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[actus_l] Midi-Pyrénées: la vidéosurveillance étend sa toile

http://www.ladepeche.fr/article/2010/09/03/899446-La-videosurveillance-etend-sa-toile-dans-la-region.html#xtor=EPR-1

Le besoin de sécurité est toujours aussi présent. En réponse, Montauban
va augmenter le nombre de ses caméras. Plusieurs villes de Haute-Garonne
veulent mutualiser les moyens pour s'équiper en vidéosurveillance.

Les maires doivent faire face à une demande de sécurité de plus en plus
pressante de la part du public, mais aussi du gouvernernement. Sans
aucun pouvoir sur les effectifs de gendarmerie ou de police nationale de
leur ville, ils n'ont pas beaucoup de choix. Pour ne pas se faire taper
sur les doigts, ils devront, entre autre, gonfler leur police municipale
ou sortir les caméras de vidéosurveillance. Un thème d'actualité à
Toulouse ou, en juin dernier, neuf experts internationaux ont été reçus
en public, par une mission municipale afin d'exposer leurs conceptions
sur la vidéosurveillance. Une fièvre de vigilance qui ne touche pas que
Toulouse qui compte 24 caméras pour surveiller ses rues. À Montauban,
par exemple, compte déjà pas moins de 33 caméras gérées par la police
municipale. Nommé Lynx, ce système va s'enrichir dans les prochaines
années de 25 caméras de plus. 10 seront installées avant la fin de
l'année. Énorme.

Jusqu'à présent, ce sont les hypercentres des villes qui passent sous
l'œil des caméras. À chaque fois, les commerçants sont demandeurs.

Récemment à Villeneuve-sur-Lot, dans le Lot-et-Garonne, ils ont
manifesté à la suite de l'agression d'un commerçant. Elle aurait eu lieu
au croisement de deux caméras du centre, seul « angle mort » du système
installé en 2009. Les commerçants ont manifesté pour demander plus de
caméras et plus de policiers. Mais, installer des caméras à tous les
coins de rue n'est pas gratuit, loin de là. Il faut compter environ 1,5
million d'euros pour 40 caméras. L'État prend en charge une partie de
cette somme. Les coûts de maintenance, de location des réseaux de
transmission évalués à 10 % par an du budget initial, restent à la
charge des collectivités locales. Toulouse consacre tous les ans un
budget de 250 000€ à son système de surveillance vidéo. Une situation
devant laquelle des communes tentent de trouver la parade. Ainsi, les
communes de Colomiers, Tournefeuille et Blagnac envisagent de s'unir
afin de mutualiser les moyens financiers et humains. Ce projet,
ambitieux, propose d'installer un PC à Toulouse où seraient scrutées les
images prises dans les trois villes. Cet engouement de la caméra
n'efface pas les doutes des plus sceptiques. Un syndicaliste
tarn-et-garonnais estime : « Ça n'empêche pas de commettre des délits.
De toute façon quand les gens savent qu'il y a une caméra, ils vont
faire les conneries ailleurs ». Pour d'autres, la vidéosurveillance les
envoie directement dans le monde décrit dans le roman de Georges Orwell
«1984». Une chose est sûre, en équipant les villes de caméras, on «
économise » les moyens humains. Il ne reste plus qu'à utiliser ceux qui
restent à bon escient.
« Une dérive sécuritaire »

Jean-François Mignard, président d'honneur de la Ligue des droits de
l'Homme à Toulouse fait partie du bureau national de l'association.
Entre défense des droits sociaux, lutte contre les discriminations et
défense des libertés publiques, la LDH est également très attentive aux
débats sur l'utilité de la vidéosurveillance.

Pourquoi êtes-vous farouchement opposé à la vidéosurveillance ?

C'est un système qui est plus attentatoire aux libertés que ce qu'il
peut rapporter en terme de sécurité. La vidéosurveillance ne peut rien
toute seule. Il faut engager des moyens humains. Les caméras n'ont
jamais interpellé des délinquants.

Pourtant, la vidéosurveillance a permis de résoudre des enquêtes...

Certes. Mais elle n'empêchera personne de commettre des délits. Pour
nous, l'intervention humaine est préférable à une intervention
technologique.

Que craignez-vous exactement ?

Nous glissons peu à peu vers un système de dérive sécuritaire. D'abord
on remplace des hommes par des machines, alors que cela devrait
contribuer à des créations de poste, ensuite ces caméras s'ajoutent à
des dispositifs comme le fichage, le contrôle à outrance. Recueilli par
F.Ab.

« Les caméras peuvent limiter les infractions ou permettre d'identifier
des délinquants. Elles évitent de laisser des fonctionnaires en mission
statique devant des portes ».

Luc Escoda, secrétaire zonal du syndicat Alliance
Le chiffre : 58
Carte de la région:
http://www.ladepeche.fr/content/item/media/image/infographie/videosurveillance.jpg

caméras > A Montauban en 2012. A Montauban, il y a 33 caméras
essentiellement au cœur de la ville. Le conseil municipal a voté 25
caméras de plus. Elles seront installées progressivement jusqu'en 2012.
Expert : Luc Escoda, secrétaire zonal du syndicat Alliance police nationale
« Ça ne remplace pas un policier »

Secrétaire zonal de Midi-Pyrénées au sein du syndicat Alliance police
nationale, Luc Escoda porte un regard favorable, sur l'installation de
système de vidéosurveillance dans la région.

Quels avantages trouvez-vous aux caméras de surveillance ?

Il y en a beaucoup. Par exemple, elles évitent de mettre des personnels
de police en station devant un édifice public. De plus, sur certaines
zones criminogènes, elles peuvent dissuader les malfaiteurs de passer à
l'acte.

Vous pensez vraiment que la vidéosurveillance est utile pour lutter
contre la délinquance ?

Si les images sont enregistrées, oui. Sinon, cela n'a pas d'intérêt. Les
images ont souvent aidé à l'arrestation de voleurs à l'étalage, de
braqueurs. Elles permettent aussi d'avoir le signalement d'un individu
qui vient de commettre un délit ou un crime.

Montauban a décidé d'ajouter dans les prochaines années 25 caméras aux
33 déjà en place. Toulouse se pose des questions sur le bien fondé de ce
système.

Ce sont deux mairies de tendances totalement opposées. Elles n'ont
forcément pas la même approche du problème. Peut-être qu'à Toulouse, il
n'y a pas assez de caméras de vidéosurveillance. On verra quel système
est le plus efficace et lequel porte rapidement ses fruits dans la lutte
contre la délinquance et pour aider les enquêtes de police.

Propos recueillis par F. V.
« C'est une aide pour les enquêteurs »

Pour Luc Escoda, secrétaire zonal du sein du syndicat Alliance police
nationale, les systèmes de vidéosurveillance sont « une aide à l'enquête
». Ainsi, dans la région, plusieurs dossiers ont été bouclés grâce aux
caméras. À Montauban, fin 2008, un fromager du centre-ville se fait
braquer par un étudiant souffrant de problèmes physiques et
psychologiques.Le jeune homme prend la fuite d'une démarche claudicante
que les caméras de la police municipale immortalisent. Les services de
police le retrouvent quelques jours plus tard. Toujours dans la cité
d'Ingres, il y a quelques jours, un individu qui a volé des chaises à la
terrasse d'un café, puis cassé une bijouterie et enfin dérobé une
statuette sur la place Nationale a été interpellé grâce à la vidéo. À
Toulouse, début avril, une étudiante toulousaine avait été violée dans
la nuit alors qu'elle rentrait chez elle. L'homme a été repéré par les
caméras de surveillance dans le quartier Saint-Cyprien aux abords du
métro. En février dernier, place du Capitole, deux voleurs sont filmés
par les caméras de surveillance en train de piller un camion de
livraison. Le chauffeur avait le dos tourné quand les deux garçons ont
fait main basse sur des cartons contenant des téléviseurs. La scène est
suivie depuis le PC de la police municipale. Les auteurs ont été
interpellés quelques minutes plus tard.


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