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[actus_l] Les Français veulent tracer les OGM, les Anglo-saxons les =?UTF-8?Q?=E2=80=9Cmalades=E2=80=9D?=, et la Chine les Chinois

http://www.internetactu.net/2008/04/08/les-francais-veulent-tracer-les-ogm-les-anglo-saxons-les-malades-et-la-chine-les-chinois/

Les Français veulent tracer les OGM, les Anglo-saxons les “malades”, et la
Chine les Chinois
Par Jean-Marc Manach le 08/04/08 

A qui profite la traçabilité ? Du point de vue industriel, les gains sont
d’abord et avant tout d’ordre logistique. Mais qu’en est-il des consommateurs,
et de la confiance qu’ils accordent (ou non) aux produits qui leur sont
proposés, et donc à leurs fabricants, et distributeurs ?

Le code à barres a 30 ansPeu connue du grand public, GS1 (Global Standard, “1″
pour unique et universel) fédère quelque 30 000 entreprises en France (et un
million dans le monde). Sa mission : accompagner “l’émergence de standards
internationaux qui optimisent les échanges d’informations entre l’industrie et
le commerce et simplifient la vie quotidienne des consommateurs“, et donc les
codes-barres, étiquettes radiofréquence (RFiD) et autres EDI (Echange de
données informatisé).

Dans une étude sur “la traçabilité perçue par les consommateurs des 5
continents” (France, Royaume-Uni, Etats-Unis, Australie, Afrique du Sud,
Brésil, Chine et Russie), GS1 et l’éditeur de logiciels Trace One ont
interrogé un échantillon représentatif de 4344 internautes, révélant les
écarts de culture, et de perception, autour de cette notion de “traçabilité“.
La différence entre aliment et médicament ? Le dosage…

Ainsi, Français, Russes et Brésiliens s’intéressent tout particulièrement à
l’alimentation, et plébiscitent la traçabilité de la viande, des produits
laitiers, de la mer, frais et surgelés. La traçabilité des OGM est elle aussi
considérée comme prioritaire par 66% des Brésiliens, 59% des Français, 55% des
Chinois, mais seulement 36% des Britanniques, et… 19% des Américains.

Les Anglo-saxons, moins sensibles à la notion de traçabilité alimentaire,
plébiscitent plutôt la traçabilité du courrier, mais aussi et surtout celle
des “personnes dépendantes ou dangereuses” (65% des Britanniques, 57% des
Américains et 58% des Australiens, contre 43% des Chinois, 42% des Français,
et… 26% des Russes).

Comme le résume le Crédoc, dans son analyse (.pdf) de l’étude :

    “Pour les Américains et les Britanniques, l’aliment et le médicament se
situent sur un continuum, l’aliment est pensé en termes biochimiques et
apparaît donc comme un composé ou une association de macro et micro
nutriments. Il n’y a plus de différence entre l’aliment et le médicament, si
ce n’est une différence de dosage. Par contre pour le Français, le médicament
est associé au chimique, donc à l’artificiel, donc au toxique (…) En France,
la tradition garantit le bien manger, dans les pays Anglo-Saxon, c’est le
choix individuel, sur une base scientifico-médicale.”

Les Français sont plus effrayés que les autres

A la question de savoir qui se portera garant de la traçabilité d’un produit,
73% des Russes et des Américains citent les fabricants, et 55% des Français et
des Brésiliens les pouvoirs publics. 92% des Chinois font confiance aux
supermarchés, mais seulement 50% des Français.

Bracelets RFID

Les risques les plus importants ? Le coût (62% des sondés), les contraintes
pour les fabricants (53%) puis le fait de “vivre dans une société où tout est
contrôlé” (51% de l’ensemble des sondés, mais 60% des anglo-saxons). Les
internautes, étant invités à donner 3 réponses possibles, redoutent également,
à 34%, le fait que “tout sera fiché dans d’immenses bases de données” ainsi
que, pour 28% d’entre-eux, le “climat de peur, de paranoïa” que cela va créer.

Globalement, les sondés sont 60% à penser que la traçabilité représente des
avantages, mais qu’elle devrait être contrôlé, 28% qu’elle devrait être
développé, et 12% à en être effrayé. Là encore, les différences culturelles se
précisent : 28% des Français se disent effrayés, contre 9% des Russes, et 2%
des Chinois. La Chine, championne olympique de la RFiD

19% seulement des sondés ont entendu parler de la RFiD, encore que les
chiffres soient faussés par le taux de réponse des Chinois. En effet, seuls 5%
des Britanniques et des Russes, et 7% des Français savent de quoi il s’agit,
contre… 73% des Chinois !

Chinese Babies Issued ID CardsLa raison est probablement à chercher du côté du
fait que la Chine a décidé de généraliser l’utilisation de puces RFiD dans ses
relations commerciales et process industriels (ne serait-ce qu’au regard des
scandales, notamment alimentaires, répertoriés ces dernières années), mais
aussi, voire surtout, du fait qu’elle a dépensé, l’an dernier, 1,65 milliard
de dollars dans le plus grand projet RFiD recensé à ce jour dans le monde :
doter 300 millions de Chinois de cartes d’identité RFiD, à l’approche des JO
de Pékin.


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