Gérard Vallerey | 3 Jul 16:19
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Fw: [infozone_l] autre recit de la fin du cra de vincennes


----- Original Message ----- 
From: <tikay@...>
To: <infozone_l@...>
Sent: Thursday, July 03, 2008 3:57 PM
Subject: [infozone_l] autre recit de la fin du cra de vincennes

>
> Samedi 28 juin 2008.
> Témoignage de l'incendie du centre de rétention de Vincennes par un
> retenu du CRA 1 aujourd'hui au centre de rétention de Lille.
>
> « Samedi, on a vu par la fenêtre et à travers la grille qu'ils ont
> transféré le corps [de la personne décédée dans le CRA 2].
> Dimanche ça a commencé vers 15h, il s'est passé quelque chose dans un
> autre bâtiment, ça a brulé.
> Il y a eu une bagarre avec les policiers vers 15h. Je voyais deux
> policiers, ils étaient énervés, ils ont appelé quelqu'un. Ils sont
> venu le chercher par la force pour aller au consulat ou au tribunal,
> je sais pas. Les autres [des retenus] n'étaient pas contents de la
> façon dont ils l'ont pris.  Ils ont crié sur les policiers, ils ont
> pris des pierres et les ont jetées sur les policiers dans la cour. Je
> ne sais pas comment ils ont eu ces pierres. Les policiers ont lancé
> des gaz, c'est là que ça a commencé. Il y avait presque tout le monde
> sauf ceux qui étaient à l'intérieur.
> Quand la bagarre a commencé, j'ai donné des conseils pour pas faire la
> bagarre. Je ne me suis pas approché des policiers. Je me suis sauvé
> dès le début, il y avait des cameras partout, je voulais pas qu'elles
> me prennent. J'ai pris mes affaires, mes documents, je suis passé au
> réfectoire, d'autres sont restés devant les grilles, les policiers ont
> lancé les gaz, tout le monde a commencé à paniquer, on s'inquiétait.
> J'ai vu les fumées du feu, tout le monde a paniqué. On a couru dans
> tous les sens, certains ont cassé un peu tout, des vitres, des
> caméras. Les policiers se sont sauvés quand ils ont vu le feu, ils
> nous ont laissés seuls. Après, les pompiers sont venus éteindre le
> feu. Ils sont venus un peu en retard. S'ils étaient venus plus tôt,
> ils auraient pu arrêter le feu. On savait pas où aller. Les CRS sont
> venus. Ils ont essayé de mettre des barrières pour que personne ne se
> sauve par la porte, beaucoup n'avaient plus de force. Je n'ai pas vu
> de policier taper quelqu'un, on ne voyait pas tellement. Il y avait de
> la fumée qui venait de l'autre bâtiment. Les policiers nous ont
> emmenés jusqu'au gymnase, nous avons couru jusque là bas pour nous
> protéger du feu.
> On s'est retrouvé dans le gymnase. Le feu continuait à flamber. Ceux
> qui toussaient se sont couchés par terre. Les pompiers sont allés
> donner un coup de main, ils nous donnaient de l'eau pour laver notre
> figure. On ne nous a pas gazés dans le gymnase mais il restait des gaz
> du CRA 1, l'effet dure longtemps.
> On est resté 30 à 40 minutes dans le gymnase. Il y avait des policiers
> derrière nous. Il y a avait le Samu. Après sont arrivés la Croix Rouge
> et Médecins Sans Frontières, ils nous ont parlé et donné de l'eau,
> ils étaient un peu nombreux, presque une dizaine, tous en uniforme
> sans quoi ils n'auraient pas pu rentrer dans le centre.
> Vers 17 heures, ils nous ont sortis dans la cour [de l'école de
> police].  Les gens nous donnaient de l'eau. On est resté là bas
> jusqu'au moment ou ils nous transférés dans les autres centres de
> retention.
> Quand l'[ex]maire de Montreuil [Brard] est venu, ils nous ont dit de
> désigner un délégué pour parler avec l'[ex]maire et le préfet de
> Paris. Koné [mis ce jour là en garde à vue et inculpé depuis mercredi
> pour dégradation, en liberté en attendant le procès] s'est porté
> volontaire. Il est parti tout seul avec les policiers et l'[ex]maire
> de Montreuil. L'[ex]maire nous soutenait, il voulait qu'on nous
> libère. Le préfet ne voulait pas. Ils ont fait une réunion qui n'a pas
> abouti. Ils sont rentrés chez eux après la réunion, ils ne nous ont
> pas tenus informés de ce qu'ils avaient convenu.
> Vers 20 heures ou 21 heures, ils nous ont dit d'aller manger. Certains
> y sont allés,  moi pas, j'étais fâché. On avait peur, on ne savait pas
> ce qu'ils allaient nous faire en y allant. Ceux qui sont allés manger
> sont revenus après.
> Avant de nous amener aux cars, ils nous ont amenés 4 par 4 à
> l'accueil. Là, ils nous ont pris notre carte [qui leur était remise à
> leur entrée dans le centre de Vincennes], notre dossier, notre nom.
> Ils nous ont dit qu'ils nous ramèneraient dans le gymnase. Ils ne nous
> ont pas dit qu'on allait être transférés.
> On a été les derniers à partir (pour Lille), il ne restait personne là 
> bas.
> Je n'ai pas entendu parler de quelqu'un qui serait mort ce jour là.
>  Chaque personne était accompagnée  par des CRS pour aller dans le
> bus. Ils ne nous ont rien donné à manger ou à boire pendant le voyage.
> On est arrivé au CRA de Lille à 5 heures du matin. On a mangé l'après
> midi. Ici il fait froid, il n'y a pas de chauffage. Dans les douches
> l'eau est très chaude il n'y a pas d'eau froide.
> La Cimade essaie de nous faire libérer mais les juges refusent. Ce
> matin, on a eu une réponse négative à notre recours. Comme on est
> samedi, la Cimade n'est pas dans le centre, ce sont les policiers qui
> nous ont donné une feuille à signer. »
>
> fermeturetention@...
>
>
>
>          .
>          .
>          .
>
> I    N    F    O    Z    O    N    E
>          .
>          .
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>
>   s a m i z d a t . n e t
>   administration : samizdat AT samizdat.net
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>   message sur la liste : infozone_l@...
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