21 Nov 10:01
[actus_l] Webcam mondiale
From: Bb! <bigband@...>
Subject: [actus_l] Webcam mondiale
Newsgroups: gmane.politics.activism.vie-privee.actu
Date: 2008-11-21 09:02:56 GMT
Expires: This article expires on 2008-12-05
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http://www.ecrans.fr/Webcam-mondiale,5711.html Webcam mondiale Vertige. Voir ce qui se passe dans sa rue, sur une plage des Maldives ou au Nord-Kivu, au mètre près et en termps rĂ©el, ou presque. C’est le pari de e-Corce, un concept d’observation de la Terre imaginĂ© par l’agence spatiale française. Super Google Earth ou Big Brother ? par Sylvestre Huet Une webcam mondiale sur votre ordi. Accessible Ă tous, et gratuitement. OĂą l’on pourrait voir tout endroit du globe terrestre avec une rĂ©solution telle qu’on y verrait des dĂ©tails d’un mètre –rivalisant avec les meilleures images disponibles sur Google Earth, mais qui ne concernent qu’une toute petite partie de la Terre. Une image, surtout, « rafraĂ®chie », disent les ingĂ©nieurs  ; d’abord une fois par semaine, puis une fois par jour. C’est ce que propose e-Corce, pour e (Internet) Constellation d’Observation RĂ©currente Cellulaire. Un rĂŞve ? Ou un cauchemar... Qu’il puisse s’agir d’un rĂŞve, la rĂ©action des responsables de ÂGoogle Earth lorsque les ingĂ©nieurs du Cnes, l’agence spatiale française, sont allĂ©s leur Âen parler, en tĂ©moigne. « It’s our dream », ont-ils rĂ©pondu, d’après Jean-Jacques Favier, ex-astronaute, aujourd’hui en charge de la prospective au Cnes. Pour le cauchemar, songeons qu’il ne sera plus possible de raconter qu’on Ă©tait au boulot lundi dernier, jour de pont du 11 Novembre. « Mais pourquoi voyait-on une troupe de gens dans ton jardin... » Avant de se persuader qu’il y a un risque de cauchemar, encore faut-il savoir si cette « prospective » de l’agence spatiale française ne relève pas d’une promesse de Gascon. Par quel miracle, par quel tour de force technologique, pourrait-il se rĂ©aliser, et d’ici Ă quelques annĂ©es seulement ? Si miracle il y a, ce fut dans la capacitĂ© des ingĂ©nieurs Ă oser sortir de tous les schĂ©mas classiques de l’observation de la Terre. De considĂ©rer l’engouement du grand public pour les images diffusĂ©es par les gĂ©oportails –Google Earth, Geoportail– et de s’interroger : pour rĂ©pondre Ă cette demande-lĂ , bien diffĂ©rente de celle des scientifiques ou des services publics, n’y aurait-il pas moyen de s’y prendre tout autrement ? De manière Ă faire exploser les verrous de coĂ»ts, de dĂ©bits d’information et de moyens de calcul qui interdisent aux systèmes actuels d’espĂ©rer offrir aux internautes les images nettes et rĂ©centes dont ils sont si friands ? Ironie de l’affaire, cette dĂ©marche novatrice est nĂ©e dans le cadre conventionnel du colloque de prospective du Cnes, organisĂ© en 2006 Ă Toulouse, oĂą ingĂ©nieurs de l’agence et de l’industrie, scientifiques du privĂ© et du public, s’interrogeaient sur l’horizon... 2025. En prĂ©parant cette rĂ©union, une petite Ă©quipe rĂ©unie autour de Jean-Jacques Favier et de Jean-Pierre ÂAntikidis s’est engagĂ©e dans un engrenage intellectuel qui a renversĂ© tous les « impossibles » au fur et Ă mesure de son dĂ©veloppement. Le premier verrou Ă forcer fut celui du contenu de l’image. Aujourd’hui, les satellites optiques enregistrent le maximum de donnĂ©es spectrales, dont l’infrarouge, inutile Ă l’œil humain. Pour votre Ĺ“il de simple badaud, que faut-il ? Les trois couleurs primaires (rouge, vert et bleu), et basta. En outre, cet Ĺ“il, regardant une image sur ordinateur, se contente de peu d’informations par rapport aux exigences d’un scientifique. Comprimons donc les donnĂ©es enregistrĂ©es de manière analogue Ă celle du MP3 pour la musique. RĂ©sultat ? « Une division par cinquante du volume de donnĂ©es Ă transmettre par les satellites relativement Ă l’image brute », explique Jean-Jacques Favier. Et un brevet du Cnes sur ce « MP3 de l’image », rĂ©duite Ă ses dimensions « psychovisuelles ». Le flux de bits, « l’équivalent de plus d’un million de disques durs par semaine », sans cette rĂ©duction drastique, devient alors compatible avec les technologies actuelles. Le deuxième verrou, c’est celui des satellites. Chers, lourds, pilotables, programmables, uniques en leur genre... tels sont les actuels espions de l’espace, high-tech jusqu’au dernier boulon. Les ingĂ©nieurs ont optĂ© pour l’exact inverse : petits et lĂ©gers, avec 150kg ; fabriquĂ©s en sĂ©rie ; dotĂ©s d’un tĂ©lescope fixe d’une seule pièce en cĂ©ramique ; photographiant Ă la volĂ©e le sol sur 28km de large, juste au-dessous d’eux, en permanence ; et envoyant leurs donnĂ©es au fur et Ă mesure, après compression, sans en garder de trace. Des microsatellites de cette sorte, une fusĂ©e Soyouz en lance 13 Ă la fois depuis Kourou. PlacĂ©s Ă 650 km d’altitude, ils pourront assurer la couverture de toute la Terre une fois par semaine. Troisième verrou, la rĂ©ception, le traitement de ces images et leur mise Ă disposition des internautes sur le Web. Foin des grands centres, les ingĂ©nieurs font le pari de la dispersion. De 50 Ă 100 stations de rĂ©ception des donnĂ©es, rĂ©parties sur tout le globe. Qui dĂ©chargent le flux vers des « grilles de calcul », des « fermes de PC » dispersĂ©es sur la Toile. Un concept hĂ©ritĂ© des physiciens des particules qui l’on inventĂ© pour les besoins du LHC, l’accĂ©lĂ©rateur gĂ©ant du Cern (Centre europĂ©en de recherche nuclĂ©aire), mis en service en octobre. Bien sĂ»r, e-Corce ne serait pas sans dĂ©fauts. Qui dit image optique, dit nuages... La rĂ©currence des images promises en souffrira, surtout sur les zones Ă©quatoriales. Mais quel saut, si l’on songe aux systèmes actuels, oĂą la plupart des images ont Ă©tĂ© prises il y a plusieurs annĂ©es ! Âe-Corce coĂ»terait environ 400 millions d’euros avec le « premier jet » de 13 satellites. Alors que le seul Spot 5, qui fournit aujourd’hui des images de la Terre, a coĂ»tĂ© plus de 500 millions d’euros, lancement compris. Mais qui paierait la note, surtout que l’estimation du Cnes semble « optimiste », prĂ©cise un spĂ©cialiste ? Google et ses concurrents, rĂ©pond l’agence. « Google dĂ©pense chaque annĂ©e près de 50 millions de dollars, en images, pour son site Google Earth », explique Favier. Vu les potentialitĂ©s Ă©normes du système proposĂ©, y compris pour des dĂ©clinaisons commerciales, en sus du flux gratuit, il pourrait bien devenir un projet industriel, financĂ© sans le moindre apport de deniers publics. Verra-t-il pour autant le jour ? Si la technique et la finance peuvent ĂŞtre au rendez-vous, le droit, la politique et l’éthique auront leur mot Ă dire. Le droit ? Pas si simple. Celui de l’espace donne Ă tout Etat le droit de lancer des satellites sans en demander l’autorisation aux pays qu’ils survolent. Comment, alors, dĂ©fendre celui des individus, qui pourraient refuser que leur vie soit ainsi, en thĂ©orie, sous la surveillance de n’importe qui ? Quant aux Etats, aux Âentreprises, qui seraient susceptibles de protĂ©ger d’un regard aussi perçant, et surtout rĂ©current, des zones entières, des installations militaires ou dangereuses, comment vont-ils rĂ©agir ? DĂ©jĂ , les gĂ©oportails existants exhibent des zones prĂ©alablement floutĂ©es Ă la demande des gouvernements. Lors du dĂ©clenchement de la guerre amĂ©ricaine en Afghanistan, en octobre 2001, le Pentagone avait achetĂ© toutes les images du satellite Ikonos Ă la sociĂ©tĂ© Space Imaging pour Ă©viter qu’elles tombent dans le domaine public et commercial (1). Empruntant le chemin du Web, ces images de Âzones sensibles, sur lesquelles on pourrait compter les tanks, les colonnes armĂ©es ou les morts alignĂ©s, pourront-elles circuler aussi librement que l’imaginent les ingĂ©nieurs du Cnes ? Marc Pircher, directeur du centre toulousain de l’agence, estime « Ă©vident » que les Etats exigeront des garanties de sĂ©curitĂ© pour des zones dĂ©terminĂ©es. Il avertit : « Le feu rouge Ă la mise en Ĺ“uvre Âd’e-Corce viendra peut-ĂŞtre de lĂ , ou de problèmes juridiques. » (1) LibĂ©ration du 23 octobre 2001. Paru dans LibĂ©ration du 18 novembre 2008
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