jet | 29 Jul 14:52
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[actus_l] Ces villes encore réfractaires à la vidéosurveillance

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2010/07/27/01016-20100727ARTFIG00594-ces-villes-encore-refractaires-a-la-videosurveillance.php
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Certains maires de gauche, parfois par posture idéologique, rechignent à
équiper leurs communes de caméras.

Longtemps au cœur de vives polémiques, la vidéoprotection poursuit sa
percée en France. Selon nos informations, pas moins de 570.000 caméras
officiellement déclarées sont désormais installées sur les bâtiments
publics, dans les transports en commun ainsi que dans les rues du pays.
Cette floraison d'objectifs est promue par l'État qui finance les
installations à hauteur de 40%, en y consacrant des budgets de plus en
plus importants.

Cette année encore, 280 communes vont être surveillées par environ 3500
nouvelles caméras, en grande partie sur la voie publique. Sur
présentation des factures, elles se repartiront trente millions d'euros.
Cette manne représente le double de 2009 et le triple de l'année
précédente! Après un départ poussif, le maillage s'est étoffé. Les
querelles idéologiques, amorcées après la conquête de villes communistes
en banlieue lors des municipales de 1983 et l'installation de
dispositifs par la droite, sont en passe de s'estomper. Les postures
«anti Big Brother» se ringardisent peu à peu. D'autant qu'un récent
rapport commis par l'Inspection générale de l'administration, intitulé
«évaluer et quantifier l'efficacité de la vidéoprotection», révélait que
«l'impact le plus significatif concerne les agressions contre les
personnes, où la progression a été mieux contenue dans les villes
équipées de vidéoprotection». Depuis 2000, ces actes ont grimpé deux
fois moins vite dans les secteurs vidéo protégés en «zone police».

À l'évidence, ce type de rapport laisse de marbre certaines
municipalités de gauche qui, brandissant l'épouvantail «sécuritaire»,
sont réfractaires aux caméras. En la matière, Lille fait figure de
symbole. Emmenée par la première secrétaire du PS Martine Aubry, la
ville bannit quasiment la présence d'objectifs sur la voie publique.
Seule une centaine de caméras fonctionnent uniquement pour protéger les
abords et l'intérieur des bâtiments publics. Le chef de file de
l'opposition, Christian Decocq, a relancé il y a peu l'idée d'une
vidéoprotection à Lille-Sud. Évoquant un «entêtement idéologique», il
assure que «rien ne justifie de se priver de réclamer l'aide de l'État
pour installer des caméras de vidéosurveillance». Martine Aubry, elle,
pencherait plutôt en faveur d'un renforcement des policiers nationaux…

Collomb se distingue à Lyon

Dans ce camp retranché des municipalités viscéralement allergiques aux
caméras, figurent aussi Caen, Laval, La Roche-sur-Yon, Bobigny ou encore
Clermont-Ferrand. D'autres villes socialistes, autrefois hostiles,
commencent à basculer en faveur de la vidéosurveillance. C'est notamment
le cas de Grenoble, où le maire Michel Destot assurait en 2005 dans un
article intitulé «Grenoble n'est pas “Big Brother”: «Ce n'est pas la
surveillance permanente et indifférenciée des personnes sur l'espace
public qui permettra de lutter contre l'insécurité.» Aujourd'hui, la
cité alpine possède un équipement limité à la surveillance des
transports et des bâtiments publics. Au grand dam d'une partie de
l'électorat de gauche, la municipalité a entériné le projet d'implanter
des caméras dans les rues du centre-ville et dans le quartier du village
olympique.

«Depuis 2008, nombre de villes de gauche ont basculé vers la
vidéoprotection sur la voie publique, comprenant bien son intérêt»,
précise un analyste qui se félicite que les atermoiements débouchent sur
des projets. Il en est ainsi à Angers et à Chambéry tandis qu'à
Toulouse, le maire (PS) Pierre Cohen a réuni une dizaine d'experts sur
la question, même s'il a jugé les caméras «fort peu utiles». La même
valse-hésitation a régné à Auxerre, où Guillaume Larrivé, lieutenant de
Brice Hortefeux et chef de l'opposition locale, livre bataille depuis
deux ans avec le maire (PS) pour équiper cette commune de 40.000 âmes.

Ces développements futurs de réseau seront sans commune mesure avec
celui de Lyon, où le maire socialiste Gérard Collomb se distingue en
multipliant les caméras depuis 2001. «À la différence de la majorité qui
veut mettre de la vidéo partout, les maires socialistes n'ont pas une
attitude dogmatique, justifie Jean-Jacques Urvoas, secrétaire national
en charge de la sécurité au PS. En général, ils ont tendance à penser
que les caméras ont un effet dissuasif dans des endroits clos, mais
qu'elles n'ont pas d'impacts sur le vandalisme en milieu ouvert… »
Convaincu de l'efficacité de son dispositif, le ministre de l'Intérieur,
Brice Hortefeux, maintient le cap. Et promet de tripler le nombre de
caméras, «de 20.000 à 60.000 d'ici à 2011».


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