19 Nov 09:14
[actus_l] Veille d opinion dans l Education: «En aucun cas on ne peut parler de fichage»
From: Bb! <bigband@...>
Subject: [actus_l] Veille d opinion dans l Education: «En aucun cas on ne peut parler de fichage»
Newsgroups: gmane.politics.activism.vie-privee.actu
Date: 2008-11-19 08:18:58 GMT
Expires: This article expires on 2008-12-03
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http://www.liberation.fr/societe/0101266365-veille-d-opinion-dans-l-education-en-aucun-cas-on-ne-peut-parler-de-fichage Veille d'opinion dans l'Education: «En aucun cas on ne peut parler de fichage» Interview Un appel d'offres lancé par les ministères de l'Education et de l'Enseignement supérieur a déclenché une levée de boucliers. Pour la déléguée à la communication de ces ministères, il s'agit d'une «prestation classique» de veille, étendue au 93 réactions Recueilli par Véronique Soulé * Agrandir la taille de police * Réduire la taille de police * Imprimer l'article * Envoyer l'article à un ami * Réagir Le ministère de l'Education nationale veut-il ficher les profs qui s'expriment en toute liberté sur la Toile? La polémique bat son plein après la publication d'un appel d'offres daté du 15 octobre lancé par le ministère de l'Education et celui de l'Enseignement supérieur et de la Recherche pour assurer «une veille de l'opinion». L'appel d'offres est consultable en pdf ici. Il est précisé que les ministères attendent une analyse de tout ce qui se dit et s'écrit dans les medias classiques – journaux, télés, radios - mais aussi sur le net, y compris les blogs et autres échanges informels. Coût du marché pour l'année 2009: 100 000 euros hors taxes pour l'Education nationale, 120 000 euros hors taxes pour l'Enseignement supérieur (voir liberation.fr du 10 novembre). Véronique Mély dirige la Délégation à la Communication commune aux deux ministères qui est à l'origine de l'appel d'offres. Elle a accepté de répondre aux questions de Liberation.fr Est-ce la première fois que vous publiez un tel appel d'offres? Non. La Délégation à la Communication met en place une veille plurimedia depuis 2006 - à l'époque le ministre de l'Education était d'ailleurs Gilles de Robien. Toutes les grandes délégations – correspondant aux grands ministères – le font aussi. (Téléchargez ici au format pdf l'appel d'offres de l'année dernière, daté d'octobre 2007) Cela est devenu nécessaire d'étendre la revue de presse auparavant limitée aux medias traditionnels au web classique et au web informel car nous nous sommes retrouvés devant une infinité de medias. Et la thématique de l'éducation est extrêmement présente sur le web. En réalité, il s'agit d'une prestation classique d'analyse des medias. En aucun cas, on ne peut parler de fichage ou de surveillance. Il ne s'agit absolument pas d'identifier des cas individuels ou de constituer des fiches nominatives. Tout cela procède du fantasme. Nous voulons seulement savoir quel site a de l'influence, évaluer les audiences. En clair nous voulons écouter tous ceux qui veulent se faire entendre sur le web, Y a t il quelque chose de nouveau dans l'appel d'offres cette année pour expliquer la levée de boucliers? La formulation générale est la même. Mais cette année nous avons introduit des précisions dans le «cahier des clauses particulières»: nous parlons notamment de repérer des «leaders d'opinion», les «lanceurs d'alerte», etc. Mais ce vocabulaire a été mal interprété, particulèrement le second terme. Or s'agissant d'un appel d'offres, il nous fallait préciser au maximum le produit que l'on demande à la société prestataire. Et nous avons utilisé la terminologie habituelle pour ce type de service. Disposez-vous toujours d'une revue de presse classique? Bien sûr et elle ne choque personne, la polémique s'étant focalisée sur le web. Elle a d'ailleurs récemment été dématérialisée: chaque matin, les destinataires la recoivent en format pdf. Tout au plus en imprime-t-on trois exemplaires. La veille plurimedia, elle, est un produit de synthèse généralement hebdomadaire. Mais on peut demander à la recevoir plus souvent. Cette synthèse souligne les grands thèmes qui sont repris dans la presse traditionnelle et sur le web, les sujets discutés sur le web que les medias classiques ne reprennent pas, les videos qui circulent, etc. Comprenez-vous cet emballement? Je suis assez surprise par l'interprétation de cet appel d'offres et par l'amalgame. Je ne peux que constater une sensibilité certaine à ces sujets qui s'est cristallisée sur certaines expressions. Mais je le répète: l'opinion cherche à se faire entendre sur le web, et nous, nous cherchons à l'écouter. http://www.ecrans.fr/Une-expertise-apolitique,5703.html «Une expertise apolitique» Entretien avec Stéphane Mahon de i&e Décision  par Véronique Soulé Stéphane Mahon dirige la société i&e Décision qui, depuis deux ans, assure la «veille de l’opinion» pour les ministères de l’Education et de l’Enseignement supérieur. Il explique à Libération le sens de son travail et dément toute connotation policière. En quoi consiste cette «veille»? Ma société existe depuis quinze ans. A l’époque, je découpais des articles de journaux papier. Aujourd’hui avec le Net, on doit prendre en compte une infinité de sources qui ne sont pas toutes pertinentes. Notre travail est de distinguer ce qui ressort du bruit et ce qui fait sens. Nous faisons donc une analyse du discours Internet. Sur un sujet comme l’éducation, il y a énormément de choses, plus ou moins intéressantes. La France détient en outre un nombre record de blogueurs. Mais il y aussi les forums, les sites d’informations, spécialisés, syndicaux, des grands médias, qui expriment des idées. Lorsqu’on veut prendre le pouls de l’opinion, c’est important d’y aller voir. C’est une forme d’attention à l’expression publique. Concrètement comment faites-vous? Nous sommes quatre chargés d’études, sociologues, sémiologues, communicants, tous connaisseurs de ces sujets. On retient un certain nombre de thèmes –la réforme du lycée, celle des programmes du primaire, etc.– qui orientent notre recherche. Chaque semaine, on remet des rapports d’études de quatre pages. On y indique les lignes de force dans l’opinion, on décrit la situation à partir des analyses de textes, puis notre vision de l’évolution. En aucun cas nous ne disposons d’outils d’identification des personnes. Les blogueurs, dont beaucoup emploient des pseudonymes, ne nous intéressent pas en tant que tels. Nous cherchons plutôt les éditorialistes, les leaders d’opinion. J’insiste : nous revendiquons un socle déontologique très fort. Nous menons une activité d’expertise en langage et en sciences humaines totalement apolitique. Nous livrons des analyses de l’opinion de façon photographique. Tous les ministères sont équipés de ce type d’outils. Mais l’éducation est sans doute le thème qui mobilise le plus. J’ai travaillé pour le ministère de la Justice où il y a aussi des tensions. Pourtant c’est un thème moins débattu sur le Net. Sur combien de sources travaillez-vous? Sur six cents en permanence, avec une qualité extrêmement diverse sur le Net. En fait, on prend en compte l’ensemble des médias, en ligne ou traditionnels. Car il n’y a pas de sphère étanche. Les médias nationaux font un article qui, mis en ligne, est ouvert à la discussion. Vous comprenez que des termes comme «repérer les lanceurs d’alerte» puissent choquer? Je ne vais pas dire «Il y a là un lanceur d’alerte» au cabinet de Darcos. C’est un terme sociologique qui, sorti de son contexte, a pris une connotation policière très négative. En fait le «lanceur d’alerte» est celui qui en avançant un nouvel argument va faire évoluer l’opinion. En fait c’est un leader d’opinion. La clé du problème est l’opinion, savoir où elle en est à un moment donné, sur un sujet. L’Internet est un concentré du pire et du meilleur, de choses pathétiques et extrêmement puissantes.
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