29 Aug 08:41
[actus_l] Nos données personnelles entre commercialisation et désinvolture des pouvoirs publics
From: Bb! <bigband@...>
Subject: [actus_l] Nos données personnelles entre commercialisation et désinvolture des pouvoirs publics
Newsgroups: gmane.politics.activism.vie-privee.actu
Date: 2008-08-29 06:43:11 GMT
Expires: This article expires on 2008-09-12
Subject: [actus_l] Nos données personnelles entre commercialisation et désinvolture des pouvoirs publics
Newsgroups: gmane.politics.activism.vie-privee.actu
Date: 2008-08-29 06:43:11 GMT
Expires: This article expires on 2008-09-12
http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article2828 Nos donnĂ©es personnelles entre commercialisation et dĂ©sinvolture des pouvoirs publics article de la rubrique Big Brother date de publication : vendredi 22 aoĂ»t 2008 Un vaste trafic de donnĂ©es personnelles fait scandale en Allemagne : des organisations de protection de consommateurs viennent dâapporter la preuve quâil est possible dâen acquĂ©rir des millions sur Internet... Une information Ă rapprocher de la dĂ©sinvolture manifestĂ©e par les pouvoirs publics pour assurer la confidentialitĂ© des donnĂ©es personnelles quâils exigent de leurs citoyens. Sans contestation possible, la âmĂ©daille dâorâ en ce domaine revient Ă la Grande-Bretagne oĂč une clĂ© USB contenant des informations personnelles sur tous les dĂ©tenus vient dâĂȘtre âĂ©garĂ©eâ. Un trafic de donnĂ©es confidentielles fait scandale en Allemagne par Marie de VergĂšs, Le Monde du 22 aoĂ»t 2008 Outre-Rhin, nâimporte qui ou presque peut se procurer sur Internet, Ă moindre coĂ»t et en un tour de main, des renseignements personnels et financiers concernant des millions dâAllemands. Les organisations de protection de consommateurs viennent dâen apporter la preuve formelle. Un de leurs agents, mandatĂ© par la centrale fĂ©dĂ©rale, est parvenu Ă acheter sur le rĂ©seau prĂšs de six millions de donnĂ©es confidentielles, dont quatre millions de numĂ©ros de comptes bancaires. LâopĂ©ration lui a pris deux jours, pas plus. Elle ne lui a coĂ»tĂ© que 850 euros. "Nous ne sommes sĂ»rement pas le premier acheteur", en a dĂ©duit le prĂ©sident de la centrale, Gerd Billen, lundi 18 aoĂ»t. Il ne sâagit pourtant encore seulement que de "la partie Ă©mergĂ©e de lâiceberg", estime Thilo Weichert, un commissaire chargĂ© de la protection des donnĂ©es, dans le quotidien SĂŒddeutsche Zeitung du 20 aoĂ»t. A lâĂšre du tout-Internet, "de dix Ă vingt millions de donnĂ©es bancaires" feraient lâobjet dâune utilisation illĂ©gale, affirme-t-il. La plupart de ces informations privĂ©es sont issues de fichiers Ă©tablis par des loteries, mais aussi de contrats de tĂ©lĂ©phones portables ou de listings de donateurs pour des organisations caritatives. Quelque 1 300 opĂ©rateurs commerciaux en Allemagne seraient spĂ©cialisĂ©s dans la collecte et la vente de ces donnĂ©es, selon les informations du Chaos Computer Club (CCC), une organisation de hackeurs. AmĂ©liorer la protection Câest un employĂ© dâun centre de dĂ©marchage tĂ©lĂ©phonique de LĂŒbeck qui a fait Ă©clater au grand jour lâampleur de ce trafic. La semaine derniĂšre, Detlef Tiegel, ĂągĂ© de 36 ans, a envoyĂ© un CD Ă une organisation de dĂ©fense des consommateurs. Sur ce disque que lui aurait remis son employeur figuraient quelque 17 000 donnĂ©es, entre autres des adresses et des numĂ©ros de comptes bancaires. Le centre dâappels se les Ă©tait procurĂ©es illĂ©galement, Ă des fins commerciales. JPEG - 12.1 ko © Ho New / Reuters GrĂące aux donnĂ©es bancaires, il pouvait opĂ©rer Ă sa guise des prĂ©lĂšvements. Lâaffaire semble loin dâĂȘtre un cas isolĂ© et la justice a dĂ©jĂ ouvert plusieurs enquĂȘtes contre des centrales tĂ©lĂ©phoniques. AlarmĂ© par les dimensions du scandale, le gouvernement allemand souhaite engager dĂšs la rentrĂ©e un dĂ©bat afin dâamĂ©liorer la protection des donnĂ©es, y compris en durcissant la loi. Le dĂ©putĂ© social-dĂ©mocrate Dieter WiefelspĂŒtz, porte-parole du SPD pour les questions de politique intĂ©rieure, a mĂȘme prĂ©conisĂ© que soit inscrit dans la loi fondamentale le droit Ă la protection des donnĂ©es sur Internet. Marie de VergĂšs Il faut rapprocher lâinformation prĂ©cĂ©dente de la dĂ©sinvolture manifestĂ©e par les pouvoirs publics face au problĂšme de la confidentialitĂ© des donnĂ©es personnelles quâils exigent de leurs citoyens. En voici quelques exemples rĂ©cents concernant lâAllemagne, lâItalie et la France... Les donnĂ©es personnelles de 500 000 Allemands sur Internet A la suite dâune erreur concernant le mot de passe, les donnĂ©es confidentielles â nom, adresse, photos dâidentitĂ© et appartenance religieuse â de quelque 500 000 citoyens allemands ont Ă©tĂ© accessibles sur le Web du 15 mars au 20 juin 2008. Lâentreprise HSH, chargĂ©e de la sĂ©curisation de ces donnĂ©es informatiques, a reconnu le 23 juin 2008 quâelle avait laissĂ© affichĂ©s sur une page Internet le nom dâutilisateur et le mot de passe permettant Ă 425 communes dâaccĂ©der Ă ces donnĂ©es. Ces communes Ă©taient censĂ©es modifier le mot de passe initial, mais une quinzaine ne lâont jamais fait. [1] _______________________ Les dĂ©clarations de revenus de 40 millions dâItaliens sur Internet Le ministĂšre des Finances italien a mis en ligne sur Internet, le 30 avril 2008, les 40 millions de dĂ©clarations de revenus des Italiens pour lâannĂ©e 2005. Quelques heures plus tard, lâautoritĂ© de dĂ©fense de la vie privĂ©e a fait fermer le site. "Je nâai fait que me conformer la loi" sâest dĂ©fendu Vincenzo Visco, le vice-ministre des Finances, qui a soulignĂ© que la lĂ©gislation prĂ©voyait depuis 1972 la possibilitĂ© pour le simple citoyen dâaccĂ©der Ă ces informations en se rendant dans les centres des impĂŽts de lâEtat ou des communes. "Cette initiative manque de toute base de rĂ©fĂ©rence" a dĂ©crĂ©tĂ© Francesco Pizetti, professeur de droit constitutionnel, prĂ©sident depuis 2005 de lâautoritĂ© italienne de protection des donnĂ©es, Ă lâorigine de la fermeture du site. "Il faut tenir compte du fait que ces donnĂ©es vont se retrouver en permanence et pour lâĂ©ternitĂ© accessibles de nâimporte quel endroit du globe grĂące aux moteurs de recherche", a-t-il dĂ©clarĂ©. [2] _______________________ Base Ă©lĂšves : les donnĂ©es Ă©taient librement accessibles Alors que lâadministration de lâEducation nationale rĂ©pĂ©tait Ă lâenvi depuis des mois que âBase Ă©lĂšves 1er degrĂ©â ne posait aucun problĂšme de confidentialitĂ© des donnĂ©es, il a bien fallu que le ministre reconnaisse le 15 juin 2007 que le systĂšme nâĂ©tait absolument pas sĂ©curisĂ© : pendant une quinzaine de jours, des personnes extĂ©rieures Ă lâEducation nationale ont pu accĂ©der librement par Internet aux fichiers de Base Ă©lĂšves et se procurer tous les renseignements concernant des Ă©lĂšves enregistrĂ©s (n° INE, date dâinscription et date dâadmission Ă lâĂ©cole, nationalitĂ©, date et lieu de naissance, adresse des parents, noms et adresses des responsables de lâenfant, niveau de la classe, nom de lâenseignant, taux dâabsentĂ©isme, cursus scolaire ...) [3] _______________________ Le commissaire monnayait des informations provenant du Stic Le commissaire de police Patrick Moigne, chef de la brigade des fraudes aux moyens de paiement de la police judiciaire de Paris (BFMP), a Ă©tĂ© mis en examen le 14 mars 2008 pour "violation du secret professionnel" et "corruption active et passive dâune personne dĂ©positaire de lâautoritĂ© publique". De janvier 2006 Ă juin 2007, le commissaire aurait perçu plus de 20 000 euros en monnayant Ă des tiers des informations puisĂ©es dans des fichiers de la police, en particulier ceux du STIC . Alex TĂŒrk, sĂ©nateur du Nord et prĂ©sident de la Commission nationale de lâinformatique et des libertĂ©s (Cnil), dit ne pas avoir Ă©tĂ© "fondamentalement surpris" par cette affaire. "De nombreux fonctionnaires de police ont la possibilitĂ© de consulter le STIC, dĂ©clare M. TĂŒrk. Or, la vĂ©rification de leurs motivations, obligatoires, est alĂ©atoire." [4] _______________________ Lâancien commissaire des RG utilisait ses relations dans la police Le 26 mai 2008, comparaissait au tribunal de grande instance de Paris, un ancien commissaire des renseignements gĂ©nĂ©raux, A. P., accusĂ© dâabus de bien sociaux et de "trafic dâinfluence". RĂ©voquĂ© de la police en 1988 pour corruption, il travaillait depuis lors comme gĂ©rant dâune "entreprise de conseil", utilisant ses relations dans la police et lâadministration fiscale pour des clients. Parmi ses "contacts", figuraient trois policiers en service. Deux ont Ă©tĂ© mis en retraite anticipĂ©e, le troisiĂšme a Ă©tĂ© mutĂ©. A. P. Ă©tait aussi un informateur rĂ©munĂ©rĂ© de la direction nationale dâenquĂȘtes fiscales (DNEF), de 1998 Ă 2001. Aux enquĂȘteurs, lâancien commissaire prĂ©texta des "Ă©changes de bons procĂ©dĂ©s" : pour les "3 000 Ă 3 500 dossiers" quâil a remis Ă la DNEF, il a perçu 46 000 euros plus 31 000 euros de remise de TVA. [5] Mais, sans contestation possible, le pays leader dans ce domaine, celui qui nous montre ce que lâavenir nous rĂ©serve, reste la Grande-Bretagne ! Grande-Bretagne : des milliers de donnĂ©es concernant les dĂ©tenus sur une clĂ© USB Ă©garĂ©e [6] La PA Consulting, une entreprise travaillant pour le ministĂšre britannique de lâIntĂ©rieur (Home Office), a Ă©garĂ© une clĂ© USB (memory stick) contenant des informations personnelles (nom, adresse, date de naissance, dans certains cas la date de sortie, ...) concernant des milliers de rĂ©cidivistes et les 84 000 personnes dĂ©tenues en Angleterre et au Pays de Galles. JPEG - 10.3 ko Les donnĂ©es se trouvaient sur une clĂ© USB. Ceci est le dernier dâune sĂ©rie dâincidents imputables aux pouvoirs publics (vols de portables, pertes de disques durs ou de clĂ©s USB...). Un des plus rĂ©cents est le vol dans un vĂ©hicule dâune clĂ© USB contenant les donnĂ©es personnelles de centaines dâenfants qui avaient demandĂ© Ă participer Ă une Ă©mission de tĂ©lĂ©vision de la BBC. David Smith, sous-commissaire de lâInformation Commissionerâs Office (organisme britannique Ă©quivalent de la Cnil), a dĂ©clarĂ© que la frĂ©quence croissante et lâampleur de ces incidents est un fait trĂšs prĂ©occupant. « Quelles mesures avaient Ă©tĂ© mises en place pour protĂ©ger ces donnĂ©es ? [...] Nous espĂ©rons que le Home Office transmettra Ă lâInformation Commissionerâs Office le rapport dâenquĂȘte interne. ». « Les donnĂ©es personnelles â y compris celles de dĂ©tenus â doivent en permanence bĂ©nĂ©ficier de la sĂ©curisation [prĂ©vue par la loi]. » Il y a quelques jours une analyse portant sur la pĂ©riode avril 2007/avril 2008 concluait que plus de quatre millions de personnes seraient affectĂ©es par les pertes de donnĂ©es personnelles imputables aux pouvoirs publics [7]. Le PA consulting group, responsable de lâincident prĂ©cĂ©dent, avait Ă©tĂ© retenu par le ministĂšre britannique de lâIntĂ©rieur pour le conseiller sur son ambitieux projet de carte nationale dâidentitĂ©, et sur lâĂ©largissement de lâactuelle base de donnĂ©es ADN, qui est dĂ©jĂ la premiĂšre au monde rapportĂ©e Ă la population [8]. _______________________ Le ministĂšre britannique de la Justice est une passoire [9] [19 aoĂ»t 2008] - Neuf incidents pour plus de 45 000 donnĂ©es personnelles Ă©garĂ©es : câest le triste bilan 2007 du ministĂšre de la Justice britannique en matiĂšre de protection de ses fichiers. Selon le rapport financier publiĂ© ce mois-ci par lâinstitution (pages 36 Ă 39), lâincident le plus important a eu lieu en juin 2007 avec la disparition de 27 000 fiches intĂ©grant, outre le nom et lâadresse, des rĂ©fĂ©rences bancaires. En cause, des systĂšmes de stockage mal protĂ©gĂ©s. Selon le rapport, les donnĂ©es qui auraient transitĂ© par un prestataire externe, nâont pas Ă©tĂ© dĂ©robĂ©es⊠mais ont Ă©tĂ© montrĂ©es Ă un journaliste. Le gouvernement assure les avoir rĂ©cupĂ©rĂ©es dans leur intĂ©gralitĂ©. VoilĂ les sujets de sa majestĂ© rassurĂ©s ! Le plus grave rĂ©side dans le manque de rĂ©action de lâadministration. En janvier dernier, 14 000 Ă©lĂ©ments ont de nouveau Ă©tĂ© accessibles, cette fois concernant des donnĂ©es liĂ©es Ă des dĂ©lits, certaines intĂ©grant des informations de la sĂ©curitĂ© sociale. Un ordinateur portable perdu et jugĂ© a posteriori mal protĂ©gĂ© est Ă lâorigine de lâincident. Le ministĂšre sâest engagĂ© Ă mettre en place un programme spĂ©cifique de protection et dâinformation du public. _______________________ Perte de deux disques contenant les donnĂ©es personnelles de 25 millions de Britanniques Panique en Grande-Bretagne : le 20 novembre 2007, le gouvernement britannique reconnaissait la perte de deux disques contenant les donnĂ©es personnelles (identitĂ©s, adresses, numĂ©ros de compte en banque, de sĂ©curitĂ© sociale...) de 25 millions de personnes ; envoyĂ©s par courrier ils ne sont jamais arrivĂ©s Ă destination. Cela concerne les 7 millions de familles bĂ©nĂ©ficiaires des allocations familiales. ExposĂ©es Ă la fraude bancaire elles sont priĂ©es de surveiller leurs comptes bancaires [10]. Notes [1] RĂ©fĂ©rence : http://www.spiegel.de/netzwelt/web/0,1518,druck-561461,00.html [2] RĂ©fĂ©rence : AFP le 1er mai 2008. [3] Voir scandale au ministĂšre de lâĂ©ducation nationale : base Ă©lĂšves 1er degrĂ© nâĂ©tait pas sĂ©curisĂ©e ! [4] DâaprĂšs Le Monde des 15 et 16 mars 2008. [5] Isabelle Mandraud, « Petits arrangements privĂ©s », Le Monde du 28 juin 2008. [6] RĂ©fĂ©rence : http://news.bbc.co.uk/1/hi/uk/75757... [7] RĂ©fĂ©rence : http://news.bbc.co.uk/2/hi/uk_news/... [8] RĂ©fĂ©rence : The Associated Press - 22/08/08 Ă 03:36:09. [9] RĂ©fĂ©rence : http://www.lemagit.fr/article/secur.... [10] Voir mais oĂč sont donc passĂ©es les donnĂ©es personnelles de 25 millions de Britanniques ?
_____ Liste de diffusion d'informations relatives à l'informatique et aux libertés Info, dés/abonnement : http://listes.samizdat.net/sympa/info/actus_l
RSS Feed