Antoine | 4 Jul 21:29
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Compte-rendu de la manif contre le Centre de rétention à Sète

  *Compte-rendu de la manif contre le Centre de rétention à Sète*
*(Le 4 juillet 2008)*

Compte-rendu de la manif contre le Centre de rétention à Sète

Sète, 14 heures, un cortège commence à se constituer. Une demi-heure 
plus tard il s’ébranle et parcours les rues du centre ville. Il se 
dirige alors vers le centre de rétention au son de slogans comme « 
pierre par pierre, mur par mur, détruisons les centres de rétentions (ou 
toutes les prisons) », « ni prisons, ni frontières, ni centres de 
rétentions » ou « des papiers pour tous (ou pour personne !) ». Passant 
par le quartier alloué aux immigrés, des rencontres se font. Petit à 
petit le cortège grandit.

C’est environ 150 personnes qui se retrouvent devant le Centre de 
rétention de Sète. Là, un vacarme de ¾ d’heure vient saluer les 
sans-papiers enfermés (au nombre de 5 à ce moment, cantonnés dans une 
pièce d’où il leur est impossible de communiquer avec l’extérieur). Les 
slogans répondent aux pétards et fusées. Le portail est repris aux flics 
et sera tambouriné pendant un long moment... sans céder ! Le cortège 
repart alors en direction du port, laissant derrière lui quelques traces 
de son passage (tags, collages...). Un bateau de la compagnie COMANAV 
est à quai. Celle-là même qui régulièrement collabore avec l’Etat pour 
les expulsions. Les vigiles s’empressent de fermer la plate forme 
d’accès. Des tracts sont alors distribués aux personnes embarquant. Le 
cortège repart ensuite vers le centre-ville, avant de se disperser. La 
police tourne pendant un moment et en profite pour effectuer quelques 
contrôles.

Tract diffusé à cette occasion

Non aux expulsions et aux centres de Rétentions

Lors des nombreux contrôles d’identité auxquels ils sont exposés, les 
sans-papiers se voient emmenés au commissariat, pour des gardes à vue de 
24 heures (renouvelables). Ils sont ensuite conduis au centre de 
rétention, pour une durée de 2 jours. Ils passent alors devant le Juge 
des Libertés et de la Détention qui les renvoient pour 15 jours en 
rétention, opération renouvelable une seconde fois. Au bout de ces 32 
jours, les sans-papiers sont expulsés, libérés pour quelques-uns, ou 
alors passent en procès pour refus de coopérer à l’expulsion. Condamnés 
alors à 6 mois fermes, assorti d’une interdiction du territoire de 3 ans 
à 10 ans, ils sont ensuite expulsés : c’est la double peine.

Samedi 21 juin, un sans papiers est mort dans le centre de rétention de 
Vincennes. Dans la nuit des émeutes démarrent dans le centre. Le 
lendemain, à partir de 15 h, des incendies se déclarent et détruisent 
totalement le centre de rétention. Un rassemblement se tient devant le 
centre à ce moment,

Il y a alors 293 retenus dans le centre. Deux sont accusés d’incitation 
à l’émeute et à l’incendie et ont été transférés en prison. 18 ont été 
blessés et une quarantaine ont été libérés (en date du 26). Les autres 
sont dispersés à Nîmes (100 personnes), Lille, Rouen, Palaiseau et au 
dépôt du tribunal de Paris.

Cette émeute éclate dans un contexte où la situation dans les centres de 
rétention est de plus en plus dure. C’est la conséquence d’une politique 
européenne de répression accrue contre les immigrés. L’Etat français et 
l’Europe mènent leur guerre aux migrants, à coup de barbelés et de 
pa-trouilles militaires aux frontières et au-delà, comme en Libye, en 
Mauritanie ou au Maroc (où les pouvoirs locaux sont chargés de bloquer 
l’immigration vers l’Europe), à coup de rafles dans les quartiers 
populaires, de descentes sur les lieux de travail ou dans les écoles, de 
contrôles au faciès, d’enfermements et d’expulsions. Dernièrement, une 
directive européenne porte la durée de rétention à 18 mois tout en 
systématisant une interdiction de territoire de 5 ans.

L’Europe organise ses remparts contre les migrants, en renforçant ses 
frontières extérieures comme en Pologne, en Grèce ou en Espagne et en 
subventionnant les politiques de contrôles et des centres de rétention 
dans les pays « limitrophes », de la Turquie au Maroc. Politique qui tue 
des milliers de personnes chaque année.

Cette pression exercée sur les étrangers sert principalement à 
précariser une grande quantité de travailleurs pour leur faire accepter 
des conditions de travail et des payes de misère ; pour le profit des 
patrons et de l’économie. Les frontières sont et ont toujours été plus 
ou moins perméables en fonction des besoins de mains d’oeuvre. L’Europe 
se dirige aujourd’hui vers une politique de quotas pays par pays, 
sélectionnant les qualités de ses travailleurs en fonction de leurs 
nationalités. Elle développe les cartes de séjour pour la durée d’un 
contrat de travail, n’hésitant pas à procéder aux expulsions juste avant 
la paye.

Cette politique qui vise à précariser une partie du prolétariat, la plus 
démunie, est parallèlement un moyen de pression sur tous les pauvres. 
L’esclavage salarial que les sans-papiers et les immigrés en général 
doivent accepté (le renouvellement de la carte de séjour étant lié à un 
emploi) permet aux patrons de demander plus et d’offrir moins à tous 
leurs employés. La division, orchestrée par l’Etat, les syndicats, les 
médias... fait le reste du travail.

Nous manifestons aujourd’hui devant le centre de rétention de Sète pour 
soutenir les sans-papiers dans leur lutte. En solidarité avec les 
inculpés et incarcérés de la guerre sociale. Contre ce monde du fric, 
des flics et des frontières.

C’est beau comme un centre de rétention qui brûle
Solidarité avec les sans papiers
Fermeture de tous les centres de rétention et de tous les lieux 
d’enfermement
Liberté pour tous les prisonniers

kalimerosouslesoleil@...
4 juillet 2008

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