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From: Bb! <bigband-qgf2E6y+Bfe+XT7JhA+gdA <at> public.gmane.org>
Subject: [actus_l] =?ISO-8859-1?Q?La_vid=E9osurveillance_co=FBte_cher_pour?= =?ISO-8859-1?Q?_un_r=E9sultat_tr=E8s_limit=E9?=
Newsgroups: gmane.politics.activism.vie-privee.actu
Date: Friday 7th May 2010 09:14:46 UTC (over 8 years ago)
[La meilleure compilation d'argumentaires qu'il m'ait jamais été donné
de
consulter pour expliquer ce pourquoi la vidéosurveillance est une impasse]

http://www.laurent-mucchielli.org/index.php?post/2010/04/30/Vidéosurveillance-%3A-le-dossier

Vidéosurveillance : le dossier

Ecoles, transports, espaces publics, la principale réponse aux problèmes
de
sécurité est désormais partout la même : vidéosurveillance. Depuis
l’élection
de Nicolas Sarkozy en 2007, le gouvernement a fait du développement de cet
outil l’un des axes majeurs de sa politique de sécurité. Le 2 octobre
2009,
François Fillon en faisait la "priorité absolue" du gouvernement en la
matière. Dans une circulaire du 5 mars 2010, le secrétaire général du
Comité
interministériel de prévention de la délinquance annonce ainsi qu'il
disposera
en 2010 d'une enveloppe renforcée de 49 millions d'euros, dont 30 millions
(donc plus de 60 %) sera consacré à la vidéosurveillance. Pourtant
l'efficacité de cette technologie est très limitée et son coût
financier très
lourd pour les collectivités locales que l'Etat cherche à impliquer de
plus en
plus. Au final, outre les problèmes de contrôle de ces dispositifs (que
la
LOPPSI 2 prévoit de confier à une commission ad hoc et non à la CNIL,
peut-être trop critique), ne s'agit-il pas d'une impasse pour les
politiques
de sécurité ? Et si la vidéo est un "juteux marché" pour les
entreprises
privées, ne serait-ce pas une petite gabegie pour les finances publiques ?

Lire nos deux chroniques :

La vidéosurveillance est-elle une réponse efficace à la délinquance ?,
par
Tanguy Le Goff. Un coût très important pour des résultats très faibles,
par
Laurent Mucchielli. Ressources en ligne :

Le bilan de T. Le Goff : Vidéosurveillance et espaces publics. État des
lieux
des évaluations menées en France et à l’étranger. Le rapport de
Martin Gill et
Angela Spriggs sur la vidéosurveillance au Royaume-Uni. Une étude sur La
vidéosurveillance dans les lycées en Île-de-France. Une étude sur la
vidéosurveillance dans les transports en commun en Ile-de-France. Sur ce
site : un article de T. Le Goff et Eric Heilmann. Une interview de E.
Heilmann
dans ''Libération''. Et le blog de ce chercheur. Le dossier de La Gazette
des
Communes :"Faut-il développer la vidéosurveillance ?". Des interviews de
L.
Mucchielli dans La voix du nord et La gazette des communes. La revue de
presse
générale de Laurent Opsomer.


http://www.rue89.com/2010/05/06/la-videosurveillance-coute-cher-pour-un-resultat-tres-limite-150418

La vidéosurveillance coûte cher pour un résultat très limité
Par Tanguy Le Goff et Laurent Mucchielli | Universitaires | 06/05/2010 |
19H11

Depuis l'élection de Nicolas Sarkozy en 2007, la vidéosurveillance est
devenue
le principal instrument de lutte contre l'insécurité. Les évaluations
scientifiques démontrent pourtant que, dans les espaces publics, son
impact,
tant préventif que répressif, est très limité. Il devient même
dérisoire si on
le rapporte au coût financier pour une collectivité locale. Absence
d'évaluations françaises En 2008, le ministère de l'Intérieur estime à
22 000
le nombre de caméras dans les espaces publics et 1 500 le nombre de
communes
équipées d'un dispositif de vidéosurveillance. Elles n'étaient que 850
en
2005. Certes, l'objectif fixé en 2007 par le gouvernement de 60 000
caméras
est encore loin, mais le rythme d'augmentation est fort.

Les subventions versées par l'Etat dans le cadre du Fonds
interministériel de
prévention de la délinquance (FIPD) y sont pour beaucoup. Pourtant,
au-delà
d'une série de « petites histoires », on ne dispose pas de preuves de
l'efficacité de la vidéosurveillance pour prévenir la délinquance dans
les
espaces publics.

Est-ce à dire qu'on ne sait rien sur l'efficacité de cet outil ? Non, car
il
existe à l'étranger de nombreuses études, notamment aux Etats-Unis, en
Australie et surtout en Angleterre. On y apprend que l'efficacité de la
vidéosurveillance varie selon deux critères.

Le lieu
Espaces ouverts ou fermés comme les parkings ou les hôpitaux… La
vidéosurveillance n'a qu'un faible impact dans les espaces étendus et
complexes comme les rues.

Les caméras ne dissuadent pas les délinquants dans la mesure où le
risque de
se faire identifier et interpeller est jugé faible. En revanche, les
études
convergent pour dire que la vidéosurveillance a une réelle efficacité
dissuasive dans des espaces fermés comme les parkings ou les hôpitaux.

Le délit
On constate, dans certaines études, une légère baisse des atteintes aux
biens
(vols à l'étalage, cambriolages, vols à la roulotte).

Par contre, il n'y a aucun impact sur les violences interpersonnelles
(agressions sexuelles, bagarres, rixes, etc.).

Un coût financier…
Le coût initial d'équipement d'un système de vidéosurveillance est
estimé à
1,5 million d'euros pour 40 caméras. Si l'Etat prend en charge une partie
substantielle de cet investissement, en revanche les coûts de maintenance,
de
location des réseaux de transmission évalués à 10% par an du budget
initial,
demeurent à la charge des collectivités locales. Et surtout, elles
assument le
coût humain.

Des écrans de contrôle que personne ne regarde ne servent pas à grand
chose.
Il faut donc du personnel. Dans l'hypothèse retenue, pour un système
fonctionnant 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, une équipe de 14 personnes
est
nécessaire, soit un coût de l'ordre de 450 000 euros par an. Il faut
aussi du
personnel municipal sur le terrain (policiers municipaux, médiateurs) en
mesure d'intervenir.

Ceci est fondamental : les études étrangères ont montré que la
vidéosurveillance n'avait (qu'un peu) d'effet qu'à la condition d'être
couplée
avec un dispositif d'intervention d'agents de terrain. Le coût financier
est
donc extrêmement lourd en réalité. Et ce, dans un contexte de réduction
des
effectifs de la police nationale et de la gendarmerie, que les communes
compensent de plus en plus par l'embauche de policiers municipaux.

… qui « plombe » les budgets
Enfin, il faut rappeler que le budget investi pour si peu de résultats
dans la
vidéosurveillance est autant d'argent public qui n'est pas affecté à
d'autres
programmes de prévention et de tranquillité.

Au plan national, la politique de « prévention » de l'Etat est de plus
en plus
vidée de substance par la vidéosurveillance. Du reste, la circulaire du 5
mars
2010 précise explicitement que l'Etat n'engagera plus aucune action de
financement pluriannuelle autre que la vidéosurveillance.

Ses aides restantes seront très ciblées et les collectivités devront se
débrouiller avec d'autres partenaires pour financer des actions
préventives
classiques telles que les mesures de prévention et de lutte contre la
toxicomanie, les mesures de sécurité routière, les dispositifs d'accès
au
droit ou encore les opérations « Ville, vie, vacances ».

Au plan local, lorsque la vidéosurveillance vient « plomber » un budget
municipal déjà entamé par le développement de la police municipale, on
devine
qu'il ne reste plus grand-chose dans les caisses pour recruter des
éducateurs,
des animateurs socioculturels, des médiateurs, des correspondants de nuit,
des
surveillants de sortie d'école, et autres types d'emplois de proximité
permettant de renforcer un peu le lien social, d'encadrer la jeunesse avec
des
projets éducatifs et de maintenir le dialogue entre la population et les
institutions.

Pour toutes ces raisons -et non, au nom d'une quelconque idéologie-, le
développement de la vidéosurveillance apparaît comme une mauvaise
nouvelle
pour la société française, un gaspillage d'argent public et un
renforcement de
la « crédulité technologique » chez nos concitoyens inquiets que la
vidéosurveillance rassure souvent, mais qu'elle ne protège nullement.
 
CD: 20ms