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[actus_l] Areva et tĂȘte de mort : libertĂ©d’expressionconfirmĂ©e en cassation

http://www.legalis.net/breves-article.php3?id_article=2276

Areva et tĂȘte de mort : libertĂ© d’expression confirmĂ©e en cassation
15/04/08

Areva et tĂȘte de mort : libertĂ© d'expression confirmĂ©e en cassation (JPEG) En
2002, Greenpeace avait lancé deux campagne en ligne contre les politiques
environnementales d’Esso et d’Areva, en parodiant leur logo. AttaquĂ©e en
justice par le groupe pétrolier et par la Société de participations du
Commissariat Ă  l’énergie atomique (SPCEA), dĂ©tentrice de la marque Areva,
l’association avait perdu en appel, le 17 novembre 2006, contre la SPCEA. La
cour de Paris avait, en effet, estimé que Greenpeace avait dépassé les limites
de la libertĂ© d’expression, en associant une marque Ă  la mort : l’association
écologique avait détourné le logo de la société spécialisée dans le nucléaire
en y faisant apparaĂźtre une tĂȘte de mort ou un poisson Ă  l’aspect maladif.

Dans un arrĂȘt du 8 avril 2008, la premiĂšre chambre civile de la Cour de
cassation vient de donner gain de cause Ă  Greenpeace France et New Zealand qui
« agissant conformĂ©ment Ă  leur objet, dans un but d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral et de
santĂ© publique par des moyens proportionnĂ©s Ă  cette fin, n’avaient pas abusĂ©
de leur droit de libre expression ». La cour suprĂȘme a Ă©galement considĂ©rĂ© que
l’utilisation des logos Areva ne visait pas la sociĂ©tĂ© mais les marques
déposées par elle, et par conséquent ses activités et services. La campagne
portant atteinte Ă  ces derniers et non Ă  l’honneur ou Ă  la considĂ©ration de la
personne morale, il ne pouvait donc pas ĂȘtre reprochĂ© Ă  Greenpeace d’actes de
dénigrement contre la SPCEA. 

C’est au bout de six ans que la Cour de cassation a mis fin à ce litige qui a
donnĂ© lieu Ă  quatre dĂ©cisions de justice. L’affaire avait dĂ©butĂ© par une
premiÚre ordonnance de référé du 2 août 2002 qui avait conclu que « le
dĂ©tournement d’une marque dans le cadre d’une campagne pour la dĂ©fense de
l’environnement ne crĂ©e pas de risque de confusion au sens de l’article L
713-3 b du CPI justifiant la compétence du juge des référés ». Position
confirmĂ©e par la cour d’appel de Paris dans un arrĂȘt du 26 fĂ©vrier 2003. Mais
Greenpeace a perdu au fond. Le TGI de Paris, dans un jugement du 9 juillet
2004, puis la cour d’appel, le 17 novembre 2006, ont considĂ©rĂ© que la prĂ©sence
d’une tĂȘte de mort ou d’une reprĂ©sentation d’un poison mortel sur le logo
dĂ©tournĂ© d’Areva procĂ©dait d’une dĂ©marche purement dĂ©nigrante. 

Dans l’affaire parallĂšle de la parodie du logo Esso, les juges ont estimĂ© que
le rapprochement entre la marque pĂ©troliĂšre et les dollars s’inscrivait dans
les limites de la libertĂ© d’expression. Ces deux procĂ©dures liĂ©es Ă  une
campagne de dĂ©nonciation sur internet intervenue au mĂȘme moment par un mĂȘme
acteur montre la difficile appréciation des limites à ne pas franchir. La Cour
de cassation casse et annule la dĂ©cision d’appel. Elle ne renvoie cependant
pas Ă  une autre cour mais met fin au litige en appliquant la rĂšgle de droit
appropriĂ©e, comme l’article 627, al. 2, du code de procĂ©dure civile l’y
autorise.

http://www.greenpeace.org/france/news/victoire-juridique-de-greenpea

Victoire juridique de Greenpeace sur Areva pour la liberté d'expression !
12 avril 2008

Paris, France — Lundi 8 avril, dans un jugement qui fera jurisprudence en
matiÚre de liberté d'expression pour les associations, notamment sur le web,
la Cour de cassation a donné raison à Greenpeace qui était poursuivi par Areva
pour avoir détourné son logo.

« Voilà une victoire importante et symbolique pour Greenpeace qui se voit
ainsi renforcé et légitimé dans son rÎle critique vis-à-vis de l'industrie
nucléaire, et dans son droit à faire valoir son opinion, déclare Frédéric
Marillier, responsable de la campagne nucléaire à Greenpeace France. Mais
cette décision aura aussi un impact beaucoup plus large pour la liberté
d'expression des associations, des syndicats ou des médias, et leur droits à
la critique. »

En effet, au terme d'une procédure qui aura durée six ans, la plus haute
juridiction française se fondant sur la Convention européenne des droits de
l'homme, a tranché : selon elle, les « associations [Greenpeace France et
Nouvelle-ZĂ©lande] agissant conformĂ©ment Ă  leur objet, dans un but d'intĂ©rĂȘt
général et de santé publique par des moyens proportionnés à cette fin, [n'ont]
pas abusé de leur droit de libre expression ». Elle a alors cassé et annulé
l'arrĂȘt rendu le 17 novembre 2006 par la cour d'appel de Paris qui avait donnĂ©
raison à l'industriel du nucléaire.

« Ainsi se trouve consacré le droit de parodier une marque dÚs lors que la
critique s'inscrit dans une dĂ©marche d'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral et de santĂ© publique,
et que les moyens de cette critique sont proportionnés au but poursuivi »,
estime maĂźtre Henri Choukroun, l'avocat de Greenpeace. En clair, Greenpeace va
pouvoir réutiliser ce logo ou en parodier d'autres. L'organisation écologiste
ne va pas s'en priver !

L'affaire remonte à l'année 2002. Comme de nombreuses vieilles industries
polluantes, le géant du nucléaire français avait décidé de se refaire une
nouvelle image Ă  travers un nouveau nom, Areva, et un nouveau logo. Pour
dénoncer cette opération cosmétique, Greenpeace avait détourné ce logo. Areva
avait alors a assigné Greenpeace en référé, demandant qu'on interdise à
l'association d'utiliser ce logo détourné. S'en est suivi six ans de
procédures et de rebondissements juridiques.


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