Janos | 9 Mar 09:52
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L’Etat peut tout se permettre ? -Résistons ensemble, mars 2010, N° 84


Voici le N 84, mars 2010, du petit journal mobile recto-verso A4
"RESISTONS ENSEMBLE" du rseau contre les violences policires et
scuritaires. Il est destin  tre photocopi et  tre diffus
localement. Vous pouvez tlcharger en format pdf, avec mise en page sur
le site du rseau : http://resistons.lautre.net/ Si le journal vous
plat vous tes
invitEes  participer  son laboration,  sa rdaction,  se joindre 
l'quipe de rdaction. Nous
attendons vos contributions, propositions, critiques ...
 bientt.
L'quipe de raction

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sommaire

LEtat peut tout se permettre ?

Lcole : un  sanctuaire  ?

> [ C H R O N I Q U E D E L  A R B I T R A I R E ]
Lexception devient la rgle
 partir de maintenant vous tes en garde  vue
Ragir cest gagner en dignit
Histoire de DAB
Les dessous de la chasse aux Roms  Dijon
Une seule solution : le relogement
a sent la bouse chez les barbouses

>[ A G I R ]
Double rpression
Une plaque  la mmoire dAli Ziri
Relaxe des inculps de Vincennes !

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RESISTONS ENSEMBLE / bulletin numro 83 / fvrier 2010

                                   
                         

LEtat peut tout se permettre ?

Quand on  muscle  la loi. La loi sur la scurit intrieure dite
 Loppsi2  version  durcie  a t adopte le 16 fvrier 
lAssemble, prochaine tape le Snat. Brivement : les prfets pourront
ordonner un couvre-feu pour les mineurs entre 23 heures et 6 heures,
prestations suspendues aux parents  irresponsables ,  droits des
polices municipales approchant ceux des flics nationaux, dtenus
interrogs avec visioconfrence, sans-papiers jugs  lintrieur mme
des centres de rtention galement en visioconfrence, flics autoriss 
 croiser  les fichiers (scu, banque, impts, stic),mouchards sur les
ordinateurs, durcissement des mesures de vidosurveillance.

Donc, on seffraie des capacits toujours plus tendues de ltat de
tout savoir, rprimer, recouper, ficher, enregistrer, conserver... et on
a raison.

Il est important de dcortiquer, rendre public,  mesurer lampleur de sa
 main droite  toute puissante : Perben 1 puis 2, Loppsi 2, Mickey 3...

Seulement,  force de smouvoir, on incorpore, on y croit, on prend
avec nous cette foi quasi religieuse dans la toute puissance de ltat.
Et ainsi, on en devient le meilleur relais. Comme si ce maillage que
tricote le pouvoir autour de nous se resserrait avec notre
participation, devenant toujours plus proche de nos moindres faits,
gestes, crits... Cet tat, ses institutions, ses mdias, nous font
croire quil peut tout, quil sait tout, quil est capable de tout.
Cest faux. Il fait planer sur nous une menace, comme sil pouvait nous
pntrer par tous les pores.

Non, le pouvoir sans limite et sans fin nexiste pas. Mme dans les
pires dictatures militaires, et nous nen sommes pas encore l, il y a
toujours des moyens pour crer des lots de rsistance. Il sagit de ne
pas rentrer dans lternel pige lgaliste. Avoir conscience des
dispositifs de rpression lgales, oui, bien sr cest indispensable,
mais ces lois rpressives ne sont que des rgles dun jeu fix quil
convient de toujours djouer.

La garde  vue, les outrages, les peines, les amendes stendent,
certes, ils servent  boucler et paralyser ceux qui bougent. Mais malgr
larsenal rpressif envahissant cest loin dtre jou. Lhistoire nous
enseigne que la conscience des millions de gens peut changer en lespace
de quelques heures. Un exemple : le matin du 23 octobre 1956, dbut de
la rvolution des conseils ouvriers hongrois, des dizaines de milliers
manifestaient paisiblement et quelques heures aprs les mmes personnes
ripostaient  coup de Kalachnikov, aux tirs de la police politique.

Cultiver, tendre ces lots de rsistance en attendant ces jours de
changement historique, certainement. Mais pour cela, comme en 1956, nous
navons pas besoin de ces avant-gardes claires qui prtendent nous
 guider .

Lcole : un  sanctuaire  ?

Lcole serait un sanctuaire, une vieille ide qui date du Moyen ge. On
avait alors accord aux universits des  franchises  parmi lesquelles
linterdiction faite  la police de forcer lenceinte des facults,on
leur  a fait bnficier ainsi du mme statut d'asile que les glises.
Aujourdhui Sarkozy reprend cette vieille ide mais arrange  sa
sauce : son  plan de sanctuarisation de lcole  veut nous faire
prendre des vessies pour des lanternes, les flics pour les protecteurs,
les lves pour les violents. Outre la vidosurveillance renforce et
gnralise, le projet de mettre des portiques  lentre, la mesure
phare cest linstallation des EMS, des quasi flics au sein mme de
lcole. Les lves sont souponns de reprsenter un danger, de
poignarder et taillader  tout va et on cible plus prcisment les
lves des quartiers populaires stigmatiss comme  racailles 
potentielles ou encore ceux qui se placent dans lillgalit pour
dfendre leurs ides (les bloqueurs par exemple). Protger lcole des
lves cest une manire de dire quil ny a pas de place dans une cole
pour des lves : cest le monde  lenvers.

Mais le plan de Sarkozy lanc ds la rentre se heurte  la rsistance
des enseignants qui savent que cest lintention du gouvernement qui est
criminelle : il supprime des postes, diminue les moyens pdagogiques
fait des coles, au mieux des garderies, au pire des prisons. Alors,
lEtat et les mdias qui relaient son opration de com, sont revenus 
lassaut dabord au mois de janvier en imposant une minute de silence
nationale suite  la mort dramatique dun lycen poignard au
Kremlin-Bictre, et ensuite en Fvrier voulant faire croire que les
grves de profs en Seine Saint Denis principalement, exprimaient un ras
le bol contre la violence suppose des lves et rclamaient plus de
moyens rpressifs. Chtel a mme annonc la tenue au printemps d tats
gnraux de la scurit  lcole .

Mais la majorit des enseignants ont commenc  ragir (texte vot par
lag idf et panneaux, affichettes dans les manifs) : la violence contre
laquelle ils luttent cest celle de lEtat qui organise et renforce les
ingalits sociales et orchestre la rpression de ceux qui rsistent, et
ce plan fait partie de cette logique tatique.

> [ C H R O N I Q U E D E L  A R B I T R A I R E ]

Lexception devient la rgle

Le texte  anti-bande  prvoit de punir de 3 ans demprisonnement et de
45000 euros damende  le fait de participer, en connaissance de cause,
 un groupement, mme form de faon temporaire, qui poursuit le but,
caractris par un ou plusieurs faits matriels, de commettre des
violences volontaires contre les personnes ou des destructions de biens 

Sappuyant sur un rapport des RG, voyant des bandes dangereuses et
armes partout, Estrosy ardent souteneur du rtablissement de la peine
de mort, rintroduit en pire, la loi  anti-casseur  supprime en 1981.
Criminaliser lintention, tuer dans luf toute vellit de changer sa
condition tel est le projet. Le texte reprend larticle sur
 lassociation de malfaiteurs  utilis contre le grand banditisme et
le terrorisme et ltend aux petits dlinquants et aux militants. Cette
loi, en largissant le dlit de solidarit, donne des armes
supplmentaires aux flics et aux magistrats pour multiplier les gardes 
vue (arrestation, menottage, contrles, humiliation, fouilles,
fichages) et les incarcrations.  Se promener  plusieurs dans une
cit, occuper un appartement vide, participer  une manifestation sera
un dlit passible de prison. Quand la crise va, la rpression va.

 partir de maintenant vous tes en garde  vue

Paris 20eme, le 3 fvrier, trois adolescentes sont interpelles au saut
du lit. Anne, 14 ans, est seule chez elle et encore en pyjama lorsque
les flics lembarquent, elle aura pass 8 heures en garde--vue pour une
affaire de bagarre de collgien.

Troyes (10), le 8 fvrier, deux adolescents de 13 et 14 ans prennent le
bus sans titre de transport valable. Contrls ils finiront menotts 
un banc au commissariat, attendant leurs parents. Grigny (91), le 6
fvrier, un garon de 14 ans suspect de caillassage sur une voiture de
flics a subi une garde--vue de 18 heures. Alors que les poursuites sont
abandonnes, il est relch avec des hmatomes.

La garde--vue dAnne plutt mdiatise (stricte application de la loi
comme nous le rappelle les flics) nous renvoie forcement au durcissement
de la lgislation pour mineurs. Alors ne soyons pas tonns, avant que
le nombre de procdures de garde--vue explose, ces pratiques taient
dj le quotidien dune catgorie moins large de la population, celle
des quartiers populaires. Comprenons quen garde--vue le prvenu est 
la merci des flics qui ne se privent pas duser de tous les moyens de
pression possible pour faire craquer . Insalubrit, privation de
sommeil, fouilles corporelles, manipulations, intimidations, coups La
garde--vue est organise pour tre une humiliation, une punition. Pas
de raison que les mineurs y chappent.

Ragir cest gagner en dignit

Les fouilles sont qualifies par les prisonniers dhumiliantes,
dgradantes et  pouvant tre assimiles  un viol. Que penser de ces
pratiques lorsquelles commencent  concerner les familles de
prisonniers lors des visites, mme sil sagit de pantalons et de jupes
que les surveillants demandent denlever ? Les prisonniers de la
centrale de saint Martin de R ont clairement exprim leur refus de voir
leur familles traites de la sorte et ont demand  la direction
darrter leur abus de pouvoir. Peu de temps aprs ctait au tour des
prisonniers de la centrale de Moulin de refuser de remonter de promenade
afin de rencontrer la direction qui sest engage  cesser ces actes de
provocation. Les autorits cherchent  contrler toujours plus les
consciences et les corps,  humilier pour mieux asservir.

Histoire de DAB

Depuis un moment des employs cafards des banques, bureaux de postes,
scurit sociale dnoncent  la police des sans-papiers qui se
prsentent aux guichets. Le 15 fvrier dernier  6h du matin, 7
personnes ont t places en garde  vue et leurs domiciles
perquisitionns  Paris. Parmi eux finalement 4 personnes sont mises en
examen pour  dgradations ou destructions en runion , 2 parmi elles
sont galement inculps de  dgradations ou destructions par incendie
ou par substance explosive . Une cinquime personne est toujours
recherche pour les mmes faits. Elles sont accuses davoir dtrior
ou dtruit des distributeurs automatiques de billets (DAB) dans
diffrentes banques ou bureaux de postes en solidarit avec les
sans-papiers. Face  la rpression il s'agit de ne pas se diviser,
solidarit avec les inculps !

Les dessous de la chasse aux Roms  Dijon

Les autorits locales nauront pas mis longtemps  sadapter  la
nouvelle lgislation suite  lentre de la Roumanie dans lEurope en
2007. Les Roms sont plus difficilement expulsables lgalement ? La
mairie et la prfecture ont trouv la solution : leur mettre la pression
pour quils partent deux-mme. Politique anti-squat, filature
policire, montage judiciaire, prison prventive, dnonciations et
travail de renseignement par le prsident dune soi-disant association
de soutien infode  la municipalit, verrouillage administratif,
relais xnophobe de la presse quotidienne. Tout est bon pour comme ils
disent pour  viter lappel dair , cest--dire clairement et
simplement faire de Dijon une ville interdite aux Roms.

Heureusement la solidarit sorganise. Toute laffaire explique et
dmonte sur http://www.brassicanigra.org/article1595.html

Une seule solution : le relogement

 Cest pas comme a normalement une expulsion ! Mme a, la mairie le
fait mal , voil ce quon a pu entendre le 10 fvrier Rue Victor Hugo
 Bagnolet dans la bouche de certains riverains effars. Certains de ces
riverains faisaient pourtant partie de ceux qui avaient rclam  corps
et  cris lexpulsion du squat mais maintenant ils se retrouvaient
devant des dizaines dhommes mais aussi quelques femmes et enfants mis 
la rue depuis 6h20 du matin, sous la neige, par moins 4C, empchs par
des dizaines de flics de rcuprer la totalit de leurs affaires
dsormais enfouies sous les gravats de limmeuble dtruits par les
bulldozers. Quand on est pauvre, noir, tranger ou pire sans papier et
quon a t stigmatis par tout le monde, et la mairie en tte, comme
dliquants rien ne protge dune expulsion. Ni la  trve hivernale .
Ni le communisme autoproclam dune mairie. Alors, riverains, ne soyez
plus nafs et quand vous prend lenvie de rclamer une expulsion, faites
le bien : exigez un relogement !

a sent la bouse chez les barbouses

Il doit y avoir deux ou trois keufs qui doivent se chier dessus depuis
quune enqute a t ouverte pour rechercher do proviennent les
informations sur le casier judiciaire du larbin de Huchon dans le 95,
Ali Soumare. Dans un systme capitaliste o tout sachte et tout se
vend, mme les casiers judiciaires sont vendus aux plus offrants. Mais
cela na rien de nouveau, la vente dinformations confidentielles a
toujours t monnaie courante chez les flics. Quelle dception de la
part du concern qui a la langue qui pse trois tonnes et qui na plus
la force de la sortir ou quon lui dit de ne pas la sortir. Dj quil
ne louvrait pas trop en tant que porte-parole des familles des victimes
de Villiers-le- Bel et quil est lui mme victime dabus. Il oublie
compltement quil a entre ses mains la lutte contre un crime policier.
Le rve des palais de la rpublique a vous fait tout oublier.

>  [ A G I R ]

Double rpression

Au cours dune mobilisation contre la rforme du ministre Luc Chatel, 5
lves (tous mineurs) du Lyce Brossolette de Villeurbanne sont arrts
par les cow-boys de la BAC. Une arrestation suivie de gardes  vue
muscles et dune perquisition. La justice sest par la suite montre
clmente mais le retour de bton viendra de lencadrement scolaire : 2
des 5 lycens sont exclus dfinitivement de ltablissement pour faire
taire la mobilisation. Plus dinfos et ptition  signer sur :
http://cill69.wordpress.com**

Une plaque  la mmoire dfAli Ziri

Il y a 8 mois, le 11 juin 2009, Ali Ziri, 69 ans, dcdait  lhpital
dArgenteuil suite  un contrle policier effectu deux jours avant. Une
crmonie symbolique aura lieu le vendredi 12 mars,  18h30, angle des
rues Antonin-Georges-Belin et Jeanne dArc, non loin de la mairie
dArgenteuil. La mobilisation pour la vrit sur sa mort continue.**


Relaxe des inculps de Vincennes !

Le mercredi 17 mars sera prononc le verdict du procs des 10 sans -
papiers accuss de lincendie du centre de rtention de Vincennes (juin
2008).Tous au tribunal pour exprimer jusqu'au bout la solidarit ! TGI
de Paris, 16e chambre,  13H30, M Cit.**


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ZPAJOL liste sur les mouvements de sans papiers

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