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[actus_l] Vidéosurveillance à acceptation variable

http://owni.fr/2012/01/02/videosurveillance-a-acceptation-variable/

La chose serait entendue, à grands coups de sondage : les Français dans
leur grande majorité, sont favorables à la vidéosurveillance sur la voie
publique. Pour Murielle Ory, doctorante en sociologie sur
l’acceptabilité sociale de la vidéosurveillance à l’université de
Strasbourg, la réalité est beaucoup plus complexe. Ses recherches,
basées sur une enquête qualitative, montrent que l’acceptation varie
selon le contexte. Et in fine, “c’est la valeur que les vidéosurveillés
attribuent à l’image de leur corps dans les différents espaces filmés
qui apparaît en filigrane dans la construction d’un jugement sur la
légitimité de la caméra.”

Aujourd’hui, on a le sentiment que la vidéosurveillance est un outil
largement accepté, y compris sur la voie publique. Ce sentiment
reflète-t-il la réalité ?

Dans l’historique de la controverse publique sur la vidéosurveillance,
la légalisation de la caméra dans l’espace public a toujours été la plus
problématique aux yeux de la population vidéosurveillée. J’oppose lieu
public et lieu privé : mes enquêtés estiment que les propriétaires d’un
lieu privé, un supermarché, par exemple, sont libres de décider d’une
implantation. Le statut privé du lieu intervient dans le sens où le
vidéosurveillé peut considérer qu’il n’est pas chez lui, il est l’invité
du supermarché et n’a donc pas à interférer avec une décision
d’implantation.

À l’inverse, lorsqu’il s’agit de vidéosurveiller la rue, lieu public par
excellence, les choses sont moins évidentes parce qu’une partie de la
population éprouve un fort attachement à la rue, au mythe de la rue,
elle a une grande force symbolique. Le rejet ou l’acceptation varie en
fonction de l’usage qui en est fait.

Généralement, la vidéosurveillance est acceptée quand la rue est conçue
comme un simple couloir de circulation. Elle est refusée quand on la
considère comme un espace de rencontre, un espace de discussion ou un
lieu d’expression politique parce que la rue joue un rôle vital dans
l’exercice de la liberté d’opinion et d’expression. Dans les entretiens,
les références à l’occupation allemande apparaissent le plus souvent :
l’activité des résistants français aurait été impossible ou du moins
beaucoup plus compliquée si les vidéos de voie publique avaient été
présentes.

La vidéo de voie publique est rejetée par ceux qui disent vouloir vivre
leur ville et y séjourner. La vidéo devient un marqueur central de
possession, c’est-à-dire un objet placé au centre du territoire que le
surveillant veut s’approprier. Cette interprétation est renforcée par le
discours des porte-parole des polices qui présentent souvent la caméra
comme un outil utile pour reconquérir des territoires qui seraient
abandonnés à une population délinquante.

Une commande du ministère de l’Intérieur

La thèse de l’acceptation générale est donc discutable. Elle est
véhiculée par le champ médiatique et confortée par des sondages
d’opinion. L’enquête faite par Ipsos en 2007 pour le ministère de
l’Intérieur est très révélatrice des méthodes que ce type de sondage
utilise. Elle indique que 78% des personnes interrogées sont favorables
ou très favorables au développement de la vidéo dans les lieux publics
pour lutter contre l’insécurité et le terrorisme.

On peut s’étonner de l’imprécision des termes : qu’est-ce que le sondeur
entend par lieu public ? Parle-t-il d’un parking public ? D’un parc ?
D’une rue dans un quartier résidentiel ? Il suffit de nous projeter dans
ces trois espaces pour comprendre que l’impact de la caméra sur la
personne filmée n’est pas le même. L’usage de ces trois endroits est
différent. L’ensemble des réponses obtenues pour la même question varie
selon ce que le sondé entend par lieu public.

De plus, la question attribue d’emblée une fonction à la vidéo, la lutte
contre l’insécurité. Le débat entre “pro et anti” porte précisément sur
le type de motivation qui guide les décideurs de l’implantation et les
opérateurs ensuite. Pour les pro il s’agit de protéger la population,
pour les anti, de la surveiller. Je suis d’accord avec l’association
Souriez vous êtes filmés que cette question revient à dire si l’on est
pour ou contre l’insécurité et le terrorisme. Bien sûr que non donc
obligatoirement je devrais être pour la vidéosurveillance ! La réponse
est pré-mâchée et exclue toute possibilité de réflexion.

Après, c’est un fait qu’il n’a jamais existé aucun mouvement social
d’opposition de masse. On peut essayer de l’expliquer : la présence
d’une caméra peut être gênante, agaçante voire vide de sens mais au sens
strict, elle n’interdit aucune action. Une ville sous vidéo-surveillance
n’est jamais un espace de détention où la caméra prescrirait un type
déterminé de comportement. Un dispositif de vidéosurveillance ne
fonctionne pas comme un mur qui interdirait matériellement l’accès ou le
retrait d’une zone filmée. C’est pour cela que l’opposition reste
individuelle. Elle a pu être collective avec des associations comme
Souriez vous êtes filmés ou le Collectif de réappropriation de l’espace
public (Crep) à Strasbourg mais cela n’a jamais été un mouvement d’ampleur.

Comment définir un opposant à la vidéosurveillance ? Un partisan ?

Les deux partagent un trait commun : ils s’opposent au vidéosurveillé
indifférent, dans le sens où tous les deux estiment que rien ou presque
n’échappe à l’opérateur. Comme celui qui se croit en insécurité pense
que les écrans reliés aux caméras sont constamment observés, il
considère pouvoir compter sur l’intervention du surveillant en cas de
problème.

La même conviction est responsable de l’émergence de le sensation
d’oppression qui justifie le rejet de la vidéo. L’objectif de la caméra,
c’est l’œil ubiquiste1 de Big Brother dans la mesure où il symbolise la
puissance visuelle illimitée.

Ces deux catégories forment l’ensemble des surveillés, qui s’opposent
aux incrédules qui sont généralement indifférents à la
vidéosurveillance. Ils ne croient pas être observés par un opérateur car
ils ne croient pas en l’efficacité de la vidéosurveillance. Ils évoquent
l’utilisation d’un matériel qui serait peu performant qui fournirait des
images en noir et blanc de faible définition.
Croyances sur l’insécurité

Une série de croyances sur l’insécurité oppose aussi le pro et l’anti.
La pression du sentiment d’insécurité occupe une place centrale dans le
processus d’acceptation. Croire que l’insécurité urbaine est quelque
chose de diffus va généralement de paire avec une adhésion.

Plus précisément, le désaccord repose sur la question de la réalité de
l’insécurité. Pour le pro, la délinquance et les incivilités augmentent
ces dernières décennies alors que pour les anti, cette ambiance
sécuritaire est non justifiée parce que construite de toute pièce par
ceux qui trouvent un intérêt financier politique ou professionnel dans
un sentiment d’insécurité élevé.

Toutefois, la peur n’est pas suffisante pour justifier l’implantation de
la caméra. C’est là que les choses deviennent encore plus intéressantes.
On peut être convaincu qu’il existe un fort taux d’insécurité et refuser
tout de même la vidéo. Ce qui divise alors, ce sont les causes de la
violence et à partir de là le type de réponse à apporter pour réagir
efficacement. Ceux qui ont peur et sont partisans de la caméra tiennent
le délinquant ou le criminel pour seul responsable de ses actes et du
climat d’insécurité. Ils considèrent la prévention et le travail social
comme des réponses inefficaces à la violence et accusent de laxisme les
politiques qui y ont recours. Le recours à la vidéosurveillance dans sa
visée dissuasive et répressive est justifié.

À l’inverse, pour ceux qui ont peur mais sont anti, la violence est le
résultat de l’insécurité sociale : le chômage et les inégalités. Il n’y
a qu’un État social capable d’assurer l’autonomie de chacun qui pourra
agir efficacement sur la délinquance. La vidéosurveillance ne sert à
rien, au contraire, elle rajoute du sel sur la plaie causée par
l’exclusion parce que la caméra est un signe de menace et de défiance
vis-à-vis de la population, c’est un perpétuel rappel à l’ordre pour les
citoyens.

Existe-t-il des opposants ou des partisans à 100% ?

Je n’ai jamais rencontré un détracteur ou un partisan total. Un militant
anti peut être indifférent à la vidéosurveillance dans un supermarché
car elle peut être contournée mais si cela implique une réorganisation
plus ou moins contraignante des activités quotidiennes. Ce qui est
souligné, c’est que la multiplication des caméras dans des lieux
différents rend les tactiques d’évitement de plus en plus difficiles.

Un détracteur peut estimer que le sentiment d’insécurité que lui ou
d’autres éprouve dans un lieu est légitime. On peut se positionner
globalement contre la vidéosurveillance mais comprendre que dans un
parking souterrain les usagers et en particulier les femmes peuvent
avoir peur car il présente un fort degré de dangerosité.

A contrario, un partisan peut ne pas être d’accord lorsqu’il n’arrive
pas à lui attribuer un sens, par exemple si elle est installée dans un
café ou dirigée vers la terrasse d’un café. D’une part, on se sent
soi-même en sécurité. D’autre part, on voit mal l’intérêt du
propriétaire de l’établissement d’installer une caméra. Il est “stupide”
– c’est le terme de mes enquêtés – de s’équiper pour lutter contre le
vol des verres ou des cendriers. Se projeter sur la terrasse d’un café
entraine de la part des partisans deux réactions différentes. Soit de
l’indifférence, à la rigueur, on juge que c’est une perte d’argent. Soit
une réaction de rejet car si elle ne sert pas à protéger, elle doit
servir à surveiller, à épier diront certains, récolter de l’information
sur les individus.
On voit de plus en plus se développer des tiers-lieux, entre vie privée
et vie publique, comme par exemple les espaces pour manger dans les
supermarchés. Sont-ils perçus comme des lieux où la transparence est
acceptée ?

J’ai demandé à mes enquêtés de se projeter à la terrasse d’un café,
c’est un rejet quasi généralisé. Seuls deux enquêtés, pro caméras, me
disent être indifférents en invoquant la possibilité de fréquenter un
autre établissement si la caméra les gêne.

Cette opposition généralisée est motivée par la sensation déplaisante
liée au risque d’être fixé, épié par le surveillant. Pour le pro
vidéosurveillance sur la voie publique, la caméra n’est pas gênante car
il est déjà sous les yeux des autres passants : l’espace public est par
définition ouvert à la vue de tous. Pourtant en terrasse, les choses
sont différentes car cela revient à être immobile pendant un assez long
moment et cette immobilité favorise l’émergence du sentiment d’être
examiné. De même quand on attend devant un passage piéton ou lorsque
l’on fait la queue à la caisse d’un supermarché.
L’art du voir sans voir

C’est logique : le vidéosurveillé ne voit pas le surveillant mais il
sait que quand le temps d’exposition est long, l’opérateur a le temps de
le dévisager, alors qu’entre les clients du café, le clin d’œil doit
prévaloir. Il s’agit en fait d’un code d’interaction qui régit les
contacts populaires. La fixité d’un regard dans la vie quotidienne est
considérée comme déplacée voire grossière. Il y a donc rejet dans le
contexte de la terrasse car quand les gens savent ou croient qu’ils sont
fixés par la caméra, la détente et le plaisir sont exclus alors qu’ils
caractérisent précisément les activités réservées à cet endroit. C’est
comme sur une plage : l’ordre social repose sur l’art du voir sans voir,
selon l’expression du sociologue Jean-Claude Kaufmann. Le bien-être et
la distraction ainsi que la sauvegarde du caractère intime des
conversations passent par l’inattention civile, c’est-à-dire l’adoption
d’un comportement neutre, indifférent vis-à-vis de l’environnement. Dans
ce cadre, l’opérateur transgresse ces conventions.

Quels critères pour l’acceptation et le rejet se dégagent dans les
discours des enquêtés ?

La question de la confiance accordée au décideur de l’implantation
arrive d’abord, suivie de la confiance aux opérateurs pour utiliser la
vidéo dans son objectif officiel, avec bienveillance en faisant
prévaloir le souci du bien public. Être pro pour des raisons de sécurité
n’implique pas non plus forcément une renonciation à une certaine part
d’opacité, d’accepter de tout montrer de soi à l’opérateur. Ce qui est
rendu transparent, intelligible grâce à la caméra, ce n’est pas
l’individu surveillé mais le sens de la situation qu’il est en train de
vivre sous la caméra. Pour lui, ce que l’opérateur est à même de
comprendre, c’est que celui qu’il voit sur son écran est en train d’être
agressé par exemple.

Pour le détracteur, le système rend transparent la personne filmée
puisque la caméra permet de filmer toutes les informations issues de la
communication non verbale et cela sans rien révéler de lui en retour.

C’est ici qu’apparait l’argument phare du rien à cacher, avancé par les
partisans : si vous n’avez rien à cacher, la caméra ne devrait pas vous
déranger. Pour ceux qui font confiance aux professionnels de la
vidéosurveillance, ceux qui n’acceptent pas d’être filmés ne peuvent
être que ceux qui ont quelque chose à se reprocher sur le plan légal.
Cet argument suppose que les caméras sont implantées dans l’unique but
de repérer les délinquants et que les opérateurs font preuve d’intégrité
dans leur travail. Dans ce sens, on peut dire que les défenseurs de la
caméra ne conçoivent pas le regard surveillant comme étant susceptible
d’indiscrétion.
Ce qui explique qu’on assiste au développement des chartes de déontologie2…

Oui, de même la formation proposée aux opérateurs, qui est très courte,
cinq jours. C’est effectivement une question qui commence à prendre une
place importante dans le débat.

Sur le contre-argumentaire des anti, ils reprochent à leurs adversaires
de restreindre la question sur la dangerosité de la caméra au contexte
politico-judiciaire dans lequel ces systèmes sont implantés à l’heure
actuelle. Mais comment être certain que demain on ne commettra aucune
infraction à la loi parce que la définition de la légalité aura été
modifiée ? Ils pointent le caractère labile des limites de la légalité
donc l’impuissance et la vulnérabilité de tous les vidéosurveillés dans
un contexte de basculement de la démocratie vers la dictature.
“Le superflu précautionnaire”

L’éventail des informations que l’on peut considérer comme à cacher est
bien plus large que la commission d’actes illégaux : tout ce qui
concerne la vie privée, l’intimité ou les manières d’exercer les
libertés individuelles et collectives. Les limites de l’argument du rien
à cacher résident dans ce que le sociologue Michalis Lianos appelle “le
superflu précautionnaire”3: toutes les informations récoltées par le
dispositif sur des comportements qui ne concernent en aucun cas les
finalités institutionnelles réservées au dispositif. Le superflu
précautionnaire réside de la capacité technique de la caméra à filmer et
enregistrer tout ce qui se déroule dans son champ.
Naguère phénomène urbain, la vidéosurveillance est maintenant aussi
acceptée à la campagne. Pourquoi ce clivage s’est-il dilué ?

Aujourd’hui, la grande majorité de la population, urbaine ou rurale, des
pays riches et développés, se voient régulièrement sur une image :
photographie, image de caméscope, on utilise son téléphone portable,
Facebook ou Photoshop pour se mettre en scène. C’est encore plus vrai
pour les jeunes qui se construisent dans les images. Cette mise en scène
de soi, avec une diffusion dans toute la société de ces dispositifs de
captation d’image, explique en partie l’acceptation ou l’indifférence
face à la vidéo. D’une part parce qu’elle participe à la banalisation de
l’objet caméra, de l’expérience qui consiste à être filmé de façon
répétée et se voir de plus en plus couramment sur une image fait reculer
les tendances à ce que l’on pourrait appeler l’iconophobie.

D’autre part, il y a un phénomène d’autoéducation, un développement de
l’intelligence des personnes par rapport à l’exactitude des images.

Enfin, toute la population accède à ce que Lianos appelle “le monde
médiatique du crime” qui fournit au spectateur des représentations du
monde physiquement violent. Il faut entendre par cette expression tout
particulièrement la télévision puisqu’il a été montré que la
présentation par la télévision des violences urbaines influence le plus
les représentations de l’insécurité des Français. La peur de victimation
c’est-à-dire la peur pour la sphère intime de la personne, le corps et
les espaces destinés au corps, se construit beaucoup moins à partir de
l’expérience directe de la violence physique que des images fournies sur
cette violence. D’ailleurs, être victime d’une infraction violente est
une expérience relativement rare. Les crimes violents enregistrés par la
justice concernent surtout les personnes les plus défavorisées. Pourtant
la peur de victimation augmente dans toutes les classes sociales.

cameras neuves
Est-ce l’acceptation politique qui précède l’acceptation par la société
? Ou l’inverse ? Ou est-ce un mouvement de va-et-vient d’une sphère à
l’autre ?

Il est essentiel de reconsidérer cette idée d’une acceptation
quasi-généralisée que les médias et les politiques tiennent pour acquis.
Quand les politiques décident d’installer de la vidéosurveillance, cette
idée d’acceptation est très importante puisqu’elle permet dans une
société démocratique de légitimer leur décision. Et les enquêtes dites
d’opinion publique, sensées recueillir l’avis de la majorité des
Français, viennent régulièrement fournir des chiffres chocs et conforter
cette croyance en l’acceptation généralisée de la vidéo.

Néanmoins, l’acceptation sociale détermine aussi l’acceptation
politique. Il existe une demande réelle de la part d’une partie de la
population. C’est une conséquence de la peur de victimisation. Faire
l’éloge de la vidéo et en fournir à une population qui se sent menacée
permet au politique de flatter l’électorat.

L’inverse est aussi vrai. C’est le cas par exemple lorsque les
politiques soutiennent l’idée de l’efficacité de la vidéosurveillance
dans la lutte contre la délinquance. La population est incapable de
statuer une bonne fois pour toute sur cette question, les enquêtés sont
bien conscients qu’il s’agit d’une question de spécialiste. Le problème
en France est qu’aucune étude sérieuse sur l’efficacité de la
vidéosurveillance dans une visée répressive ou dissuasive n’a été menée
et rendue publique.
Récemment, la Cour des comptes a publié un rapport très critique sur la
vidéosurveillance, les finances des collectivités territoriales sont en
berne. Dans cette situation, peut-on imaginer qu’une municipalité
débranche ses caméras ?

Non, je ne crois pas. Électoralement parlant, ce n’est pas envisageable.
La peur de victimation est telle que la population ne comprendrait pas
ce retour en arrière. D’un point de vue strictement financier, avoir
investi tant d’argent pour revenir en arrière signerait l’échec de leur
engagement et de leur décision.


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