Bloom Will | 4 Jan 21:26
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Re : CALAIS : LE CHOC !

Brillant!
Mais cessez donc d'emmerder l'association Salam! 
Pas une
semaine sans qu'un mail ne vienne déblatérer des conneries sur leur
activité, leur action etc etc. A croire qu'une sorte de "campagne", ne
soit orchestrée pour démolir une association hyper active depuis plus de
six ans. Et ce, à la fois dans le champ dit  "humanitaire", comme du
champ politique.
Humanitaire: voilà plus de six ans que cette
association, créé après la fermeture de Sangatte par des citoyens
révoltés de voir des gens de tous âges dormir comme des chiens dans la
rue,"jungle, squatts, raflés, chassés etc. distribue tous les jours, 11
mois par an, des repas; six ans que cette association fait des
accompagnements à l'hôpital, dispense des soins de premier urgence en
soirée etc etc.
Politique: six ans que cette association dénonce les rafles, chasses à l'homme, violences
policières, arrestations arbitraires....
Des
membres de cette association se sont vu placés à plusieurs reprises en
garde à vue, avoir des procés en pénal pour dénonciation des "rafles".
Dernier exemple en date: Un membre de l'association, Jean Claude Lenoir
se trouve placé en garde à vue pour "outrage", pour avoir simplement
voulu discuté avec des policiers en train de rafler des afghans dans la
jungle, dans le but de remplir un charter à destination de
l'Afghanistan. Alors que personne ne bougeait, PERSONNE (Pas un collectif, association,
politiques...), deux
rassemblements ont été organisés par Salam en coordination avec le CSP 59
à Lille et le 9ème collectif des sans papier à Paris. Ces
rassemblements ont fortement contribué à ce qu'une mobilisation se
crée, que la Cour Européenne des Droits de l'Homme interpelle la
France, et que celle-ci renonce à expulser les afghans arrêtés. 
Deuxième exemple
en date: le 29 et le 31 décembre 2008, Salam, en coordination
avec le 9ème Collectif des sans-papiers, le CDSL et le DAL ont organisé
deux rasemblements pour dénoncer les conditions de vie catastrophiques
des migrants le long du littoral Nord, et dans les rues de Paris, dans
le square Villemin. Peu de personnes, en ces jours de "défaites"
comme l'indiquait leur communiqué, ont daigné les rejoindre afin de se
battre. Résultat: une famille avec un enfant de quatre ans hébergés
immédiatement à l'hôtel à Paris, 30 places supplémentaires dans un
centre géré parl'Adoma. C'est peu. C'est insuffisant. Mais qu'avez-vous
fait?

"Leurs actions sont essentiellement humanitaires et laissent peu de
place au débat politique sur la liberté de circulation par exemple".
Comment peut-on écrire des  inepties de ce type? Cela suffit!
Que
certains se réveillent, découvrent, soient "choqués" par la réalité  de
la situation à Calais (et AILLEURS), et veulent essayer de créer des
mobilisation est une chose. Adopter des positons de surplomb, faire des
compte rendus, des "articles" hâtifs et tronqués, ne pas tenir compte
de la réalité des combats menés de longue date par des acteurs aussi
déterminés que modestes en est une autre.
Quant aux bisbilles entre
militants: qui peut se targuer de dire, à Calais comme à Paris, comme à
Toulouse ou sur la planète Mars que le milieu militant est un milieu
tout beau tout joli sans aucune rivalité, jalousie, bétise, "politique
politicienne" etc. Un peu de sérieux.
Quant
à la liberté de circulation: avez-vous pris la peine de discuter avec
les militants de Salam, comme du 9ème, du CDSL, du CSP 59....?

Ce
qu'il faut pour
construire des mobilisations ce sont des nouvelles pratiques
militantes, humbles, déterminées, ambitieuses qui tendent à ne pas
confondre les problématiques
personnelles avec les problématiques politiques, qui tendent à
reconnaître avec justice et respect le travail de tels ou tels. Dans la
durée. Pas en faisant des petit coups de temps à autre en jouant les
révolutionnaires de service.  C'est par
la reconnaissance du travail de chacun que des alliances fortes
pourront être construites et des victoires remportées.
Voilà mes voeux pour l'année 2009.
Bloomw Dunkerque

----- Message d'origine ----
De : jc <jcapache@...>
À : zpajol@...
Envoyé le : Dimanche, 4 Janvier 2009, 15h53mn 21s
Objet : [zpajol] CALAIS : LE CHOC !

CALAIS : LE CHOC !

Calais montre concrètement jusqu'où peut aller la chasse aux réfugiés et aux sans papiers :
l'horreur, l'humiliation. Calais est une violence insupportable, inadmissible !

A l'initiative du Collectif de Soutien aux Demandeurs d'Asile et aux Sans Papiers de Tours et de SôS
Soutien ô sans papiers de Paris une vingtaine de personnes venant de Tours, Paris, Marseille, Lille,
Angers, Blois, Rennes et Saumur se sont déplacées le 31 décembre à Calais. Elles avaient répondu à
l'appel « Chasse à l'homme à Calais, ya basta ! ». L'objectif était de manifester notre solidarité
avec les réfugiés, de rencontrer les associations et collectifs les soutenant et d'apporter des
couvertures, duvets, nourriture....
Ce fut pour nous un véritable choc ! Plusieurs centaines d'êtres humains (principalement des jeunes
hommes, dont certains n'ont pas 18 ans) sont obligés de faire la queue, dans le froid, devant une salle
pour obtenir de quoi manger. La distribution, organisée par le collectif C'Sur, dure des heures. Cela
peut conduire à des bousculades plus ou moins violentes entre les personnes faisant la queue. Beaucoup
mangent sur place, au froid.. Tout peut servir de table, telle cette Mercedes garée à proximité.
Le soir l'association Salam distribue un repas chaud pour les réfugiés. Là encore des centaines de
personnes attendent leur tour pour se restaurer.
Les rapports entre Salam et C'Sur relèvent de la guerre de tranchées. Passons sur les noms d'oiseaux que
se lancent mutuellement les membres de ces deux structures. On ne peut que le déplorait. Leurs actions
sont essentiellement humanitaires et laissent peu de place au débat politique sur la liberté de
circulation par exemple.
A quelques kilomètres de là, il y a la « Jungle ». Sur des terrains boisés, laissés à l'abandon, les
réfugiés ont construit des abris : de petites cabanes faites de sacs en plastiques et de morceaux de bois
provenant de palettes.. C'est pire que les bidonvilles qu'on a connu dans les années 50/60 dans la
région parisienne ou ailleurs. Les cabanes ne permettent pas de se tenir debout. Elles servent d'abris
pour dormir à même le sol. Les gens se retrouvent autour des feux allumés au pied de ces abris. Là on
rencontre beaucoup de monde venant principalement des pays victimes de la guerre antiterroriste
(Afghanistan, Irak), mais aussi des Érythréens, des Soudannais, des Palestiniens, etc.
A côté de la Jungle, il y a des maisons, qui en cette période de fêtes de fin d'année, brillent de
guirlandes. Visiblement leurs habitants ne semblent pas très émus de ce qui se passe à côté de chez
eux ! De même, des bus municipaux passent sur la route limitrophe sans que les voyageurs soient gênés !
Là encore le choc !
La plupart des réfugiés veulent aller en Grande Bretagne et ne souhaitent pas rester dans le Pas de
Calais. Mais... la frontière est fermée ! Ils ne pourront la franchir que clandestinement, avec tous
les risques (physiques, policiers) que cela comporte.
Ces conditions de vie ne sont pas encore assez dures pour l'Etat, la préfecture. Cette dernière organise
de véritables chasses à l'homme. Plusieurs personnes témoignent des exactions des policiers.
Ainsi, les CRS gazent régulièrement les gens pour les faire sortir de leur cabane et les matraquent. Il
en va de même, lorsque les flics croisent des réfugiés à côté de la Jungle. Parfois, les flics
brûlent leurs couvertures, leurs duvets, voire leurs chaussures, même en plein hiver !
Les compagnies de CRS sont relevées environ tous les deux mois. Or, depuis des années des témoins
constatent ce même comportement des flics. Cela conduit donc à penser que ces exactions ne sont pas le
fruit de quelques pandores zélés, mais qu'elles se commettent, pour le moins, avec le consentement des
autorités préfectorales !
Cette situation dure depuis 2002, lorsque Sarkozy, alors ministre de l'intérieur, a ordonné la
fermeture du camp de Sangatte, géré par la Croix rouge. L'objectif est évident : faire en sorte que les
réfugiés quittent la région, pour aller où ? Or depuis 6 ans, près de 1000 personnes séjournent sur
les côtes du Pas de Calais. Certaines arrivent à franchir la frontière au bout de plusieurs mois. Mais
il en arrive toujours de nouvelles, avec toujours la même aspiration : vivre en Grande Bretagne.
On ne peut accepter cette situation. Il est intolérable que l'Etat, les collectivités territoriales
(la Région, le Conseil général et la mairie) laissent la situation perdurer. Comment se fait-il, par
exemple, que des mineurs ne puissent bénéficier des prestations de l'Aide Sociale à l'Enfance ? Ce
service, dépendant du Conseil général, est dans l'obligation d'assurer des conditions de vie
décentes et la protection pour toute personne mineure, quelque soit sa situation administrative.
Sarkozy, avec le consentement de la plupart des élus locaux (dont Jack Lang député de la 6e
circonscription du Pas de Calais), en fermant Sangatte, n'a fait qu'empirer une situation déjà bien
dégradée lorsque le camp de Sangatte fonctionnait. Il n'y a d'autre solution que l'ouverture de la
frontière pour que des êtres humains puissent vivre où ils veulent et ne plus connaître
l'inhumanité étatique.
Dans l'immédiat, il importe d'informer, d'analyser sur ce qui se passe dans le Pas de Calais pour tenter
d'arriver à mobiliser le plus grand monde possible sur le thème : « on ne peut pas accepter que des êtres
humains soient dans un tel dénuement et être traités de la sorte ».
La seule réponse politique réaliste et immédiate est l'ouverture des frontières. C'est donc bien de
la liberté de circulation dont il s'agit. C'est une condition nécessaire mais non suffisante. A quoi
servirait la possibilité de pouvoir circuler si l'on ne peut s'installer ? Il faut aussi revendiquer la
liberté d'installation dans toute l'Europe, dans le monde. On ne peut dissocier ces deux
revendications à moins d'admettre que des personnes puissent aller et venir sans pouvoir vivre où
elles le souhaitent. Cela conduit donc à la régularisation de tous les sans papiers. Ces trois
revendications sont indissociables.

Tours, le 3/01/09
JC
Article paru dans No Pasaran n° 72
janvier-février 2009

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