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[actus_l] Le fichier mystÚre de Mme Dati sur les bandes organisées

http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/06/30/le-fichier-mystere-de-mme-dati-sur-les-bandes-organisees_1064498_3224.html#ens_id=1056252

Le fichier mystÚre de Mme Dati sur les bandes organisées
LE MONDE | 30.06.08 | 14h01  ‱  Mis à jour le 30.06.08 | 14h14
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Qui connaßt le fichier sur les bandes organisées ? Dans un entretien au
Journal du dimanche du 29 juin, Rachida Dati en fait la promotion : "Je vous
l'annonce, dit-elle, le préfet de police va créer un fichier sur des bandes
organisĂ©es." "Ça, c'est une nouveautĂ©, poursuit la ministre de la justice.
Personne n'avait osé prendre ce problÚme à bras-le-corps." Mais voilà :
personne ne connaĂźt ce projet.

La surprise a Ă©tĂ© totale dans les services du ministĂšre de la justice oĂč la
création d'un tel fichier n'a jamais été envisagée jusque-là. Guillaume
Didier, porte-parole du ministĂšre, avoue n'en rien savoir. Comme lui, d'autres
fonctionnaires de la Chancellerie disent avoir découvert l'hypothÚse d'un
fichier sur les bandes et estiment que ce n'est "absolument pas une affaire de
justice". De fait, Mme Dati avait dressé des contours assez peu judiciaires.
"L'idée, avançait-elle, est d'identifier ces bandes, d'anticiper leurs
mouvements, de savoir comment elles se construisent, comment elles
fonctionnent, comment elles agissent"...

Contactée, la préfecture de police élude toutes les questions, répétant
mécaniquement : "Adressez-vous au ministÚre de la justice." Au ministÚre de
l'intérieur, on ne sent "pas du tout concerné". Dans le doute, on évoque, un
peu pincé, le dessein "d'un fichier de personnes déjà condamnées". La piste
judiciaire, donc. Pas la sécurité.

Officiellement, il est vrai, Mme Dati n'a pas compétence pour donner des
instructions au préfet. Aussi, l'entourage de MichÚle Alliot-Marie précise
qu'il faut voir dans cette initiative "la rencontre d'une élue parisienne avec
le préfet". Ce que s'empresse de confirmer le cabinet de la ministre de la
justice : "Rachida Dati s'est exprimée en tant que maire mais ce n'est pas
sorti du chapeau. C'est une réflexion à laquelle elle a participé, lorsqu'elle
était à l'intérieur avec Nicolas Sarkozy, notamment aprÚs des incidents
provoqués par les supporteurs du PSG."

"IL Y A DES LOIS DANS CE PAYS"

Maire du 7e arrondissement, Mme Dati chercherait à répondre aux échauffourées
survenues au Champ-de-Mars dans la nuit du 20 au 21 juin, lorsqu'Ă  l'issue
d'un rassemblement de jeunes qui fĂȘtaient la fin du bac, une partie d'entre
eux s'était heurtée aux forces de l'ordre.

L'annonce de Mme Dati intervient deux jours aprÚs une réunion à l'Elysée sur
la sécurité, organisée à l'initiative de Nicolas Sarkozy pour "faire le point"
sur les violences du Champ-de-Mars et l'agression d'un jeune juif dans le 19e
arrondissement de la Paris. Participaient à cette réunion, vendredi 27 juin au
matin, le premier ministre, François Fillon, et quatre ministres, Mme Dati,
Mme Alliot-Marie, Xavier Darcos (éducation nationale), Brice Hortefeux
(immigration), ainsi que le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, le
préfet de police, Michel Gaudin, et le directeur général de la police
nationale, Frédéric Péchenard. DÚs le lendemain, la ministre de l'intérieur
arpentait le 19e arrondissement en promettant des renforts (une vingtaine de
policiers supplémentaires pendant la semaine, une cinquantaine le week-end) ;
et dimanche, la ministre de la justice annonçait le fichier sur les bandes...
"Mais il y a des lois dans ce pays, rappelle un haut fonctionnaire de
l'intérieur, en référence au contrÎle exercé par la Commission nationale de
l'informatique et des libertés (CNIL) sur les fichiers. On ne peut pas faire
n'importe quoi !"

Les bandes font déjà l'objet d'une surveillance de la police, notamment des
renseignements généraux (RG), qui possÚdent leur propre fichier, mais aussi du
service régional de police des transports (SRPT). Le préfet de police, M.
Gaudin, avait milité, en vain, pour un "Grand Paris de la sécurité", en
insistant sur les allers-retours des bandes entre Paris et la banlieue. Au
soir de la fĂȘte de la musique, le 21 juin, le SRPT avait ainsi repĂ©rĂ© 25
personnes parties en bande de Bondy (Seine-Saint-Denis), les avait "pris en
charge" puis les avait dispersées à leur arrivée, gare du Nord. Isabelle
Mandraud et Alain Salles Article paru dans l'édition du 01.07.08.

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