenu en dehors de ce cadre sans porter atteinte Ă plusieurs libertĂ©s individuelles et engager sa propre responsabilitĂ©, du fait de la mĂ©connaissance de son obligation de neutralitĂ© qui constituerait une violation de son cahier des charges de nature Ă justifier le retrait de son autorisation », souligne ce haut responsable. De fait, Ă supposer que la loi soit amendĂ©e dans le sens des prĂ©conisations de lâindustrie culturelle, pour qui ce principe de neutralitĂ© des opĂ©rateurs ne devrait plus avoir lieu dâĂȘtre, encore faut-il que le filtrage soit techniquement rĂ©aliste au regard des architectures dĂ©ployĂ©es. Or câest bien lĂ que le bĂąt blesse. « le SNEP semble placer beaucoup dâespoirs dans son Ă©tude sur le filtrage. Sauf quâelle est partie sur une configuration de type collecte centralisĂ©e qui correspond peut-ĂȘtre Ă ce quâil est possible de mettre en oeuvre sur un rĂ©seau interne dâentreprise ou de campus, par exemple, mais pas vraiment Ă lâĂ©tat de lâart aujourdâhui chez les opĂ©rateurs alternatifs tels que Neuf et Free, et trĂšs prochainement chez France Telecom, qui est actuellement en cours de basculement vers une architecture de nouvelle gĂ©nĂ©ration », explique notre interlocuteur. Les rĂ©seaux de nouvelles gĂ©nĂ©ration compliquent la donne En clair, tous les opĂ©rateurs alternatifs, et ce sera bientĂŽt le cas de France Telecom, ont dâores et dĂ©jĂ dĂ©ployĂ© une architecture de rĂ©seau maillĂ©e, de type NGN (Next Generation Networking), qui nâa plus rien Ă voir avec les rĂ©seaux structurĂ©s et hiĂ©rarchisĂ©s de la gĂ©nĂ©ration prĂ©cĂ©dente. Ils ne permettent plus, en particulier, dâinstaller un dispositif de filtrage centralisĂ© au niveau du coeur de rĂ©seau, comme dans la simulation effectuĂ©e par le laboratoire EANTS pour le compte du SNEP (voir Filtrage du P2P : les tests du SNEP font un flop). « Dans une architecture de type NGN, vers laquelle vont converger tous les opĂ©rateurs, [...] le coeur de rĂ©seau ne voit pas passer tout le trafic. MĂȘme Ă un niveau rĂ©gional, câest plus de 40 % du trafic qui lui Ă©chappe. [...] Tout ne remonte pas au niveau rĂ©gional et encore moins au niveau national. A titre dâexemple, tout le trafic de la moitiĂ© Sud de la France est Ă©changĂ© en direct sans passer par Paris ; de mĂȘme, tout le trafic de la moitiĂ© Est Ă destination de lâEurope - au hasard, les trackers BitTorrent [lâun des protocoles les plus utilisĂ©s sur le net pour Ă©changer des fichiers entre internautes, ndlr] - est acheminĂ© en direct sans passer par le coeur de rĂ©seau », indique ce fournisseur dâaccĂšs. La question des dĂ©bits Ă traiter est largement sous-estimĂ©e, estime-t-il par ailleurs. « Actuellement, un coeur de rĂ©seau voit passer plusieurs centaines de gigabits par seconde, si on ne parle que du trafic IP (Internet), hors trafic audiovisuel et tĂ©lĂ©phonique. Et des dĂ©bits mille fois supĂ©rieurs sont pour bientĂŽt. Nos Ă©quipements de classe 2 et 3 [intermĂ©diaires, de collecte et de transport, ndlr] sont raccordĂ©s au moyen de liaisons de plusieurs dizaines de gigabits par seconde. Quand aux Ă©quipements dâaccĂšs, si des stations mobiles de base ou DSLAM en bout de chaĂźne peuvent ĂȘtre raccordĂ©es par des liaisons de 10/100 mĂ©gabits par seconde, la norme tend aujourdâhui vers des liaisons de 10 gigabits par seconde. » Or les solutions testĂ©es par le SNEP ne vont pas au delĂ du gigabit par seconde : « Elles sont donc difficilement implĂ©mentables au niveau du coeur de rĂ©seau ou des couches de transport et de collecte, sauf Ă âdowngraderâ significativement les rĂ©seaux et revenir au bon vieux temps de lâATM et du web 1.0. » Et mĂȘme dans le cas de figure oĂč les progrĂšs rĂ©alisĂ©s leur permettraient de traiter des flux de 10 voire 100 gigabits par seconde, la question du maillage des rĂ©seaux de nouvelle gĂ©nĂ©ration reste un problĂšme. Un coĂ»t rĂ©dhibitoire « Au regard, notamment, des rĂšgles de fonctionnement des logiciels P2P, le filtrage ne peut avoir du sens, dâun point de vue efficacitĂ©, que sâil sâeffectue au plus prĂšs de lâabonnĂ© », poursuit cet expert. Mais il nâest pas rĂ©aliste, ajoute-t-il, de procĂ©der au remplacement du parc de prĂšs de 10 millions de boĂźtiers ADSL chez les particuliers. Ces boĂźtiers ne disposent pas des capacitĂ©s de calcul suffisantes pour sâacquitter dâune tĂąche aussi complexe que le filtrage des donnĂ©es. Reste Ă envisager de filtrer le trafic au niveau des DSLAM, ces multiplexeur situĂ©s dans les centraux tĂ©lĂ©phoniques [Ă quelques kilomĂštres tout au plus de lâabonnĂ© dans les zones pĂ©ri-urbaines, ndr], qui rĂ©unissent plusieurs lignes DSL pour les connecter au gros tuyau dâun fournisseut dâaccĂšs et sont les vĂ©ritables Ă©quipement dâaccĂšs au rĂ©seau Internet. « Dâune part, ces Ă©quipements dâaccĂšs ne disposent pas des capacitĂ©s de calculs suffisantes pour assurer une fonction pour laquelle ils nâont pas Ă©tĂ© conçus. Et il est hors de question dâimplĂ©menter sur ces Ă©quipements hautement sensibles - notamment dans le cadre des obligations pesant sur les opĂ©rateurs au titre de la permanence du service tĂ©lĂ©phonique et de lâaccessibilitĂ© des services dâurgence - des fonctionnalitĂ©s hautement âplantogĂšnesâ de type filtrage, compte tenu de lâĂ©volution trĂšs rapide des protocoles », objecte le fournisseur dâaccĂšs. « Cela doit donc passer par des Ă©quipements spĂ©cifiques sur lesquels sont dĂ©portĂ©es les fonctionnalitĂ©s dâanalyse et de filtrage », assure t-il. Câest lĂ quâintervient le dernier grain de sable dans la machine trop bien huilĂ©e des partisans du filtrage : les coĂ»ts de mise en oeuvre : « Rien que pour lâADSL, poursuit-t-il, le parc dâĂ©quipements dâaccĂšs actuellement dĂ©ployĂ©s dĂ©passe les 25 000, tous opĂ©rateurs confondus. A 45 000 euros lâĂ©quipement de filtrage, lâinvestissement initial se monte Ă plus dâun milliard dâeuro. Soit un coĂ»t annuel de prĂšs de 400 millions dâeuros en tenant compte de lâamortissement et des coĂ»ts de maintenance, mise Ă jour, et exploitation. » Câest largement plus que le prĂ©judice allĂ©guĂ© par les ayants-droits au titre du piratage. * 11 avril 2008 * Philippe Astor * 0 commentaire. Clefs
_____ Liste de diffusion d'informations relatives à l'informatique et aux libertés Info, dés/abonnement : http://listes.samizdat.net/sympa/info/actus_l
RSS Feed