Janos | 10 Oct 09:57
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A fiché, fiche, fichera -Résistons ensemble, octobre 2008, N° 68

Bonjour,

Voici le N° 68, OCTOBRE 2008, du petit journal mobile recto-verso A4
"RESISTONS ENSEMBLE" du réseau contre les violences policières et
sécuritaires. Il est destiné à être photocopié et à être diffusé
localement.
Vous pouvez télécharger en format pdf, avec mise en page sur le site du
réseau : http://resistons.lautre.net/
Si le journal vous plaît vous êtes invitEes à participer à son
élaboration, à sa rédaction, à se joindre à l'équipe de rédaction. Nous
attendons vos contributions, propositions, critiques ...
à bientôt.
L'équipe de réaction

Visitez le site du réseau : tous les numéros de RE à télécharger, guides
juridiques, nouvelles, inscription aux listes de diffusion ....
http://www.resistons.lautre.net

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SOMMAIRE :

- A fiché, fiche, fichera
- La cassation de la cassation !
- Inculpations suite aux incendies des centres de rétention :
l’injustice suit son cours
- [ S U R L E V I F ]
L’enfer du Nord
- [C H R O N I Q U E D E L ‘A R B I T R A I R E]
Que vaut la vie d’Illiès ?
Enrayons la machine à expulser !
Abou Bakari Tandia, du nouveau…
Le fichage des « non chrétiens »
Pas de « bavure »…
Rouillan, tais-toi ou c’est la perpète !
Police vs. antifascisme
- [ A G I R ]
Hakim Ajim avait 22 ans
Report du procès des manifestants de Fresnes
N’oublions pas Marina Petrella
Offense présidentielle
Le sécuritaire ne nous fera pas taire !
Freedom not fear

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RESISTONS ENSEMBLE / bulletin numéro 68 / octobre 2008

A fiché, fiche, fichera
C’est la gauche, en 1991, qui a créé l’ancêtre du fichier Edvige des RG.
Mais depuis toujours l’État fiche. C’est normal. Pour maintenir l’ordre
social il a besoin de savoir, en vue de contrôler et réprimer toutes les
déviations, résistances et oppositions. Les développements
technologiques ont évidemment rendu plus large, plus facile, plus
pénétrant le fichage. Aujourd’hui on est aussi fiché quand on se déplace
(Navigo), on se soigne (carte de sécu), par la biométrie (ADN), par
l’Internet, les portables, la vidéosurveillance... et demain les
nanotechnologies.
Le PS parle de « recul » et Bayrou de « victoire de la démocratie » pour
le remaniement d’Edvige, mais ils la ferment sur Cristina au nom de la
sécurité nationale. Il n’y a pas de victoire. Divisé, renommé, ce
fichier de plus reste.
Cependant, jusqu’ici le sécuritaire était une autoroute pour les
gouvernements dans la démagogie électorale. Lois répressives,
réaménagement urbain, fichage génétique, peines planchers… tout passait
sans gros accroc. Mais derrière la tempête médiatique il y a du nouveau.
Pour la première fois depuis longtemps « l’insécurité » paye moins. Les
politiciens s’agitent parce qu’ils ressentent un ras-le-bol populaire.
Les signatures massives contre Edvige révèlent que face aux réalités
quotidiennes de la population (spéculation immobilière, chômage,
salariat précaire et abrutissant, isolement…) une idée positive
commencerait à frayer son chemin : le tout sécuritaire n’est pas une
solution à la misère, mais au contraire l’outil pour la perpétuer. Ce
mécontentement est encore diffus, sans expression politique claire, mais
il est porteur d’espoir. Et ça ne traîne pas. Chez Renault à
Sandouville, les ouvriers en grève ont empêché Sarkozy de faire son
baratin. Il a dû envoyer 200 gardes mobiles à l’intérieur de l’usine
pour les refouler.

La cassation de la cassation !
Poursuivi depuis 2002 par le ministère de l’intérieur pour diffamation,
Hamé (La Rumeur) a été relaxé le 23 septembre 2008 par la cour d’appel
de Versailles après un arrêt de renvoi de la cour de cassation. Trois
jours après la relaxe, on apprend qu’il y a un second pourvoi en
cassation. La cassation de la cassation, fait rare voire unique en
matière de presse !
Ici il ne s’agit pas seulement de liberté d’expression mais aussi
d’invoquer la légitimité de débattre « sans tabou sur les pages sombres
de l’histoire de la police française ». Lorsqu’il s’agit de dénoncer les
exactions de la police française depuis ces 50 dernières années (les
ratonnades, les assassinats du 17 octobre 1961, les violences policières
dans les quartiers…), le ministère de l’intérieur sort les crocs, fait
pression sur la justice et harcèle ceux qui font état de vérités
historiques et qui exigent que ces dernières soient reconnues.
On parle de cette affaire aux Etats-Unis, en Espagne, en Allemagne… mais
en France pas un mot ou si peu ! Où sont passés les grands défenseurs de
la liberté d’expression ? Où est passée l’indépendance de la presse ?
Par contre cette affaire illustre que la justice peut, trop rarement,
agir en toute indépendance, en dépit des pressions politiques sur ce
dossier.
Quand la police aboie et que la presse se tait, nous soutenons la Rumeur !
Pour signer la pétition et avoir plus d’infos : http://www.la-rumeur.com

Inculpations suite aux incendies des centres de rétention : l’injustice
suit son cours
Ce mois-ci, quatre militants pro-sans papiers de la région parisienne et
une militante de Tours ont été convoqués devant la police, avec mandat
d’amener si non présentation, dans le cadre de l’enquête menée suite à
la plainte qu’Hortefeux a déposée après le début d’incendie du camp de
rétention du Mesnil Amelot le 2 août. Quant aux inculpés sans papiers
accusés d’avoir mis le feu au centre de rétention de Vincennes en juin
dernier, ils ont été auditionnés par le juge d’instruction. Une
trentaine de personnes sont allées devant les bureaux des juges
d’instruction. Là, elles ont témoigné bruyamment leur soutien aux
inculpés en criant : « Ni prison ni rétention, liberté pour les
sans-papiers ». Si procès il devait y avoir ce devrait être celui des
centres de rétention et des politiques migratoires et non celui de ces
quatre hommes prélevés parmi les retenus révoltés, mais s’ils n’ont pas
eu besoin de nous pour se révolter, ils ont maintenant besoin de nous
pour les soutenir. Il ne faut pas les oublier. Envoyez vos chèques de
soutien à l’ordre de CICP-Vincennes, à CICP-Vincennes, 21ter rue
Voltaire, 75011 Paris.

> [ S U R L E V I F ]

L’enfer du Nord
À Calais, porte close vers l’Angleterre, la fermeture du camp de
Sangatte fin 2002 a poussé les réfugiés indésirables à la périphérie,
dans les bois, invisibles, à la merci de la police.
Le 15 septembre une lettre publique écrite par Temesghen B. et traduite
par Sylvain G. est diffusée. Le réfugié érythréen raconte « la jungle »,
« annexe de l’enfer. Oui, doivent être jugés la France et aussi
l’Europe, dont les politiques font que nous vivons pire que des chiens.
Dog life. Not an European dog. An African dog ! Oui, d’ici je vous écris
pour vous dire ce que vous savez déjà : nous sommes jour après jour
pourchassés, gazés, arrêtés, blessés, relâchés, harcelés, arrêtés de
nouveau, nos “rooms” sont détruites, nous les reconstruisons pour
qu’elles soient de nouveau détruites… Nous sommes chaque jour de plus en
plus malades, et jusqu’à ces maladies que vous ne connaissiez plus : 10
cas de tuberculose ». Un ami a perdu un œil sous les matraques, une
autre amie, Louam, est « décédée en juin de l’année dernière, fauchée
par une voiture sur l’autoroute alors qu’effrayée, elle fuyait la police
qui la chassait ».
Enfin, pour prendre la mesure de l’enfer calaisien, lisez les enquêtes
du journal lillois indépendant La Brique, n°3 et 8 (www.labrique.net).

> [C H R O N I Q U E D E L ‘A R B I T R A I R E]

Que vaut la vie d’Illiès ?
Le 30 septembre, on pouvait lire dans la presse quelques articles sur de
« violents incidents » « entre jeunes et forces de l’ordre » dans le
quartier de la Monnaie à Romans (Drôme). Il aura fallu les affrontements
avec les forces de l’ordre, un commissariat pris à partie, pour
apprendre la mort d’Illiès, un adolescent de 16 ans, tué dans une
course-poursuite avec la BAC. Les quatre autres occupants, également
mineurs, ont été blessés, dont un très grièvement. Le procureur a déjà
son avis bien tranché, « il n’y a pas de présomption de responsabilité
de la police ». Dans le quartier, les témoignages sont loin de la
version officielle « les flics collaient les jeunes. Ils savaient très
bien que c’étaient des mineurs et qu’ils ne savaient pas bien conduire »
certains parlent « d’un coup de pare-choc qui aurait déséquilibré le
véhicule volé ».
Que vaut la vie d’Illiès ou de Mohamed Berrichi, Vilhelm Covaci, Baba
Traoré, Bouna et Zied… morts comme bien d’autres avant lui dans des
conditions similaires ; la réalité du rapport à l’Etat et à la police
dans les quartiers ,la gestion à force de répression d’une société
d’exploitation, de ça la presse ne parle pas.

Enrayons la machine à expulser !
Dès le 23 juillet 2008, un mois après l’incendie du centre de rétention
de Vincennes, Brice Hortefeux projetait d’ouvrir dès octobre, au même
endroit, un 1er centre de 60 places. Ce 1er centre, dont le chantier est
sévèrement gardé, va ouvrir dans les jours qui viennent, 2 autres de
taille identique, doivent être reconstruits ultérieurement. Le rythme
infernal des rafles qui s’était calmé après la destruction de la prison
pour étrangers de Vincennes va donc reprendre... Face à un Etat qui
planifie et banalise la chasse à l’étranger, partout où nous le pouvons,
enrayons la machine à expulser !

Abou Bakari Tandia, du nouveau…
Mystérieusement une radio disparue depuis 3 ans réapparaît. Elle montre
qu’il n’y a pas la moindre trace de blessure à la tête. Alors que les
flics prétendaient qu’il était mort en se cognant la tête contre les
murs de sa cellule ! En revanche ses poumons sont remplis de sang. C’est
la version policière qui vient de s’écrouler. Un élément fondamental qui
devrait relancer l’information judiciaire ouverte pour torture et actes
de barbarie. Info : http://abtandia.free.fr/abou/dotclear/index.php.

Le fichage des « non chrétiens »
« Parmi votre personnel avez vous des agents de confession autre que
chrétienne ? » « Certains d’entre eux ont-ils demandé des aménagements
d’horaires ou de service pour pratiquer leur religion ? » voilà le
contenu du mail envoyé par la police du Rhône au conseil régional
Rhône-Alpes ; la question émanait de la sous-direction de l’information
générale (Sdig), créé en remplacement des RG et de la DST. Les feintes
protestations du ministre de l’intérieur n’y changeront rien :
l’application des prescriptions controversées du fichier Edvige est déjà
en cours. Même si théoriquement la demande des flics concerne aussi
d’autres religions (juifs, bouddhistes…) tout le monde comprend très
bien qu’il s’agit de stigmatiser davantage une catégorie de la
population largement opprimée et donc jugée potentiellement dangereuse
par le pouvoir : les musulmans réels ou supposés.

Pas de « bavure »…
Le 9 septembre, Villiers-sur-Marnes (94), aux abords de la cité des
Hautes-Noues des passants assistent à une interpellation plus que
musclée. À l’origine, un accident suite à un délit routier. « Ils l’ont
gazé avec une bombe lacrymogène au niveau des yeux, puis frappé avec
leur matraque ». Stupéfaits, les témoins reçoivent en prime un tir de
Flash-Ball à bout portant. Depuis une marche de protestation a sillonné
les rues de Villiers-sur-Marne le samedi 20 septembre pour dénoncer ces
agissements et demander des comptes...
Pour la préfecture du Val-de-Marne « il n’y a aucune faute à reprocher
aux policiers ». Du point de vue de l’Etat, les flics ont bien fait leur
taf, une manière de dire, s’il fallait encore nous convaincre, que de
tels agissements ne sont pas des accidents, mais la nature même de la
fonction policière.

Rouillan, tais-toi ou c’est la perpète !
Prenant prétexte d’une banale interview à l’Express, le Parquet central,
à la botte de la Chancellerie, a révoqué le régime de semi-liberté
auquel Jean-Marc Rouillan était astreint depuis dix mois, et qui devait
l’amener à une libération conditionnelle en fin d’année. Jean-Marc
Rouillan déclarait à L’Express « Ma première réaction, c’est de penser
qu’il s’attaque là au droit à la liberté de parole. Dans l’entretien que
je vous ai accordé, je n’ai enfreint aucun des termes des quatre
conditions qui régissent ma semi-liberté. […] Si, après 20 ans de
prison, on doit me coller une “perpét’” pour ce que j’ai affirmé dans
cette interview, cela en dira long sur l’état de la liberté de parole en
France. »
Info : http://nlpf.samizdat.net/

Police vs. antifascisme
Depuis début septembre, la police est aux trousses de l’antifascisme
radical parisien. Déjà 6 personnes interrogées, 4 placées en garde à vue
et 2 perquisitions, le tout hors du cadre judiciaire. Tout se passe dans
le secret policier (enquête « préliminaire »), sans même que soient
assurés les droits de la défense liés à une procédure judiciaire :
l’avocat n’a pas accès au dossier, et rien ne vient contrôler l’action
policière. Voilà qui inaugure la réforme des renseignements version
contre-espionnage, où le militantisme est assimilé au terrorisme ou au
grand banditisme, et traité selon les procédures qui leur sont «
normalement » réservées. Tout comme les projets de fichage généralisé,
ces négations des libertés individuelles et civiques marquent le grand
retour de la police politique visant à éradiquer l’autonomie des luttes.
http://solidarite.samizdat.net/article229.html

> [ A G I R ]

Hakim Ajim avait 22 ans
Il est décédé, le vendredi 9 mai à Grasse. Suite à son interpellation
pour avoir giflé son banquier, les policiers, perdant totalement le
contrôle, l’étranglent jusqu’à l’asphyxie. Hakim meurt sous les yeux
d’au moins 16 témoins. Pétition :
http://www.mesopinions.com/Justice-pour-hakim-petition-petitions-9137a40146c26da442e5b9ec9d7b0b78.html

Report du procès des manifestants de Fresnes
Suite au rassemblement du 2 juillet devant la prison de Fresnes, 4
personnes passaient en procès le 3 septembre principalement pour «
provocation à la destruction de bien public avec mise en danger
d’autrui, par le biais d’écrit etc. » (en l’occurrence une banderole
accrochée à un grillage mentionnant « Comme à Vincennes… Feu aux prisons
»). Le procès est reporté au 14 octobre, 11e chambre du Tribunal
correctionnel de Créteil à 13h30. À Fresnes comme ailleurs, solidarité !
Info : http://cettesemaine.free.fr/spip/article.php3?id_article=1469

N’oublions pas Marina Petrella
Elle ne se nourrit plus depuis presque six mois. Elle est alimentée par
une sonde nasogastrique. Le collectif de soutien demande que le pouvoir
français adopte la clause humanitaire. Rassemblement de soutien
hebdomadaire tous les jeudis, 18h à Beaubourg, Paris, M° Rambuteau.

Offense présidentielle
Pour avoir brandi une pancarte reprenant la phrase maintenant célèbre de
Sarkozy : « Casse-toi pov’con » lors de la visite de celui-ci à Laval le
28 août, Hervé Eon est poursuivi pour offense au président de la
République (passible de 45 000 euros d’amende). Pétition :
http://www.prs53.org/, info :
http://www.rue89.com/2008/09/04/casse-toi-povcon-au-tribunal-pour-outrage-au-president

Le sécuritaire ne nous fera pas taire !
Montpellier. Contre le fichage et les politiques sécuritaires.
Manifestons toutes et tous le 16 octobre info :
http://www.c-g-a.org/public/modules/news/article.php?storyid=203

Freedom not fear
Action internationale pour le respect de la vie privée et la liberté
d’expression (contre fichage général, biométrie, ADN, RFID…)
Manifestation République-La Villette, Samedi 11 octobre à 14h00, Contact
: http://www.humanrights21.org/?page_id=21

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