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[actus_l] Pratiques, acteurs et usages de la surveillance politique XIXe-XXe siècles

http://meridien.canalblog.com/archives/2008/04/04/8607403.html

La surveillance politique à travers les âges

Le programme Information ouverte, Information fermée de l'Agence nationale
de recherche (ANR) organise le 18 avril prochain une journée d'étude
prometteuse : Pratiques, acteurs et usages de la surveillance politique XIXe
et XXe siècles. A l'heure où les dispositifs de surveillance se multiplient,
les organisateurs de cette manifestation estiment que la tendance n'est pas
nouvelle : "en temps de paix, la surveillance étatique des individus et des
groupes fait partie des pratiques dissimulées par l'autorité politique (...)
La dissimulation de la surveillance est elle-même une pratique étatique dont
les justifications sont d'une double nature, technique et politique." Les
débats porteront sur le réseau territorial militaire sous le Premier Empire,
la surveillance politique hors de France, les Renseignements Généraux sous
l'Occupation... La table ronde finale examinera "la surveillance planétaire au
XXIe siècle". En écho à cette journée d'étude, on pourra lire l'ouvrage La
globalisation de la surveillance (éditions La découverte) d'Armand Mattelart
qui passe en revue "les différentes techniques d'intrusion dans la vie
quotidienne des individus".

http://www.ioif.fr/docs/coll_003.html?qid=sdx_q1

Pratiques, acteurs et usages de la surveillance politique XIXe-XXe siècles
Vendredi 18 avril 2008 – Salle Jean Borde, MSHA

Programme du colloque en PDF

La troisième rencontre du programme IOIF de l'ANR a pour ambition de centrer
l'interrogation collective sur les usages et les pratiques de la surveillance
publique aux XIXe et XXe siècles. L'approche choisie se situe à la croisée de
la dimension politique et administrative, démarche à même de nourrir une autre
histoire de l'État, dépassionnée et éloignée de toute idéologie implicite.

En temps de paix, la surveillance étatique des individus et des groupes fait
partie des pratiques dissimulées par l'autorité politique, non pas seulement
pour des raisons liées à sa mise en œuvre concrète, mais aussi parce qu'elle
écorne ou ne respecte pas un certain nombre de libertés publiques, valeurs
fondatrices du régime politique. La dissimulation de la surveillance est
elle-même une pratique étatique dont les justifications sont d'une double
nature, technique et politique.

Le travail collectif pourra s'interroger sur l'évolution des pratiques de
surveillance et de dissimulation en fonction des différents régimes.
L'hypothèse est ouverte d'une évolution de ces pratiques discrètes selon la
part accordée par les différents régimes aux libertés publiques. Ainsi,
pourra-t-on essayer de comprendre l'historicité de ces phénomènes au-delà de
l'aspect quantitatif mettant en valeur la plus ou moins forte emprise de la
surveillance. En prenant également en compte les usages administratifs et
politiques de la surveillance, on invite à dépasser le constat de la forte
permanence des pratiques de terrain.

Avec la prise en compte du suffrage comme élément de légitimation du pouvoir
politique, les autorités ont essayé de mesurer « l'esprit public »,
transformé, à l'heure du suffrage universel, en « opinion publique ». La
surveillance ne concernait donc plus seulement les acteurs situés en marge du
champ politique, ceux qui le contestaient radicalement, mais aussi les
électeurs qui lui conféraient sa légitimité. La surveillance, préventive,
n'avait plus alors de dimension proprement sécuritaire, débouchant sur une
répression, mais relevait d'une dimension politique, fondée sur le besoin de
deviner les intentions de la communauté civique.

L'État s'est appuyé, en France, sur une multitude d'acteurs administratifs
pour mener à bien ces diverses tâches. L'approche de long terme de ce colloque
permettra aussi de poser la question de la rationalité de l'organisation de la
surveillance publique et d'étudier les ressorts de la spécialisation et de la
professionnalisation des fonctionnaires concernés.

S.L.

    * Accueil : Sylvie Guillaume (professeur d'histoire contemporaine à
l'Université Bordeaux 3, membre de l'IUF-directrice du CEMMC)
    * Introduction scientifique : Sébastien Laurent

Les multiples acteurs de la surveillance publique : une faiblesse ?

Président de séance : Jean-Paul Jourdan (professeur d'histoire contemporaine à
l'Université Bordeaux 3, directeur de l'UFR d'histoire-CEMMC)

    * 9h20 : Michel Roucaud, «  La surveillance gouvernementale à travers le
réseau territorial militaire sous le Premier Empire » (doctorant à Paris I,
chargé d'études au Service historique de la Défense)
    * 9h40 : Mathilde Larrère, « La garde nationale, objet et outil de
surveillance de l'opinion publique sous la Monarchie de Juillet » (maître de
conférences d'histoire contemporaine à l'Université Paris XIII)
    * 10h00 : Quentin Deluermoz, « La réforme de la police parisienne de
1854 : une nouvelle économie de la surveillance ? » (Centre d'histoire du XIXe
siècle (Paris I-Paris IV))

10h20-10h40 : Discussion
La surveillance de proximité, un regard apolitique ?

    * 10h40 : Fabien Gaveau, « Surveiller les hommes, saisir les bruits. Les
missions informelles des gardes champêtres, en France, des années 1820 aux
années 1860 » (CESDIP-CNRS)
    * 11h00 : Sébastien Richez, « ‘Postes aux aguets. Une vision postale du
renseignement en France au XIX e siècle » (chercheur au Comité pour l'histoire
de la Poste)
    * 11h20 : Arnaud-Dominique Houte, « Gendarmerie et surveillance politique
au XIX e siècle (1815-1914) » (ATER à l'Université Paris IV- Centre d'histoire
du XIXe siècle (Paris I-Paris IV))

11h40-12h00 : Discussion
Pratiques et usages de la surveillance gouvernementale

Président de séance : Sylvie Guillaume (professeur d'histoire contemporaine à
l'Université Bordeaux 3, membre de l'IUF-directrice du CEMMC)

    * 14h00 : Thierry Truel, « Le ministère de l'intérieur et le renseignement
politique au début de la Troisième République, de Gambetta à Fourtou
(1870-1877) » (doctorant en histoire contemporaine – CEMMC)
    * 14h20 : Christophe Voilliot, «  Le rôle des préfets dans les pratiques
de surveillance électorale au XIX e siècle » (maître de conférences en science
politique, Groupe d'Analyse Politique, Université Paris-X Nanterre)
    * 14h40 : Sylvie Aprile, «  La surveillance politique hors de France :
débats, rivalités et collaborations (1850-1900) » (maître de conférences
habilitée d'histoire contemporaine à l'université François Rabelais de
Tours-CEHVI)

15h00-15h20 : Discussion
Surveiller et contrôler dans les régimes non démocratiques

    * 15h20 : Jean-Marc Berlière, « Les renseignements généraux sous
l'Occupation » (professeur d'histoire contemporaine à l'Université de
Bourgogne-CESDIP/CNRS)
    * 15h40 : Gaby Castaing, « La Surveillance du territoire (ST) sous
l'occupation  » (doctorante au CESDIP-CNRS)
    * 16h00 : Emmanuel Droit, «  Approche socio-historique des pratiques de
surveillance de la Stasi en RDA, 1951-1989 »

16h20-16h50 : Discussion et pause
Surveiller dans les démocraties libérales à l'heure de la globalisation

Président de séance :  Sébastien Laurent

    * 16h50 : Frédéric Ocqueteau, « Quelles interrogations nouvelles au sujet
de la surveillance planétaire au XXI e siècle » (directeur de recherches au
CNRS-CERSA)
    * 17h10 : Thierry Leterre, « Surveiller les entrées sur le territoire : la
mise en place stratégique des politiques de visas aux États-Unis d'Amérique
depuis le 11 septembre » (professeur de science politique à l'Université
Versailles Saint-Quentin en Yvelines)
    * 17h30 : Didier Bigo, « Les transformations de la surveillance après le
11 septembre dans l'Union Européenne » (maître de conférences habilité de
science politique à Sciences-Po-CERI)

17h50-18h20 : Discussion

18h20-18h30 : Synthèse (Sébastien Laurent)


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