caeparis | 1 Mar 2005 02:18
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Compte rendu de l'a éroport et procè s du 2 mars

Ce dimanche (27 février 2005) nous étions une dizaine à nous rendre à
l'aéroport de Roissy pour y distribuer le tract joint.
Nous avons balladé les flics dans les aérogares et à la cantine du
personnel. Malgré leur présence nous avons diffusé aux comptoirs les tracts
qui appellent notamment au procés de passagers, pour rappel ce procés aura
lieu le mercredi 2 mars à 13h au tribunal de Bobigny à la 15ème chambre.
Des passagers maliens nous ont assurés qu'ils transmettraient ce texte au
personnel de la zone internationale à laquelle nous ne pouvons avoir accès.

Le tract:

Il ne tient qu¹à vous de ne plus être
un rouage de la machine à expulser

La quasi totalité des expulsions de sans-papiers par avion se fait lors de
vols commerciaux. Depuis 1998 nous nous organisons pour faire dérailler la
machine à expulser en intervenant aux aéroports et ainsi tenter de nous
attaquer à la dernière étape, indispensable au dispositif, des expulsions.
En expulsant sur un vol commercial, la police prend en effet le risque de
voir les passagers et/ou le personnel s¹y opposer comme cela a été le cas à
de nombreuses reprises.
Face à cette solidarité diffuse entre les passagers et les expulsés, la
police a quelques fois, quand cela lui était possible sans trop de
difficultés, débarqué les passagers s¹opposant à l¹expulsion et demandé à ce
qu¹ils soient poursuivis devant les tribunaux. Air France a choisi de
collaborer à cette pratique en demandant à ces passagers des dommages et
intérêts pour les retards occasionnés aux vols par l¹expulsion et
l¹intervention de la police ­ sans doute pour démontrer que la compagnie
pouvait ajouter au cynisme une rare éléganceŠ
Il ne tient qu¹à vous de ne plus être un rouage de la machine à expulser.

« Mais ce n¹est pas notre problème »
Vous savez qu¹une expulsion, même si elle se déroule dans le calme, ne se
passe jamais bien : sinon à quoi bon entraver les expulsés, les bâillonner
ou les contraindre au calme par le rappel constant du risque de se retrouver
en prison pour refus d¹embarquement ? Sinon pourquoi donc tant de
sans-papiers résistent-ils ? Vous et vos collègues en sont les témoins
quotidiens. Ca nous regarde : la passivité des passagers et des employés des
compagnies aériennes est un rouage nécessaire aux expulsions.
Le contrôle et l¹exploitation des sans-papiers nous concerne tous. A
l¹aéroport comme ailleurs, nos conditions de vie et de travail sont
inextricablement liées : ce sont les mêmes policiers qui nous contrôlent,
les mêmes tribunaux qui nous condamnent, les mêmes dispositifs qui entendent
gérer nos vies, nos déplacement, nos activités.

« Si ce n¹est pas nous qui le faisons, d¹autres le feront »
Les expulsions nécessitent un ensemble de moyens logistiques. L¹Etat ne
pourra pas du jour au lendemain expulser tous les sans-papiers par charter :
il n¹en a pas les moyens. Empêcher les expulsions lors de vols commerciaux
c¹est ralentir ce mécanisme et peut-être un jour, pourquoi pas, le mettre en
échec.

« Mais on ne peut rien faire  »
En Hollande, près de 700 employés d¹un aéroport ont été arrêtés parce qu¹ils
sont soupçonnés d¹avoir facilité l¹entrée sur le territoire de milliers de
sans-papiers. En France, des passagers s¹opposent régulièrement aux
expulsions et il est courant que des pilotes refusent d¹embarquer des
sans-papiers. Il est possible d¹agir massivement dès aujourd¹hui contre les
expulsions en jouant sur les faiblesses du dispositif et en s¹organisant.
D¹une part, la législation actuelle laisse une marge de man¦uvre au
commandant de bord : les conventions internationales lui assurent qu¹il est
seul maître à bord et dispose, lui et seulement lui, des pouvoirs de police.
Il est en position de cautionner ou non le débarquement et l¹inculpation de
passagers. Il n¹est aucunement obligé de céder aux injonctions de la police
de l¹air et des frontières. C¹est ce principe que sont venus rappeler un
commandant, des membres du personnel de bord et un syndicat de pilotes lors
d¹un récent procès (reporté en mars à cause de l¹absence des policiers au
tribunal). Vous pouvez donc, sur chaque vol où est prévue une expulsion,
intervenir auprès du commandant de bord pour ne pas collaborer avec la
police. 
D¹autre part, vous pouvez aussi vous organiser pour que votre compagnie
cesse de participer aux expulsions. Air France et les autres sont des
compagnies commerciales et le jour où les passagers et les personnels
refuseront activement les expulsions, le jour où expulser posera plus de
problèmes commerciaux et internes que de ne pas le faire, ces compagnies
cesseront.

Vous pouvez encore continuer à travailler comme tous les jours, assister
sans rien pouvoir faire aux expulsions, choisir par votre passivité de
laisser les expulseurs continuer leur sale besogne. Quant à nous, nous
préférons faire le pari que vous déciderez que cela a assez duréŠ

RENDEZ-VOUS AU TRIBUNAL DE BOBIGNY 15ème chambre
POUR LE PROCES DE PASSAGERS SOLIDAIRES :
MERCREDI 2 MARS ­ 13 H

NI PRISON, NI RETENTION, NI EXPULSION
LIBERTE DE CIRCULATION ET D¹INSTALLATION
DES PAPIERS POUR TOUS OU PLUS DE PAPIERS DU TOUT

Collectif Anti Expulsions
 21 ter rue Voltaire Paris XIème
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