Bb! | 18 Nov 08:51
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[actus_l] Autriche: Tous terroristes ?

[les 9 personnes incarcérées ont depuis été libérées, début septembre :
http://www.austriasolidarity.com/news.php?id=36981 ]

http://www.austriasolidarity.com/news.php?id=35703
Autriche: Tous terroristes ?
L214 reproduit ici pour information un communiqué de presse dont l'auteur est
Austria Solidarity

Une lettre ouverte a été adressée José Manuel Barroso, exhortant la Commission
européenne à prendre position face à un cas de violation des droits humains en
Autriche.

Parce que nous refusons que les libertés civiles et politiques soient bafouées
en Europe, parce que défendre les animaux contre la maltraitance et la tuerie
n'est pas un crime, même quand cela dérange des intérêts économiques, des
citoyens et des associations réunis dans le réseau international Austria
Solidarity ont adressé le 18 juillet 2008 une lettre ouverte à José Manuel
Barroso, président de la Commission européenne pour l'alerter sur les
événements qui se déroulent en Autriche.

En effet, le 21 mai dernier une opération policière brutale et massive a
frappé la protection animale dans ce pays. Des associations ont vu leur
matériel saisi. Dix militants ont été arrêtés. Ces dix personnes ne tombent
sous le coup d'aucune loi de droit commun. Pour les emprisonner, les autorités
autrichiennes ont eu recours à des lois d'exception, conçues pour lutter
contre le terrorisme et le crime organisé ! Depuis, ces dix personnes
moisissent en cellule : presque deux mois après les arrestations, aucun
interrogatoire n'a encore eu lieu ; les avocats des détenus n'ont toujours pas
eu accès à l'intégralité du dossier ; la détention préventive a déjà été
prolongée deux fois. Sous ce régime d'exception, elle peut être prolongée par
reconductions successives jusqu'à une période maximale de deux ans avant qu'un
jugement n'intervienne. Quant aux associations touchées – des associations
légales et qui ne font l'objet d'aucune poursuite de la part de la justice
autrichienne – elles n'ont toujours pas récupéré le matériel indispensable à
leur fonctionnement. Il s'avère de surcroît que, depuis deux ans, la police
écoute les conversations téléphoniques et lit les courriers électroniques du
milieu visé.

Les militants des droits des animaux aujourd'hui en Autriche. Quel autre
mouvement social et dans quel autre pays demain ?

En France, le dispositif anti-terroriste d'exception est en place depuis 1986.
Seulement pour les terroristes ? Le Syndicat de la magistrature s'inquiétait
dans un communiqué du 26 juin 2008 d'une note du ministère de la Justice du 13
juin 2008 invitant les procureurs généraux à transférer à la section
anti-terroriste du TGI de Paris des affaires pouvant être rattachées à une «
mouvance anarcho-autonome » délimitée d'une façon dangereusement floue. Un
décret du 1er juillet 2008 permet au ministère de l'intérieur de ficher et de
centraliser les informations relatives à toutes les personnes exerçant un rôle
politique, économique, religieux, syndical… dans la société. La loi sur la
sécurité intérieure actuellement en préparation devrait permettre les
perquisitions en ligne sur l'ordinateur de n'importe quel citoyen, ainsi que
faciliter l'écoute des conversations (voir note 1).

Ne restons pas silencieux face à l'utilisation arbitraire par un État de
l'arsenal anti-terroriste pour affaiblir un mouvement social et politique.
Nous ne voulons de cela, ni en Autriche, ni ailleurs.

Source/Quelle: Site Austria Solidarity
Link: Communiqué de presse international du 25 juin 2008
Link: Site de VGT

Date/Datum: 2008-07-21

http://www.austriasolidarity.com/news.php?id=36836

Autriche/Martin Balluch: Message au mouvement international pour les droits
des animaux Nous voici incarcérés depuis trois mois sans aucune issue en vue !

A la mi-mai, la plus grosse opération de police jamais menée en Autriche
contre un mouvement de justice sociale fut conduite à l’aube dans vingt-trois
domiciles et bureaux de défenseurs des droits des animaux. Des policiers
masqués braquèrent leur armes sur plus de trente personnes qu’ils tirèrent
ainsi de leur lit, et endommagèrent les lieux. Du matériel appartenant à sept
groupes de défense des droits des animaux fut saisi – il ne leur a toujours
pas été restitué à ce jour.

De mĂŞme Ă  ce jour, dix militants sont encore sous les verrous, sans charges ni
preuves.

Durant les trois derniers mois, des informations concernant cette opération de
police ont été mises au jour. Nous savons maintenant que dix-sept personnes
avaient leur téléphone sur écoute et que leurs courriers électroniques étaient
lus depuis un an et demi, que l’entrée de trois domiciles était filmée, que
deux voitures étaient munies d’appareils permettant de connaître les trajets
effectués et que des micros furent cachés dans sept domiciles et bureaux. En
plus de cela, le compte en banque d’une vingtaine de personnes fut mis sous
contrôle et dix-sept personnes furent surveillées et suivies durant des mois.
Mais ce n’est pas tout : des policiers infiltrèrent des groupes de défense des
droits des animaux, dont VGT.

Cette opération massive menée aux frais du contribuable qui a coûté plus d’un
million d’euros, c’est-à-dire beaucoup plus que les dommages causés par les
soi-disant délits dont ils étaient censés trouver les auteurs, n’a conduit
NULLE PART. Ils n’ont trouvé aucune preuve d’actes délictueux.

Mais nous sommes encore en prison. Au lieu d’être suspectés d’avoir commis des
délits précis, nous sommes supposés former une organisation criminelle. Et
pour étayer une telle supposition, l’accusation dit qu’il n’est pas nécessaire
de posséder une quelconque preuve d’acte criminel. Les suspects n’ont pas même
besoin de se connaître les uns les autres. Pour devenir suspect, il suffit que
vous meniez votre campagne pour les droits des animaux pendant qu’au même
moment des personnes qui vous sont inconnues commettent un délit visant à
soutenir le mĂŞme but ou un but proche de celui de votre campagne. Pouviez-vous
imaginer que nous puissions être emprisonnés pour cela ?

J’ai été interrogé par la police durant vingt heures. Elle a exposé l’ensemble
des « preuves » qu’elle possède contre moi. Les voici :

J’envoie des courriers électroniques encryptés.
VGT se réunit dans des lieux qui ne sont pas accessibles au public.
VGT n’expose pas ses actions de façon ouverte au téléphone.
Pris en dehors de leur contexte, cinq des courriers électroniques sur les cinq
mille que j’ai écrits durant les onze dernières années (!) paraissent
radicaux. J’ai des contacts internationaux. J’organise beaucoup de conférences
et de réunions en vue de recruter de nouveaux activistes. J’écris des livres
et participe à des émissions de radio et de télévision sur les droits des
animaux, où il arrive que des brochures radicales soient utilisées et l’ALF
mentionné.

C’est tout. Voici ce que sont les « preuves » qui ont été recueillies contre
moi. Il n’y a rien de plus que cela. Selon le ministère public et le juge des
détentions préventives, cela justifie ma détention pour Dieu sait combien de
mois et peut-être un jugement. Pour l’accusation et pour la police, la plupart
des militants en Autriche font partie d’une immense organisation criminelle,
qui est responsable de toutes les actions de l’ALF commises où que ce soit.
Leur interprétation du terme « organisation » permet cela. Elle signifie «
avoir le même état d’esprit ». N’importe quelle personne, favorable aux droits
des animaux, et le demeurant après que quelqu’un a, quelque part et avec la
même idéologie, commit un délit, appartient à cette organisation.

C’est tellement ridicule que j’aurais ri si quelqu’un m’avait dit cela dans le
passé. Maintenant, que je suis en prison, je ne ris plus. Cela est devenu
sérieux.

Qu’est-il en train de se passer ici ? Eh bien j’essaie de le deviner. Il est
clair, je crois, que ceux qui sont au pouvoir, ceux qui forment l’unité de
police spéciale et qui ont fait démarrer tout cela, n’avaient qu’une seule
chose inscrite dans leur agenda : écraser le mouvement pour les droits des
animaux, écraser VGT, et faire taire tout particulièrement ce Balluch.

Il y a de bonnes raisons de penser que c’est exactement ce à quoi cette unité
était destinée. Par exemple, nous avons un rapport de l’unité de police
spéciale entièrement consacré à la manière de démanteler et de détruire VGT.
Ils y discutaient les moyens d’attaquer ce groupe et planifiaient la prochaine
réunion sur le même sujet cinq jours plus tard. Et cette réunion se tint un
mois après mon incarcération. Cela prouve que ce ne sont pas des actes
criminels qu’ils veulent élucider. Ils veulent porter un coup fatal. Ils
veulent détruire VGT, ses réseaux qui ont obtenu des succès, son
infrastructure. Ils utilisent simplement que fait que des délits ont été
commis, quoiqu’à un niveau très bas, comme une excuse pour construire cette «
organisation criminelle » afin de justifier les opérations de police à grande
échelle et les mois, sinon les années, de détention préventive.

Plus le temps passe, plus cet incroyable cauchemar se mue en un gigantesque
scandale aux proportions démesurées ! Quel exorbitant abus de pouvoir ! Quel
assaut totalitaire contre la démocratie et les droits de l’homme ! J’espère
que vous êtes d’accord avec le fait que l’on ne peut les laisser faire
tranquillement tout cela. Si un tel comportement d’État policier devient la
norme, qui osera se lever et critiquer le système ? Qui pourra poursuivre les
campagnes en faveur des droits des animaux ? Car après tout, RIEN de ce que
j’ai fait et qui m’a propulsé en prison ne sortait de l’ordinaire de notre
façon de mener nos activités en faveur des droits des animaux. Si je peux être
emprisonné pour cela, n’importe qui peut l’être. Cela veut dire que faire
campagne pour les droits des animaux, de quelque manière que ce soit, c’est
avoir déjà un pied en prison.

Je ne peux que répéter cela : mes amis, nous vivons un moment historique. Les
droits des animaux sont devenus un véritable défi lancé au système, que le
pouvoir a décidé d’écraser avec brutalité. Nous devons tenir bon tous ensemble
et lutter pour gagner la bataille décisive. Nous n’avons pas le droit de les
laisser continuer ainsi. Nous devons gagner. Nous ne voulons plus de
répression. Le militantisme ne doit plus être bâillonné. Si nous ne parvenons
pas à stopper cette opération et à saisir ceux qui en sont responsables, nous
ne pourrons plus jamais défendre les droits des animaux. Nous ne devons pas
battre en retraite. C’est tout ou rien.

Je compte beaucoup sur vous !

Martin Balluch, Prisonnier politique, JA-Josefstadt Vienne

Source/Quelle: Message au mouvement international pour les droits des animaux

Date/Datum: 2008-08-29

News-source: EVANA

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