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[actus_l] Mosquée de Drancy : « La police nous dit de nous démerder entre Arabes »

NB: suite à ce mémo diffusé hier sur cette liste:
http://www.saphirnews.com/Cameras-cachees-a-la-mosquee-de-Drancy-!-Violation-flagrante-des-libertes-fondamentales-des-fideles-!_a11219.html

il serait utile de le compléter par ce billet du Bondyblog

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http://yahoo.bondyblog.fr/news/201003121345/mosquee-de-drancy-la-police-nous-dit-de-nous-demerder-entre-arabes

Mosquée de Drancy : « La police nous dit de nous démerder entre Arabes »

Vendredi 12/03/2010 | Posté par Inès El laboudy | Partager

Des fidèles musulmans se sont rassemblés hier devant la préfecture de
Bobigny pour protester contre les violences commises lundi par le
collectif Cheikh Yassine. Le maire Jean-Christophe Lagarde estime que
l’imam Chalghoumi n'est pas « futé ». Reportage.

Jeudi, dès 18 heures, une centaine de fidèles de la mosquée de Drancy,
hommes, femme et enfants, ont manifesté devant la préfecture de Bobigny,
à l’appel de l'association Al-Nour (la lumière), présidée par Hassan
Chalghoumi, qui gère la mosquée. Après un mois d’intrusions répétées
d’un collectif nommé Cheikh Yassine, présidé par Abdelhakim Sefrioui,
ils réclament plus de sécurité pour leur lieu de prière, où sont
dispensés également des cours d’arabe et de religion. « Quatre cents
jeunes sont inscrits à ces cours, répartis sur le mercredi, le samedi et
le dimanche. »

Depuis la dernière intrusion, lundi, du collectif Cheikh Yassine,
accompagnée de violence, notamment à l’encontre du muezzin, Mustapha
Sali, qui aurait perdu connaissance après avoir été frappé, Al-Nour a
décidé de fermer la mosquée. « Il faut que l’Etat ramène l’ordre, que ce
groupuscule qui insulte, violente et menace les fidèles et moi-même,
soit écarté. Pour le bien de tout le monde. La réouverture se fera quand
j’aurai une garantie de protection au sein de ce lieu de prière »,
déclare l’imam Chalgoumi.

Un fidèle présent au rassemblement d’hier, raconte ce qu’il s’est passé
lundi. « Nous étions dans la mosquée, quand soudain, aux alentours de
22h30, la lumière s’est éteinte. Nous avons entendu alors des bruits de
coups de poing et de bousculades. Une fois la lumière revenue, j’ai vu
le muezzin à terre, je l’ai donc porté vers la fenêtre et ai ouvert sa
veste pour qu’il reprenne conscience. » Souad Sali, la cousine du
muezzin, confie : « J’ai été traitée de traître par Sefrioui, ils sont
violents, nous insulte quand on va prier. »

Ce groupuscule en veut particulièrement à l’imam Hassan Chalghoumi, pour
deux raisons au moins : il n’admet pas ses liens étroits avec la
communauté juive, et notamment le fait qu’en juin 2009, il ait invité
dans la mosquée de Drancy le président du Conseil représentatif des
associations juives de France (CRIF), Richard Prasquier. Le CRIF qui a
soutenu l’intervention militaire israélienne à Gaza, fin 2008-début
2009. « Ce jour-là, nous recevions un groupe d’invités, explique l’imam
Chalghoumi. Nous n’allions pas faire entrer les autres et laisser M.
Prasquier seul à l’extérieur de la mosquée parce qu’il est le président
du CRIF. Ce n’est pas dans nos habitudes. » Le collectif Cheikh Yassine,
du nom de cet ancien chef du Hamas exécuté par Israël lors d’un raid
aérien, en veut ensuite à Hassan Chalgoumi d’avoir approuvé l’adoption
éventuelle d’une loi contre le port de la « burqa », le voile intégral.

Mais les récriminations des partisans d’Abdelhakim Sefrioui ne
s’arrêtent pas là. Ils refusent la présence de caméras de surveillance
dans l’enceinte de la mosquée de Drancy. Ils ont fait courir la rumeur
selon laquelle il y avait une caméra dans les toilettes des femmes. «
C’est faux, c’est faux, il n’y a jamais eu de caméra dans les toilettes
de femmes », ont rétorqué avec vigueur les femmes réunies hier devant la
préfecture. En revanche, il y a bien des caméras dans la salle des
ablutions des hommes, mais pas dans les toilettes des ceux-ci. « Ces
caméras ont été mises suite à un vol dans la salle des ablutions. Un
homme s’était fait voler 1000€ dans son manteau et s’était rendu au
bureau de la mosquée pour réclamer son bien en disant qu’il le
récupèrerait par force », rapporte un fidèle.

Quand des fidèles, après les violences de lundi dernier, sont allés
demander à un commissaire présent de leur permettre de prier en paix, ce
dernier leur aurait dit : « Démerdez-vous, c’est votre sauce. »

Le soutien de l’imam Chalghoumi à une possible législation antivoile
intégral fait causer : « Pendant un prêche, raconte un fidèle d’une
trentaine d’années, il a dit que si les lois françaises n’allaient pas à
l’encontre de l’islam, il n’y voyait aucun problème. Et je suis
d’accord. La burqa n’est pas une prescription coranique. Après,
concernant ses relations avec les juifs, cela pose un problème aux
imbéciles. Pourquoi se faire la guerre ? Dans le Coran il n’est écrit
nul par qu’il faut détester les juifs.

» Sefrioui, poursuit ce fidèle, a constitué un groupe de revendicateurs
qui ne connaissent pas grand-chose à l’islam en réalité. Ils ne sont
même pas de Drancy, sauf un. Il a fait venir à lui n’importe quel idiot
ancien alcoolique qui s’est laissé pousser la barbe. Il les ramène
jusqu’à Drancy et parle même de démolir la mosquée, car elle est aux
mains du CRIF, dit-il. Mais c’est n’importe quoi. Par contre, l’imam
Chalghoumi a commis une grosse erreur tactique et politique en y faisant
entrer le président du CRIF. »

Jean-Christophe Lagarde, le maire de Drancy, qui, il y a quelques
années, a remis les clefs du bâtiment transformé en mosquée, s’est joint
à la manifestation d’hier : « Les vraies difficultés dans cette affaire,
c’est que nous n’arrivons pas à gérer la violence, observe l’élu. Il
faudrait régulariser l’entrée à la mosquée. Ne pas laisser passer ce
groupe qui s’infiltre à l’intérieur pour protester contre Chalghoumi.
Mais la police ne bouge pas. Peut-être parce qu’il s’agit d’une mosquée
à Drancy. Si ces heurts s’étaient produits à Notre-Dame, la police
serait intervenue aussitôt pour ramener l’ordre. »

L’imam Chalgoumi, menacé de mort, dont la voiture et le domicile ont été
pris pour cible par des extrémistes en raison de ses efforts de
rapprochement avec les juifs de France, est-il en train d’être lâché par
les politiques ? « Non, répond Jean-Christophe Lagarde, mais Chalghoumi
n’a pas été futé en ramenant le CRIF. Il est tombé dans le piège des
extrémistes. 95% des musulmans veulent pratiquer leur religion sans
politique. Et Chalghoumi traite de la politique et s’est donc piégé
lui-même. Je lui ai dit que s’il y avait plus d’organisation dans cette
mosquée, il y aurait moins de problèmes. La preuve, ce groupuscule n’a
pas réussi à entrer dans la mosquée de Paris. La République est laïque
et donc elle doit protéger et respecter tous les cultes. Elle doit
également garantir aux fidèles la liberté de pratiquer leur religion. »

Les quelques fidèles interrogés hier sont plutôt d’accord avec le
raisonnement du maire. « Si l’imam Chalghoumi se mettait en retrait et
diminuait sa médiatisation, cela calmerait peut-être les choses »,
affirment Houda et Bouchra, deux Drancéennes dont l’une fréquente
régulièrement la mosquée de Drancy. Les fidèles manifestant devant la
préfecture semblaient être venus surtout pour exiger de pouvoir prier en
paix « à 5 minutes de chez eux », plutôt que pour apporter un soutien
politique à la personne de Hassan Chalghoumi. Ceux qui fréquentent la
mosquée de Drancy sont toutefois reconnaissants à l’imam Chalghoumi de
ses réalisations au sein de l’association Al-Nour. « Il ne faut en aucun
cas nier qu’il est un docteur en islam et fait de bonnes choses pour nos
enfants et nous-mêmes, notamment avec l’organisation de soirées
multicommunautaires », dit une femme.

Inès El Laboudy


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