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[actus_l] En Suisse, un filtrage très discret
http://www.letemps.ch/Page/Uuid/f5b82f00-2d55-11df-a273-53743ab101cd/En_Suisse_un_filtrage_tr%C3%A8s_discret vendredi12 mars 2010 En Suisse, un filtrage très discret Anouch Seydtaghia Une liste de sites à bloquer est transmise par la police fédérale à Swisscom et Cablecom «En Suisse, personne n’a intérêt à parler de filtrage national. Surtout pas les fournisseurs d’accès à Internet (FAI), qui se verraient immédiatement accuser de censure.» Ancien fondateur de la cellule de lutte contre la cybercriminalité à Genève, Pascal Seeger est toujours engagé contre la pédopornographie sur Internet. Spécialisé dans la détection de ces fichiers au sein de la société informatique Practeo, l’homme entretient des liens étroits avec ses homologues de la police fédérale. «Berne transmet régulièrement à des fournisseurs d’accès une liste de sites à bloquer. L’internaute ne remarque jamais ce filtrage: s’il tente de se connecter à un site bloqué, un banal message d’erreur apparaît alors qu’il était convenu que l’internaute soit redirigé sur une page de la Prévention suisse de la criminalité à l’origine», poursuit Pascal Seeger. En Suisse, ce sont exclusivement des sites ayant trait à la pédopornographie qui sont bloqués, assure le spécialiste. Le Service de coordination de la lutte contre la criminalité sur Internet (Scoci) joue un rôle central en Suisse. Au sein de l’Office fédéral de la police, c’est lui qui récolte les alertes concernant les sites illégaux, en particulier ceux ayant trait à la pornographie dure. Si le service de presse du Scoci se refuse à donner le moindre détail, son dernier rapport mentionne des listes de sites à bloquer «mises à jour tous les trimestres» et la participation volontaire de «dix fournisseurs d’accès». Publicité Pas de base légale «Il n’existe aucune base légale pour ce filtrage, explique Pascal Seeger. Le système fonctionne pourtant de manière efficace et ni les sociétés actives dans l’Internet, ni la police fédérale n’ont intérêt à demander la création d’une loi dont la rédaction et la mise en œuvre susciteraient de longs débats. Néanmoins, si ce thème devait être légiféré, cela permettrait de forcer les autres FAI qui ne jouent pas le jeu. En fait, ils ont tout simplement peur de perdre leurs clients à cause de ce filtrage!» Swisscom, comme Cablecom, affirme ne jamais prendre lui-même l’initiative de censurer des sites. «Lorsque nous recevons des alertes de la part de clients concernant de la pédopornographie, par exemple, nous en référons au Scoci ou à la Centrale d’enregistrement et d’analyse pour la sûreté de l’information Melani, explique Deborah Bucher, porte-parole de Cablecom. Nous bloquons ensuite des sites sur injonction des autorités ou de la justice.» Pascal Seeger estime que la Suisse utilise un système de filtrage un peu léger puisque développé par un étudiant norvégien. «Des produits plus performants avec des listes mises à jour au quotidien existent, dont ceux de la firme suédoise NetClean avec la collaboration de l’Internet Watch Foundation, poursuit le spécialiste. Les autorités suisses estiment que leur dispositif est suffisant: je pense que cette solution pragmatique fonctionne et que le risque de bloquer des sites légitimes est faible.»
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