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[actus_l] Toulouse: les plans du recteur pour placer l'école sous surveillance

http://www.ladepeche.fr/article/2010/03/19/800660-L-ecole-placee-sous-surveillance.html

L'école placée sous surveillance
Sécurité. Le recteur a officiellement installé hier l'Equipe mobile de
sécurité de l'académie de Toulouse.

La ficelle est aussi fine que le tour de taille de Xavier Bertrand en
pleine retape sécuritaire entre deux tours d'élections régionales. Le
recteur de l'académie de Toulouse, Olivier Dugrip a présenté hier
après-midi « l'Équipe mobile de sécurité ». Une unité de quinze
personnes - onze en permanence - composée pour moitié d'ex-policiers et
gendarmes et pour deuxième moitié de psychologues, assistantes sociales,
éducateurs façon « Men in black » (ou women) dans leurs costumes cintrés
mais sans uniformes ni armes. A leur tête, Jean-Philippe Verne, ancien
chef d'escadron de gendarmerie aujourd'hui comptabilisé dans les
effectifs de l'Éducation nationale. Les missions de cette nouvelle unité
? Accompagnement du diagnostic de sécurité établissement par
établissement ; prévention en cas de montée d'adrénaline ; sécurisation.
Si le chef d'établissement en fait la demande au recteur qui, seul, a le
pouvoir de prescrire le recours à l'Équipe mobile.

« Nous suivons les instructions du ministre, explique Olivier Dugrip.
L'Équipe mobile de sécurité est opérationnelle dans l'académie de
Toulouse. Elle ne se substitue pas aux forces de police ou de
gendarmerie mais vient en renfort des équipes pédagogiques. C'est un
élément d'une politique de sécurisation d'ensemble destinée à garantir
la sécurité aux élèves, aux enseignants et aux personnels. »

Chiffres à l'appui, lire ci-dessus, le recteur évoque l'augmentation
constante des faits de violences, de dégradations, incivilités,
intrusions dans les établissements de l'académie : « L'école n'échappe
plus aux phénomènes de violences urbaines. Agression de la CPE à
Cugnaux, un membre du personnel d'un établissement des Hautes-Pyrénées
giflé la même semaine, une parent d'élève interceptée avec deux
couteaux, dans le Tarn, une tentative d'incendie volontaire aujourd'hui
même (NDLR : hier, lire ci-dessous) au collège Croix-Daurade… Quoique
relativement calme et tranquille, l'académie de Toulouse n'est plus à
l'abri. » Après diagnostic de sécurité, neuf établissements toulousains
seraient particulièrement exposés à l'insécurité. Ils feront l'objet
d'un traitement spécial, un « diagnostic de sûreté ».

Selon le recteur, les violences arrivent en tête des faits d'insécurité
alors que les atteintes aux biens sont en baisse, et le nombre
d'intrusions (huit l'an dernier) dans les établissements est stable.

Chaque signalement fait l'objet d'une saisine de l'autorité judiciaire,
accompagné pour les délits pénaux de dépôt de plainte, assistance
juridique et prise en charge de la totalité des frais de justice.

Vidéosurveillance, alarmes, portiques...

L'Equipe mobile de sécurité a trois missions :
 1. accompagnement du diagnostic de sécurité. A partir des lacunes
repérées, l'Equipe préconise les mesures adéquates. «Contre l'intrusion,
par exemple, cela peut être l'installation de barrières - pas forcément
très hautes -, la mise en place d'un système d'alarme, de caméras de
vidéoprotection, de portiques à l'entrée...» envisage le commandant
Verne qui insiste : «Nous ne sommes pas dans l'ingérence mais dans la
préconisation.»
2. La prévention. Lorsque la tension monte, qu'un climat de violence
s'installe, le chef d'établissement peut demander au recteur le recours
à l'Equipe mobile dont la mission consiste aussi à «recueillir tous les
signalements, à les croiser avec les fichiers de police ou de gendarmerie».
3. La sécurisation. Lorsqu'un établissement se retrouve en difficultés à
la suite d'une agression qui vient de se produire, par exemple, l'Equipe
mobile vient en aide au chef d'établissement dans la gestion de crise,
la plainte, la procédure judiciaire, l'information de la victime, etc.

Cocktail incendiaire au collège de Croix-Daurade

Coïncidence : hier, vers 12 h 45, une bouteille en plastique contenant
vraisemblablement de l'essence a brûlé dans un escalier du collège
Croix-Daurade. À cette heure-là, la plupart des élèves étaient au self
ou dans la cour. Et aucun ne devait, en théorie, se trouver dans les
bâtiments. « Ce sont les fumées qui ont alerté tout le monde, souligne
Jean-Paul Petiot, le principal. Nous avons rassemblé tout le monde dans
la cour. » Personne n'a été blessé et l'incident n'a pas créé
d'affolement. Quelques élèves ont cependant été choqués. Les cours ont
repris normalement à 14 heures.

Les dégâts matériels sont minimes mais ils vont handicaper partiellement
la vie de l'établissement. Le revêtement en plastique du sol a fondu
dans l'escalier. Les murs ont été noircis. Les fumées ont aussi
endommagé six salles de cours, selon le principal.

Les pompiers et la police sont intervenus. Selon le principal, personne
n'a été vu en train de déposer et d'enflammer la bouteille. Le ou les
auteurs de cet acte, le premier de ce genre dans un établissement à
Toulouse, sont donc inconnus. « Nous avons des élèves qui sont dans la
confrontation mais il n'y a rien aujourd'hui qui explique ce geste »,
indique Jean-Paul Petiot.Refait à neuf, le collège Croix-Daurade, qui
accueille 585 élèves, a été inauguré il y a quinze jours. Le jour de
l'inauguration du papier avait été enflammé dans deux toilettes.

La FCPE très hostile

« Les parents d'élèves n'ont pas été associés à la mise en place de
l'Équipe mobile de sécurité mais ils en ont été informés », dit Olivier
Dugrip, le recteur. « Absolument faux ! » répond Pascal Astruc,
président de la FCPE 31 qui prévient : « Cette unité est une unité que
nous ne reconnaîtrons pas. Ils nous fabriquent une problématique là où
il n'y en a pas. Ce sont des pompiers pyromanes : après avoir enlevé 100
000 personnes dans l'Éducation nationale il ne reste pas assez d'adultes
dans les établissements. » Olivier Dugrip estime « avoir mis les moyens
en personnels » : « plusieurs centaines d'AED (assistants d'éducation)
dans l'académie, et après l'agression de Fenouillet, 85 médiateurs de
réussite scolaire ont été implantés dans les 35 établissements où les
besoins ont été recensés ». « Ce n'est pas le nombre d'AED qui compte
mais leurs heures de présence », conteste Pierre Granet, secrétaire
général de la FCPE 31. selon qui « toute l'adolescence est perçue comme
suspecte par ce gouvernement. Sélectionner, surveiller et punir, voilà
la logique. Avec un contrôle social des populations supposées à risque
qui n'est pas acceptable. La stigmatisation ne fait qu'envenimer les
choses. » Plutôt que des alarmes, de la vidéosurveillance et du contrôle
social, la FCPE martèle sa demande permanente : « Un plan de création
d'emplois, des classes de 25 élèves maximum et 15 en zones d'éducation
prioritaire. Pour cela il faut augmenter le nombre de classes, donc le
nombre de professeurs. Aujourd'hui, les collèges comptent 30 à 32 élèves
en moyenne et les lycées entre 34 et 36. La saturation est l'un des
facteurs d'exaspération. »


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