christophe herin | 19 Nov 14:31
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Afghans de Calais: Divers presse sans papiers 18 11 08


Divers presse sans papiers 18 11 08

CALAIS (PasdeCalais), 18 nov 2008 (AFP) - 19h43 
Calais: un collectif d'aide cesse de distribuer des repas aux migrants 

Le collectif d'aide aux réfugiés C-sur a pris la décision d'arrêter la distribution de repas le midi
aux migrants de Calais à partir du 30 novembre, a-t-il annoncé mardi dans un communiqué. "La situation
actuelle n'est plus tenable" du fait de l'importante hausse du nombre de migrants, estime le collectif
qui indique avoir reçu l'assurance du maire de Calais, Natacha Bouchart (UMP), qu'elle "ne laisserait
pas les migrants sans repas". "Il y a une opportunité que nous soyons remplacés (par d'autres
associations), nous la saisissons" et "nous prolongeons la distribution de repas le midi jusqu'au
dimanche 30 novembre pour que le maire prenne le temps d'organiser la relève", précise le collectif qui
arrêtera ensuite "une partie" de ses activités en direction des migrants. "Je prends acte de leur
décision et je mettrai en place rapidement un dispositif avec les associations qui ont fait des
propositions pour prendre les relais", a indiqué Mme Bouchart sur la radio calaisienne Radio 6. De son
côté, Jean-Claude Lenoir, vice-président de Salam, une autre association locale d'aide, un temps
pressentie pour assurer la relève de C-sur, a d'ores et déjà indiqué que Salam n'avait "pas les
moyens" et "pas la volonté" de le faire, estimant également que ce serait "maladroit" vis-à-vis de
C-sur. Depuis la fermeture en novembre 2002 du centre de la Croix-Rouge à Sangatte, des centaines de
migrants (entre 300 et 700, Afghans, Erythréens, Somaliens, Soudanais, Iraniens, Nigérians,
Kurdes...) errent dans le Calaisis dans l'espoir de gagner l'"eldorado britannique", notamment en
montant à bord de camions embarquant dans des ferries. La situation est de plus en plus tendue entre ces
réfugiés, notamment les Erythréens et les Afghans qui s'affrontent parfois. Mardi trois migrants
ont ainsi été blessés légèrement dans une bagarre.

LILLE, 18 nov 2008 (AFP) - 18h17 
Des immigrés afghans un temps menacés d'expulsion remis en liberté (Cimade) 

Une quarantaine de ressortissants afghans placés en centre de rétention administrative (CRA) à
Coquelles (Pas-de-Calais), près de Calais, et menacés un temps d'être renvoyés par charter vers
leur pays, ont été libérés mardi, a-t-on appris auprès de la Cimade. Quarante trois ressortissants
afghans, qui étaient retenus à Coquelles, ont "tous été remis en liberté" mardi, a indiqué à l'AFP
Sophie Baylac, de la Cimade (Conseil d'entraide oecuménique), seule association habilitée dans les
CRA. Selon elle, six d'entre-eux sont passés en procédure prioritaire devant l'Office français de
protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) après avoir fait une demande d'asile et sont en attente
de la décision, "dans les jours qui viennent". Onze autres Afghans libérés ont déposé un recours
devant la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH), qui a décidé de suspendre la décision
d'expulsion des Afghans et doit étudier la demande au fond ultérieurement. Tous les 43 ont été
"laissés dans la nature" et risquent de retourner dans la "+jungle+ de Calais (une vaste lande
sablonneuse à l'écart de la ville, ndlr), dans les campements, les squats", selon Sophie Baylac, qui
indique qu'aucune solution d'hébergement ne leur a été proposée et qu'il s'agit d'un retour à leur
situation antérieure. Lundi, les ministères des Affaires Etrangères et de l'Immigration ont
annoncé qu'il ne serait pas donné suite à la proposition de Londres d'organiser un vol de retour
groupé de ressortissants afghans. Les deux ministères ont mis en avant que "toutes les conditions de
sécurité, pour les personnes susceptibles d'être reconduites, n'étaient pas réunies". C'est
lundi également que la Cour européenne des droits de l'Homme a sommé en urgence la France de surseoir au
renvoi par charter d'immigrés afghans vers leur pays. Les migrants illégaux afghans sont très
nombreux dans le Calaisis, d'où ils espèrent gagner la Grande-Bretagne. Sur les sept premiers mois de
2008, ils représentaient un tiers des interpellations de clandestins dans cette région, selon la préfecture.

·         La France renonce à expulser vers Kaboul les Afghans de Coquelles

Hier soir encore, les associations étaient vigilantes devant le centre de rétention de Coquelles.
PHOTO JEAN-PIERRE BRUNET 
|  IMMIGRATION |
La France a finalement renoncé à expulser une quarantaine d'Afghans retenus depuis une dizaine de jours
au centre de rétention de Coquelles. 
«  Ça fait plaisir, on a eu raison de se bouger. » Hier soir, devant le centre de rétention administrative
de Coquelles, un militant calaisien savoure, avec une cinquantaine de ses camarades, ce qui ressemble à
une victoire : le ministère de l'Immigration a renoncé à expulser une quarantaine d'Afghans retenus
à Coquelles. Craint par les associations, ce projet de charter n'avait jamais été officiellement confirmé.
 «  Les ministres ont décidé de ne pas donner suite à la proposition des autorités britanniques »,
précise le communiqué des autorités. La Grande-Bretagne avait sollicité la mise en place d'un vol
Londres - Lesquin - Kaboul. 
Une opération permettant aux deux pays d'expulser au total une soixantaine d'Afghans, tout en
partageant les coûts d'affrètement du charter. « Une gigantesque hypocrisie de la part des Anglais,
pour Jean-Claude Lenoir, vice-président de l'association Salam. Ils laissent travailler au noir,
dans des conditions indécentes, 98 % des étrangers irréguliers, et expulsent le reste pour faire
plaisir à leur électorat. » Pourquoi la France, qui a travaillé sur cette proposition anglaise,
a-t-elle reculé ? La forte mobilisation des organisations non gouvernementales a dû peser lourd dans
la balance (les autorités craignaient une forte résistance à l'aéroport de Lesquin, ce soir à 19
heures, heure de décollage du vol en cause), ainsi que la prise de position du prix Goncourt
franco-afghan, Atiq Rahimi. 
Obstacles 
Ensuite, des «  obstacles juridiques » se sont dressés. On imagine que le Haut Commissariat aux
réfugiés, dépendant de l'ONU, auquel l'État français doit se référer, a dû freiner des quatre
fers dans ce dossier. Il n'est pas d'usage, notamment, de procéder à des expulsions entre le 1er
novembre et le 15 mars. 
Enfin, à l'heure où Barack Obama annonce vouloir renforcer la présence militaire en Afghanistan, la
question de la sécurité dans ce territoire n'est pas réglée. La survie des Afghans rapatriés de
force dans leur pays était loin d'être assurée. Aucune expulsion de France vers l'Afghanistan n'a
été pratiquée depuis 2005. 
Les Afghans sans papiers retenus à Coquelles ont appris la bonne nouvelle hier soir, par téléphone.
Leur rétention, qui peut durer jusqu'à trente-deux jours, devrait s'achever prochainement. Ils
seront relâchés, et éloignés de Calais, où la plupart reviendront sans doute rapidement. Leur
rêve, c'est toujours Londres. Leur cauchemar, c'est Kaboul. • 
BRUNO MALLET 
Nord Eclair - 18/11/2008
La France annule sa participation au charter Londres-Lille-Kaboul
La mobilisation des associations semble avoir payé : la France a finalement annoncé son intention de
refuser de participer au charter Londres-Lille-Kaboul, dans lequel devaient monter des Afghans
retenus au centre de Coquelles.

Voilà plusieurs semaines que les associations de défense des droits des migrants se battent pour
empêcher l’organisation, entre les gouvernements français et britannique, d’un charter commun
destiné à l’expulsion de ressortissants afghans vers Kaboul (voir nos éditions précédentes).
C’en est fini de ce projet, au moins côté français. « Les conditions ne sont pas réunies pour un
retour, notamment du fait de la situation en Afghanistan, et au regard des critères habituellement
utilisés par le HCR (Haut commissariat aux réfugiés) », a annoncé hier le ministère des Affaires étrangères.
La semaine dernière, le ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale avait fait savoir
que la proposition du gouvernement britannique d’un charter commun était « examinée », mais «
qu’aucune décision n’était prise ».
Le vol, au départ de Gatwick, devait faire un arrêt ce mardi soir à l’aéroport de Lesquin pour
embarquer une partie des Afghans actuellement retenus au centre de rétention de Coquelles.
« Rester vigilant » 
« C’est une excellente nouvelle », a estimé hier Alain Delame, responsable du dossier « réfugiés
» pour Amnesty International dans le Nord-Pas-de-Calais. « Ce recul est une bonne chose, mais l’on
doit se demander quel sera le sort concret des Afghans retenus à Coquelles, notamment celui des deux
mineurs », a-t-il souligné, rappelant que « si la France ne participe pas, l’avion va tout de même
partir de Londres. cela aurait été mieux si les deux pays avaient renoncé ». Le délégué régional
d’Amnesty International a également plaidé pour que le gouvernement Français s’engage à ne pas
accepter ce type de charter à destination de Kaboul. « Il faut absolument rester vigilant », a-t-il prévenu.
Du côté du Comité des sans papier du Nord, qui avait appelé à une manifestation ce mardi soir devant
l’aéroport de Lesquin, « l’appel est pour l’instant maintenu », a expliqué hier soir un
porte-parole. • M.M.

 
La France n'expulsera pas les clandestins afghans
Par LEXPRESS.fr, publié le 18/11/2008 11:41 - mis à jour le 18/11/2008 12:52
La Cour européenne des droits de l'hommes a sommé lundi la France de renoncer à organiser un charter
franco-britannique pour rapatrier des clandestins afghans. Une information qui n'avait pas été
mentionnée par le Quai d'Orsay lors de l'annonce de l'arrêt de la procédure d'expulsion le même jour.
La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a sommé lundi en urgence, la France de surseoir au renvoi
par charter d'immigrés afghans vers leur pays a-t-on appris mardi auprès de la Cour à Strasbourg.
Cette information n'avait pas été invoquée par la France lundi lorsque le Quai d'Orsay avait affirmé
sa décison de renoncer au projet d'organiser un charter franco-britannique pour rapatrier 57 Afghans
en situation illégale.
Le Quai d'Orsay avait alors indiqué que les "toutes les conditions de sécurité, pour les personnes
susceptibles d'être reconduites, n'étaient pas réunies". Aucune mention du CEDH n'avait été
faite. Un fait souligné par Jean-Pierre Alaux, du Groupe d'information et de soutien des immigrés
(Gisti), avant même que l'information émane de Strasbourg. "La Cimade et le Gisti avions mis à la
disposition des Afghans deux semaines plus tôt une requête-type pour saisir en urgence la CEDH, a
expliqué Jean-Pierre Alaux joint par LEXPRESS.fr. Onze d'entre eux ont accepté de signer cette requête."
En tout trois requêtes, regroupant onze Afghans menacés d'expulsion, ont été déposées lundi à la
Cour. Elles invoquent des violations de l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'Homme
(interdiction des traitements inhumains et dégradants) et de l'article 4 du Protocole de la Convention
(interdiction des expulsions collectives), a-t-il indiqué.
Délai d'un mois pour les onze Afghans
La Cour a décidé après le dépôt de ces requêtes d'user de l'article 39 de son règlement (procédure
d'urgence) pour imposer à la France de renoncer provisoirement aux charters, en attendant que chaque
plainte soit examinée sur le fond.
L'injonction de Strasbourg a donc été suivie par la France, qui a décidé de suspendre le projet
d'expulsion. Selon la Gisti, sans l'intervention de Strasbourg, la France n'aurait pas pris cette
décision. " Cela aurait fait très mauvais effet de participer à l'expulsion sachant que la CEDH a
considéré que l'opération était dangereuse", affirme Jean-Pierre Alaux.
Selon la Cimade, qui a instruit les dossiers, les onze plaignants, tous issus du centre de rétention de
Coquelles (Pas-de-Calais), ont un âge moyen de 20 ans et "ne devraient pas tarder à être libérés", a
précisé un membre de leur équipe. 
Ils disposent maintenant d'un répit d'un mois pour formaliser leur requête sur le fond auprès de la Cour européenne.

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