Jean-Claude Lenoir | 4 Jan 20:27
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Re: CALAIS : LE CHOC !

bonsoir

CALAIS le choc ! et oui c'est la vie quotidienne que rencontrent les 
migrants

depuis plus de dix jours maintenant une salle tres spartiate est mise à 
disposition pour la nuit , cela n'est pas tres facile à gérer ....
la fatigue chez les bénévoles peut aussi expliquer les tensions entre les 
assos comme dans toutes sociétés  à l'image des  assos sportives , 
culturelles , sportives et politiques, non ?
avez vous vraiment entendu des gens s'insulter ? je suis tres surpris
cela dit l'essentiel est quand même que cela ne nuise pas aus migrants me 
semble t'il
toutes les assos tentent de faire pour le mieux j'en suis persuadé : il 
suffit de regarder

les habitants du calaisis sont tres solidaires
le calaisis a une polulation tres pauvre ( chomage tres fort ) mais tres 
genereuse
à titre d'exemple les 700 repas distribués chaque soir proviennent à 80% de 
dons
il en est de même des couvertures pour les nuitées

c'est aussi pourquoi les visites sur le terrain de personnes extérieures à 
Calais sont importantes pour les migrants mais aussi pour les assos

la lutte politique existe : pas moins de 18 rassemblements de luttes 
politiques pour ces 50 derniers jours !

je ne pense pas vous avoir rencontrer , il y avait beaucoup de monde en fait
j'ai été personnellement déçu que nous soyons restons seuls à partir de 
22h00 pour la soirée et la nuit avec les migrants
j'avais cru comprendre que des actions devaient etre menées et cela nous 
aurait fait du bien d'avoir du sang neuf et d'autres vues des actions

en effet la nuit a été chaude : cabanes de migrants brulées
nous sommes restés jusque 10h00 le lendemain matin avec nos amis migrants

j'ai pensé important d'apporter ces quelques precisions
de nombreuses luttes nous attendent...

jean claude lenoir
SALAM

----- Original Message ----- 
From: "jc" <jcapache@...>
To: <zpajol@...>
Sent: Sunday, January 04, 2009 3:53 PM
Subject: [zpajol] CALAIS : LE CHOC !

CALAIS : LE CHOC !

Calais montre concrètement jusqu'où peut aller la chasse aux réfugiés et aux
sans papiers : l'horreur, l'humiliation. Calais est une violence 
insupportable,
inadmissible !

A l'initiative du Collectif de Soutien aux Demandeurs d'Asile et aux Sans
Papiers de Tours et de SôS Soutien ô sans papiers de Paris une vingtaine de
personnes venant de Tours, Paris, Marseille, Lille, Angers, Blois, Rennes et
Saumur se sont déplacées le 31 décembre à Calais. Elles avaient répondu à
l'appel « Chasse à l'homme à Calais, ya basta ! ». L'objectif était de
manifester notre solidarité avec les réfugiés, de rencontrer les 
associations et
collectifs les soutenant et d'apporter des couvertures, duvets, 
nourriture...
Ce fut pour nous un véritable choc ! Plusieurs centaines d'êtres humains
(principalement des jeunes hommes, dont certains n'ont pas 18 ans) sont 
obligés
de faire la queue, dans le froid, devant une salle pour obtenir de quoi 
manger.
La distribution, organisée par le collectif C'Sur, dure des heures. Cela 
peut
conduire à des bousculades plus ou moins violentes entre les personnes 
faisant
la queue. Beaucoup mangent sur place, au froid. Tout peut servir de table, 
telle
cette Mercedes garée à proximité.
Le soir l'association Salam distribue un repas chaud pour les réfugiés. Là
encore des centaines de personnes attendent leur tour pour se restaurer.
Les rapports entre Salam et C'Sur relèvent de la guerre de tranchées. 
Passons
sur les noms d'oiseaux que se lancent mutuellement les membres de ces deux
structures. On ne peut que le déplorait. Leurs actions sont essentiellement
humanitaires et laissent peu de place au débat politique sur la liberté de
circulation par exemple.
A quelques kilomètres de là, il y a la « Jungle ». Sur des terrains boisés,
laissés à l'abandon, les réfugiés ont construit des abris : de petites 
cabanes
faites de sacs en plastiques et de morceaux de bois provenant de palettes. 
C'est
pire que les bidonvilles qu'on a connu dans les années 50/60 dans la région
parisienne ou ailleurs. Les cabanes ne permettent pas de se tenir debout. 
Elles
servent d'abris pour dormir à même le sol. Les gens se retrouvent autour des
feux allumés au pied de ces abris. Là on rencontre beaucoup de monde venant
principalement des pays victimes de la guerre antiterroriste (Afghanistan,
Irak), mais aussi des Érythréens, des Soudannais, des Palestiniens, etc.
A côté de la Jungle, il y a des maisons, qui en cette période de fêtes de 
fin
d'année, brillent de guirlandes. Visiblement leurs habitants ne semblent pas
très émus de ce qui se passe à côté de chez eux ! De même, des bus 
municipaux
passent sur la route limitrophe sans que les voyageurs soient gênés ! Là 
encore
le choc !
La plupart des réfugiés veulent aller en Grande Bretagne et ne souhaitent 
pas
rester dans le Pas de Calais. Mais... la frontière est fermée ! Ils ne 
pourront
la franchir que clandestinement, avec tous les risques (physiques, 
policiers)
que cela comporte.
Ces conditions de vie ne sont pas encore assez dures pour l'Etat, la 
préfecture.
Cette dernière organise de véritables chasses à l'homme. Plusieurs personnes
témoignent des exactions des policiers. Ainsi, les CRS gazent régulièrement 
les
gens pour les faire sortir de leur cabane et les matraquent. Il en va de 
même,
lorsque les flics croisent des réfugiés à côté de la Jungle. Parfois, les 
flics
brûlent leurs couvertures, leurs duvets, voire leurs chaussures, même en 
plein
hiver !
Les compagnies de CRS sont relevées environ tous les deux mois. Or, depuis 
des
années des témoins constatent ce même comportement des flics. Cela conduit 
donc
à penser que ces exactions ne sont pas le fruit de quelques pandores zélés, 
mais
qu'elles se commettent, pour le moins, avec le consentement des autorités
préfectorales !
Cette situation dure depuis 2002, lorsque Sarkozy, alors ministre de
l'intérieur, a ordonné la fermeture du camp de Sangatte, géré par la Croix
rouge. L'objectif est évident : faire en sorte que les réfugiés quittent la
région, pour aller où ? Or depuis 6 ans, près de 1000 personnes séjournent 
sur
les côtes du Pas de Calais. Certaines arrivent à franchir la frontière au 
bout
de plusieurs mois. Mais il en arrive toujours de nouvelles, avec toujours la
même aspiration : vivre en Grande Bretagne.
On ne peut accepter cette situation. Il est intolérable que l'Etat, les
collectivités territoriales (la Région, le Conseil général et la mairie)
laissent la situation perdurer. Comment se fait-il, par exemple, que des 
mineurs
ne puissent bénéficier des prestations de l'Aide Sociale à l'Enfance ? Ce
service, dépendant du Conseil général, est dans l'obligation d'assurer des
conditions de vie décentes et la protection pour toute personne mineure, 
quelque
soit sa situation administrative.
Sarkozy, avec le consentement de la plupart des élus locaux (dont Jack Lang
député de la 6e circonscription du Pas de Calais), en fermant Sangatte, n'a 
fait
qu'empirer une situation déjà bien dégradée lorsque le camp de Sangatte
fonctionnait. Il n'y a d'autre solution que l'ouverture de la frontière pour 
que
des êtres humains puissent vivre où ils veulent et ne plus connaître
l'inhumanité étatique.
Dans l'immédiat, il importe d'informer, d'analyser sur ce qui se passe dans 
le
Pas de Calais pour tenter d'arriver à mobiliser le plus grand monde possible 
sur
le thème : « on ne peut pas accepter que des êtres humains soient dans un 
tel
dénuement et être traités de la sorte ».
La seule réponse politique réaliste et immédiate est l'ouverture des 
frontières.
C'est donc bien de la liberté de circulation dont il s'agit. C'est une 
condition
nécessaire mais non suffisante. A quoi servirait la possibilité de pouvoir
circuler si l'on ne peut s'installer ? Il faut aussi revendiquer la liberté
d'installation dans toute l'Europe, dans le monde. On ne peut dissocier ces 
deux
revendications à moins d'admettre que des personnes puissent aller et venir 
sans
pouvoir vivre où elles le souhaitent. Cela conduit donc à la régularisation 
de
tous les sans papiers. Ces trois revendications sont indissociables.

Tours, le 3/01/09
JC
Article paru dans No Pasaran n° 72
janvier-février 2009

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