4 Jul 21:29
Compte-rendu de la manif contre le Centre de rétention à Sète
From: Antoine <shortcuts@...>
Subject: Compte-rendu de la manif contre le Centre de rétention à Sète
Newsgroups: gmane.politics.activism.zpajol
Date: 2008-07-04 19:32:35 GMT
Subject: Compte-rendu de la manif contre le Centre de rétention à Sète
Newsgroups: gmane.politics.activism.zpajol
Date: 2008-07-04 19:32:35 GMT
*Compte-rendu de la manif contre le Centre de rétention à Sète* *(Le 4 juillet 2008)* Compte-rendu de la manif contre le Centre de rétention à Sète Sète, 14 heures, un cortège commence à se constituer. Une demi-heure plus tard il s’ébranle et parcours les rues du centre ville. Il se dirige alors vers le centre de rétention au son de slogans comme « pierre par pierre, mur par mur, détruisons les centres de rétentions (ou toutes les prisons) », « ni prisons, ni frontières, ni centres de rétentions » ou « des papiers pour tous (ou pour personne !) ». Passant par le quartier alloué aux immigrés, des rencontres se font. Petit à petit le cortège grandit. C’est environ 150 personnes qui se retrouvent devant le Centre de rétention de Sète. Là, un vacarme de ¾ d’heure vient saluer les sans-papiers enfermés (au nombre de 5 à ce moment, cantonnés dans une pièce d’où il leur est impossible de communiquer avec l’extérieur). Les slogans répondent aux pétards et fusées. Le portail est repris aux flics et sera tambouriné pendant un long moment... sans céder ! Le cortège repart alors en direction du port, laissant derrière lui quelques traces de son passage (tags, collages...). Un bateau de la compagnie COMANAV est à quai. Celle-là même qui régulièrement collabore avec l’Etat pour les expulsions. Les vigiles s’empressent de fermer la plate forme d’accès. Des tracts sont alors distribués aux personnes embarquant. Le cortège repart ensuite vers le centre-ville, avant de se disperser. La police tourne pendant un moment et en profite pour effectuer quelques contrôles. Tract diffusé à cette occasion Non aux expulsions et aux centres de Rétentions Lors des nombreux contrôles d’identité auxquels ils sont exposés, les sans-papiers se voient emmenés au commissariat, pour des gardes à vue de 24 heures (renouvelables). Ils sont ensuite conduis au centre de rétention, pour une durée de 2 jours. Ils passent alors devant le Juge des Libertés et de la Détention qui les renvoient pour 15 jours en rétention, opération renouvelable une seconde fois. Au bout de ces 32 jours, les sans-papiers sont expulsés, libérés pour quelques-uns, ou alors passent en procès pour refus de coopérer à l’expulsion. Condamnés alors à 6 mois fermes, assorti d’une interdiction du territoire de 3 ans à 10 ans, ils sont ensuite expulsés : c’est la double peine. Samedi 21 juin, un sans papiers est mort dans le centre de rétention de Vincennes. Dans la nuit des émeutes démarrent dans le centre. Le lendemain, à partir de 15 h, des incendies se déclarent et détruisent totalement le centre de rétention. Un rassemblement se tient devant le centre à ce moment, Il y a alors 293 retenus dans le centre. Deux sont accusés d’incitation à l’émeute et à l’incendie et ont été transférés en prison. 18 ont été blessés et une quarantaine ont été libérés (en date du 26). Les autres sont dispersés à Nîmes (100 personnes), Lille, Rouen, Palaiseau et au dépôt du tribunal de Paris. Cette émeute éclate dans un contexte où la situation dans les centres de rétention est de plus en plus dure. C’est la conséquence d’une politique européenne de répression accrue contre les immigrés. L’Etat français et l’Europe mènent leur guerre aux migrants, à coup de barbelés et de pa-trouilles militaires aux frontières et au-delà, comme en Libye, en Mauritanie ou au Maroc (où les pouvoirs locaux sont chargés de bloquer l’immigration vers l’Europe), à coup de rafles dans les quartiers populaires, de descentes sur les lieux de travail ou dans les écoles, de contrôles au faciès, d’enfermements et d’expulsions. Dernièrement, une directive européenne porte la durée de rétention à 18 mois tout en systématisant une interdiction de territoire de 5 ans. L’Europe organise ses remparts contre les migrants, en renforçant ses frontières extérieures comme en Pologne, en Grèce ou en Espagne et en subventionnant les politiques de contrôles et des centres de rétention dans les pays « limitrophes », de la Turquie au Maroc. Politique qui tue des milliers de personnes chaque année. Cette pression exercée sur les étrangers sert principalement à précariser une grande quantité de travailleurs pour leur faire accepter des conditions de travail et des payes de misère ; pour le profit des patrons et de l’économie. Les frontières sont et ont toujours été plus ou moins perméables en fonction des besoins de mains d’oeuvre. L’Europe se dirige aujourd’hui vers une politique de quotas pays par pays, sélectionnant les qualités de ses travailleurs en fonction de leurs nationalités. Elle développe les cartes de séjour pour la durée d’un contrat de travail, n’hésitant pas à procéder aux expulsions juste avant la paye. Cette politique qui vise à précariser une partie du prolétariat, la plus démunie, est parallèlement un moyen de pression sur tous les pauvres. L’esclavage salarial que les sans-papiers et les immigrés en général doivent accepté (le renouvellement de la carte de séjour étant lié à un emploi) permet aux patrons de demander plus et d’offrir moins à tous leurs employés. La division, orchestrée par l’Etat, les syndicats, les médias... fait le reste du travail. Nous manifestons aujourd’hui devant le centre de rétention de Sète pour soutenir les sans-papiers dans leur lutte. En solidarité avec les inculpés et incarcérés de la guerre sociale. Contre ce monde du fric, des flics et des frontières. C’est beau comme un centre de rétention qui brûle Solidarité avec les sans papiers Fermeture de tous les centres de rétention et de tous les lieux d’enfermement Liberté pour tous les prisonniers kalimerosouslesoleil@... 4 juillet 2008 _____________________________________________ ZPAJOL liste sur les mouvements de sans papiers * abonnement/desabonnement via le web a <http://listes.rezo.net/mailman/listinfo/zpajol/> * abonnement par mail : ecrire a zpajol-on@... * desabonnement par mail : ecrire a zpajol-off@... * archives : <http://news.gmane.org/gmane.politics.activism.zpajol>
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