Didier PY | 4 Jan 23:49
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http://www.liberation.fr/monde/0101309007-l- : armee-israelienne-ne-veut-pas-reproduire-l-echec-libanais-de-2006

Mail reçu d'un ami :

"Intéressante interview http://www.liberation.fr/monde/0101309007-l- 
armee-israelienne-ne-veut-pas-reproduire-l-echec-libanais-de-2006

Je ne connais pas ce G.B. mais son analyse suggère:
1) que l'État d'Israël a pour arrière subjectif la croyance en son  
caractère intouchable - d'où une grande fragilité subjective, plutôt  
qu'une grande force (le Hamas a visiblement pour fondement subjectif  
la conviction inverse, qui était déjà celle des Communards :  
"massacrez-nous tous, si vous y arrivez - et nous vous le ferons  
payer le plus cher possible - mais cela n'arrêtera pas le différend) ;
2) qu'une des clefs politiques de la situation est non seulement ce  
qui va se passer parmi la population israélienne (son caractère  
apparemment "soudé" derrière l'intervention n'est sans doute que  
l'envers d'un consensus mou et donc éminemment fragilisable) mais  
aussi du côté de la Cisjordanie et du rapport des Palestiniens de  
Cisjordanie à une "Autorité" (le Fatah) qui est devenue purement et  
simplement fantoche.

XXX

François"

––––––––––––––––––––––––

Guillaume Belan, rédacteur en chef de TTU, une lettre spécialisée sur  
les questions de Défense, revient d'Israël. Il analyse la stratégie  
de l'Etat hébreu et les modalités de l'attaque terrestre sur Gaza.

Recueilli par FRANÇOIS MEURISSE

Pourquoi l'armée israélienne n'a-telle pas lancé l'attaque terrestre  
plus tôt?

Il fallait d'abord «nettoyer» le terrain pour qu'il y ait le moins  
d'obstacles possibles. L'opération aérienne visait d'abord à se  
débarrasser, avec des F-16, de certaines cibles. Elles avaient été  
répertoriées par Tsahal qui a observé les mouvements du Hamas depuis  
le retrait de la bande de Gaza en 2005. Leur volonté était à la fois  
de casser la structure politique du Hamas en visant les institutions,  
les bureaux du mouvement et les structures militaires en frappant les  
camps d'entraînement, les caches d'armes, etc.

L'armée israélienne s'est-elle attaquée aussi aux œuvres sociales du  
Hamas?

Les centres d'aide sociale n'étaient pas des priorités. Autant que  
possible, Tsahal a cherché a éviter les dommages collatéraux car se  
joue aussi une bataille médiatique à l'international. Pour prendre en  
charge le travail social  à la place du Hamas, l'idée israélienne,  
c'est de donner des moyens similaires voire plus importants au Fatah.  
La tactique est différente.

Quelle est la nécessité d'une telle attaque terrestre pour Israël?

La guerre au Liban il y a deux ans - où l'armée israélienne avait  
tout misé sur les frappes aériennes - a révélé qu'il fallait  
accompagner les raids d'une attaque au sol. Le Hamas s'est préparé à  
une offensive et toutes les cibles ne peuvent pas être détruites par  
les airs. Il y a des tunnels, des fortifications qui résistent aux  
bombardements.

Comment l'attaque se prépare-t-elle?

Il y a d'abord eu une phase avec les forces spéciales infiltrées dès  
le début de l'offensive, avec des objectifs ponctuels. Ensuite,  
viennent les blindés, les chars Merkava, soutenus par le nouveau  
véhicule de transport de troupes Namer. Celui-ci a été développé  
suite au retour sur expérience de la guerre de 2006. Les Israéliens  
se sont en effet aperçus que l'infanterie restait trop en retrait par  
rapport aux chars.

Peut-on s'attendre à une très forte résistance de la part du Hamas?

Tsahal n'a pas mis les pieds sur ce terrain depuis plusieurs années.  
Malgré le renseignement, le Hamas a donc l'avantage du terrain. Il y  
a fort à parier qu'il y a des engins piégés, des maisons piégées,  
comme en Irak. Cela dit, l'issue ne fait aucun doute: les combattants  
du Hamas vont subir des pertes importantes et ils le savent. Israël  
n'a simplement pas le droit de perdre cette guerre car il ne peut  
continuer à exister qu'en maintenant l'idée qu'il est intouchable.

Quel est l'objectif réel de cette offensive?

Il n'est pas possible d'éradiquer le Hamas, qui est présent par  
ailleurs en Cisjordanie. Mais il s'agit de lui porter un coup très  
fort. Ce que cherche Israël, c'est paralyser le mouvement  
suffisamment longtemps pour que le Fatah reprenne la main lors des  
prochaines élections.

Vous étiez en Israël début décembre, le traumatisme de la guerre au  
Liban est-il toujours présent au sein de l'armée?

Oui. J'ai rencontré des officiers de l'armée de l'air, de terre, des  
politiciens aussi et personne ne veut reproduire cet échec. Depuis  
deux ans, dans tous les corps, à tous les niveaux, tous les scénarios  
d'engagement (de la bataille de rue aux frappes aériennes), la  
stratégie, la complémentarité entre les armes, l'acquisition  
d'armement, la tactique au sol, tout a été revu. Israël doit prendre  
sa revanche pour maintenir sa capacité de dissuasion.

Peut-on imaginer un maintien des troupes israéliennes à Gaza après  
l'offensive?

Si le Fatah reprend la main, les Israéliens n'auront pas à réinvestir  
les lieux mais une présence minimale n'est pas totalement à exclure.

Didier PY
Didier PY
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